Infrastructure. L’abandon stupide, en 1997, du canal à grand gabarit Rhin-Rhône, à l’initiative de l’ancienne ministre écologiste Dominique Voynet, alors qu’il abordait sa première phase de réalisation, laisse les défenseurs du transport par la voie d’eau de l’Est de la France toujours aussi motivés.

À juste raison si l’on considère que 5 000 tonnes acheminées de cette façon équivalent à 250 poids lourds, avec une consommation 3,7 fois moindre de carburant.

Les espoirs d’une vraie politique du transport fluvial viennent cette fois-ci du gouvernement et du président de la République lui-même.

Ce dernier défend l’aménagement du tronçon Seine-Nord Europe, dont le dossier est déjà bien avancé et qui permettra de relier le bassin de la Seine aux canaux du nord pour desservir les grands ports de la Manche et de la Mer du Nord.

André Rossinot, maire de Nancy et président de la communauté d’agglomération, milite depuis 1999, via une association dédiée, pour l’aménagement d’une voie à grand gabarit entre la Saône et la Moselle, de nature à constituer une véritable autoroute fluviale entre Rotterdam et Marseille.

«Cette liaison multiplierait par trois notre activité en Saône-et-Loire grâce à la possibilité d’expédier des conteneurs vers les grands ports du nord», indique Bernard Paillard, directeur général d’Aproport, service de la CCI de Saône-et-Loire, gestionnaire et exploitant des deux ports de Chalon-sur-Saône et Mâcon.

Un coût d’une dizaine de milliards d’€

Si elle voit le jour, l’infrastructure, longue de 210 à 220 kilomètres se raccorderait vers Saint-Jean-de-Losne (Côte-d’Or) au Sud et, vers Toul (Meurthe-et-Moselle) au Nord.

Son coût est actuellement estimé autour d’une dizaine de milliards d’€.

Bien défendu, ce chaînon manquant de notre carte fluviale entrera en débat public début 2012.

En attendant, de nombreuses études sont conduites.

Il faut encore affiner les données socio-économiques pour mieux évaluer les perspectives de trafic envisagées entre 13 et 15 millions de tonnes.

Une réflexion plus poussée doit également mieux déterminer les points d’embranchement et l’opportunité d’un barreau vers le Rhin - un autre canal Rhin-Rhône – qui contournerait cette fois-ci la vallée du Doubs, ancien fief électoral de Dominique Voynet, élue depuis en région parisienne.

En cas de décision favorable des pouvoirs publics, le futur canal Saône-Moselle pourrait entrer en fonctionnement à l’horizon 2025-2030.

Il permettrait à trois convois (bateau + barges) de 11,4 m de large et 185 m de long de se croiser, avec chacun 4 700 tonnes embarquées.

(*) Lire sur le même sujet Entreprises et Performances, du vendredi 26 novembre 2010, supplément économique édité par le Journal de Saône-et-Loire.

Illustration: VNF

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