RTE (Réseau de transport d’Electricité) installe en Côte-d’Or, l’un de ses trois sites servant de démonstrateur au stockage de l’électricité pour gérer les pics de production. Avec cet investissement de 24 millions d’€, le gestionnaire du réseau électrique se prépare à une plus grande flexibilité en prévision de l’augmentation de la part des énergies renouvelables.


Le métier de RTE (Réseau de transport d’Electricité) est d’assurer, via les lignes haute tension, l’acheminement de l’électricité, des sites de production aux bassins de consommation, le relai jusqu’au consommateur étant ensuite pris par les fournisseurs d’électricité, Enedis principalement.  « L’exercice d’équilibre permanent entre production et consommation devient plus difficile en raison de l’augmentation de la part des énergies renouvelables », explique Elizabeth Bertin, déléguée de RTE Est qui regroupe les régions Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est.

En Bourgogne-Franche-Comté en 2019, la production d’énergie renouvelable a augmenté de 21,5% (+ 14% d’énergie éolienne, + 8% de solaire et 4,2% de méthanisation), ce qui représente 1.700 mégawatts, l’équivalent de la consommation de 17.000 foyers. Or, la particularité des énergies renouvelables est que leur production varie selon les conditions météo (ensoleillement important, vents forts).
« La production locale d’électricité éolienne ou solaire peut connaître des pics ponctuels et être trop abondante pour être transportée par le réseau électrique », explique la délégué régionale. « Les surplus de production sont alors hélas perdus. »

 

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D’ici 2024/2025, RTE espère pouvoir prouver qu’on peut faire autrement en stockant l’électricité là où elle est trop abondante et l’utiliser ailleurs, où on en a besoin. Le gestionnaire du réseau public est en train de construire un démonstrateur baptisé Ringo sur trois sites en France (*), dont un en Côte-d’Or, à Fontenelle, près du nouveau poste de production qu’il a inauguré l’année dernière, dans une région grosse productrice d’énergie éolienne.


Un investissement de 24 millions d’€

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Un conteneur de stockage de l’électricité qui accueillera plus de 500 batteries, de type lithium, les mêmes qui équipent les véhicules électriques, chacune pesant 45 kilos.  © Traces Ecrites

 

Le gestionnaire du réseau électrique haute tension ne pouvant, selon ses statuts, perturber le marché en stockant de l’électricité pour la réinjecter plus tard au moment où la demande est plus forte – ce qui ferait augmenter les tarifs –, il a imaginé un système de stockage-déstockage simultané sur batterie. Dès qu’il stocke de l’électricité sur l’un des sites de son démonstrateur, il la libère sur un autre.
L’ensemble fonctionne avec une intelligence artificielle à distance, via la fibre optique, qui déclenche automatiquement le stockage et le déstockage. « L’utilité pour RTE est d’aiguiller les électrons là où on en a besoin et de les faire circuler dans les infrastructures existantes plutôt que d’avoir à construire de nouvelles lignes à haute et très haute tension », explique Elizabeth Bertin.

En construction depuis octobre 2019, le site de Fontenelle, près de Fontaine-Française (Côte-d’Or) a reçu hier 1er juillet les quatre premiers des dix conteneurs qui abriteront les batteries de stockage de l’électricité. A l’issue de l’installation fin juillet, la capacité de stockage atteindra 30 mégawatts (équivalent la consommation de 10.000 foyers).
L’expérimentation débutera en juin 2021 pour deux ou trois ans, avec un peu de retard sur le calendrier à cause de la crise sanitaire. L’investissement s’élève à 24 millions d’€ sur un total de 80 pour les 3 sites.

 

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« Le monde entier nous observe », affirme Franck Girard, président du directoire de Nidec Industrial Solutions, le fournisseur de batteries pour le site de Fontenelle. La filiale française de ce constructeur japonais, Nidec ASI, a l’ambition de contribuer au développement d’une filière française du stockage de l’électricité. Car, explique son dirigeant, « plus de 50% de la valeur ajoutée de la construction et de l’installation des batteries se situe en France. »

De son côté, RTE espère y acquérir une plus grande flexibilité en prévision de l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité. Une ingénierie que le constructeur de réseaux pourrait commercialiser. Et par ricochet, apporter la démonstration que l’on peut stocker l’électricité.

(*) Les autres sites sont Bellac (Haute-Vienne) avec le fournisseur de batteries Saft et Ventavon (Hautes-Alpes) avec le groupe Bolloré.

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Franck Girard, président de Nidec, présente le convertisseur qui transforme le courant continu en courant alternatif et vice versa avant d’être injecté dans le réseau d’électricité. © Traces Ecrites

 

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