La marque de produits laitiers bien connue St Hubert a célébré ses 120 Printemps le 20 mars dans son usine de Ludres (Meurthe-et-Moselle), au sud de Nancy. L’entreprise de 220 salariés en a profité pour confirmer ses importants investissements dans la décarbonation et annoncer la relocalisation de son siège en Lorraine, ainsi que le lancement de deux nouveaux produits destinés à populariser ses margarines auprès des jeunes générations.
ARTICLE DÉJÀ PUBLIÉ LE 26 MARS 2024. Campé à l’entrée de l’usine St Hubert de Ludres (Meurthe-et-Moselle) au sud de Nancy, le camion des années 1950 chargé de bidons métalliques rappelait la longévité de la laiterie fondée en 1904. Le 20 mars dernier, devant un parterre de plus de 200 invités, le leader des margarines en France a célébré ses 120 ans, L’occasion pour son président Jean-Christophe Sibileau de saluer « la démarche constante d’innovation et d’audace » qui a permis à l’entreprise de perdurer avec des marques emblématiques comme St Hubert 41, Le Fleurier et St Hubert Oméga 3.
La filiale du Chinois Fosun, propriétaire notamment du Club Med, entend rester à l’avant-garde dans les décennies à venir en fondant sa croissance sur les nouveaux modes de consommation alimentaire et la réponse aux enjeux de décarbonation.
Désireux de marquer l’ancrage régional de St Hubert et de ses 220 salariés dont 110 travaillent sur le site lorrain, Jean-Christophe Sibileau a annoncé la relocalisation à Ludres du siège social aujourd'hui situé à Rungis (Val-de-Marne) en bordure du marché national des produits frais. Cette décision fait écho au projet de « transition dans les assiettes » défendu par les élus nancéiens, via un marché de gros d’intérêt local, qui deviendrait une sorte de Rungis à l’échelle d’une agglomération.
Les margarines à base d’huiles et matières grasses végétales ont des atouts à faire valoir dans cette transition, argumente le président de St Hubert qui brandit l’empreinte carbone de ses produits « deux à quatre fois inférieure à celle du beurre. » Leader en France dans le secteur des corps gras solides végétaux (44% de part), l’industriel entend concurrencer les matières grasses animales, un marché de près d’1,5 milliard d’€, le triple de celui de la margarine.
Deux lancements de produits en avril
.jpg)
Pour mieux faire connaître ses produits, l’entreprise a présenté, à l’occasion de son anniversaire, les deux nouvelles gammes qu’elle met sur le marché ce 1er avril 2024. Baptisées « St Hubert Secret de chef » et « St Hubert L’original », elles correspondent à l'objectif de « séduire de nouveaux consommateurs, notamment les jeunes générations, en misant sur le goût, alors que nos produits étaient jusqu’à présent davantage axés sur la santé », détaille Jean-Christophe Sibileau. Dominant également sur le marché italien des margarines, avec sa marque Valle’, le groupe y a lancé fin 2023 un substitut végétal au mascarpone, sur lequel il fonde de grands espoirs.
Pour l’usine lorraine qui a produit 26.700 tonnes en 2023, l’enjeu de la transition alimentaire réside aussi dans la traçabilité de ses produits fabriqués à partir d’huiles de colza, tournesol et coprah, mais aussi de matière grasse solide. « Nos ressources proviennent essentiellement d’Europe. Et nous avons opté pour une filière tracée du colza français, synonyme de surcoût de 20 à 30% par rapport à un approvisionnement sur les marchés mondiaux », note le président de St Hubert.
Réduire des trois-quarts l'empreinte carbone
.jpg)
L’entreprise agroalimentaire doit par ailleurs composer avec la directive européenne contre la déforestation importée, qui sera appliquée en France à partir de fin 2024. Ce texte pourrait entraîner un surcoût de 30% sur ses achats hors de l'Union européenne. « Autant de nouveaux paramètres à intégrer dans une chaîne de valeur repensée » commente le dirigeant.
Si St Hubert parie sur la transition alimentaire pour accroître son chiffre d’affaires situé à 116 millions d’euros en 2023, il mise également sur la transition écologique en investissant 50 millions d’euros d’ici 2030, dans le but de réduire de 77% son bilan carbone, soit une baisse de 1.351 tonnes équivalent CO2 par an. Le site consomme annuellement 12 gigawattheures d’énergie, dont presque deux-tiers de gaz.
Afin de gagner en sobriété, l’entreprise va moderniser son usine datant de 1974 en isolant thermiquement ses ateliers et en remplaçant ses bureaux vieillissants par un bâtiment plus petit et plus performant. Des systèmes de récupération de la chaleur générée par les procédés (chaleur fatale) vont abaisser des trois-quarts la consommation de gaz. Les besoins énergétiques diminueront de 40% grâce au remplacement des anciens équipements de production de froid par une technologie innovante. Enfin, un système de pilotage intelligent devrait réduire encore la facture énergétique de 15%. De quoi réduire le poids de l’impact carbone de St Hubert, au même titre que l’entreprise su alléger en matière grasse les produits à tartiner.















.jpg)



















.png)






















.jpg&w=1280&a=t&zc=1)

