Premier rendez-vous économique de la rentrée en Côte-d’Or, les « Rencontres du bâtiment Côte-d’Or » le 2 septembre à Dijon, ont attiré une foule d’entrepreneurs. Le sujet était d’actualité, comment lever les freins à la construction de logements, aujourd’hui en panne.


Les propos d’Alexandre Basson, l’un des trois lauréats (*) des « Parpaings d’or », trophées remis par la Fédération départementale du bâtiment de Côte-d’Or (FFB 21) à des acteurs de la construction, avaient une résonance de circonstance, aux rencontres du bâtiment Côte-d’Or, le 2 septembre à Dijon.

Pour le premier rendez-vous économique de la rentrée en Côte-d’Or, le syndicat professionnel avait mis à son ordre du jour une actualité à la fois locale et nationale du moment pour sa profession : le rapport, à la demande du Premier ministre, de la Commission pour la relance de la construction durable. 

Locale parce que son président François Rebsamen est le maire de Dijon et président de la métropole ; nationale parce que les propositions pour relancer la construction de logements sont attendues sur le bureau du Premier ministre le 20 septembre.



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Alexandre Basson, gérant de la société de promotion immobilière ABI à Dijon, a interpellé le maire sur l’un des freins à la construction de logements : les délais d’instruction des permis de construire. Promoteur de deux opérations de logements par an (une soixantaine en moyenne), notamment de résidences pour les étudiants, sa spécialité, Alexandre Besson raconte son vécu : « L’instruction des permis de construire dans l’agglomération dijonnaise est une grosse machine ; mon dernier programme est prêt à démarrer, les appels d’offres sont achevés et je n’ai toujours pas le permis ! », livre t-il à l’assistance. Les nombreux entrepreneurs et acteurs du bâtiment répondent par une salve d’applaudissements.


La construction de logements en panne

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A Dijon comme partout en France, la construction de logements neufs est en panne. En photo, le site de l'ancienne usine Terrot à Dijon où Adim Lyon et Nexity construisent 450 logements. © Traces Ecrites


Une heure auparavant, dans un entretien croisé avec Olivier Salleron, président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), le maire de Dijon comme rapporteur de la Commission pour la relance de la construction durable, avait exposé à l’assemblée ses premières propositions, rendues publiques le 20 juillet. Pour « lever les freins à la construction », émanant souvent de l’absence de volonté des maires, François Rebsamen préconise d’accorder une « prime » aux maires bâtisseurs. 

Cet avantage vaudrait en particulier pour le logement social que rejettent toujours certains élus.

Cette prime prendrait la forme d’une  compensation améliorée de la taxe foncière sur les propriétés bâties, dont l’exonération est aujourd’hui de plus en plus mal compensée par l’Etat. Car « construire un logement coûte 800 € par personne en équipements publics, dépense qui revient à la commune », précise François Rebsamen. Ce bonus aurait en outre l’avantage d’amenuiser les conséquences de la suppression de la taxe d’habitation dont l’équivalent est aujourd’hui versé par l’état, mais  les maires craignent que cette compensation ne soit pas réévaluée au fil des ans.

Partagée avec le président de la FFB Olivier Salleron, la question de la disponibilité du foncier dans les villes et sa cherté apparaît aussi comme un des principaux freins à la construction de logements. « Depuis des années, on dénonce cette sobriété foncière, rappelle t-il, alors que l’Etat, renchérit le maire de Dijon, dispose d’un parc inutilisé dont « il n’existe même pas d’inventaire. »


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La panne de la construction de logements ne date pas de la crise de la Covid-19. Elle s’éternise depuis l’automne 2017 : à peine 400.000 sont construits chaque année, tandis que les besoins sont  estimés à 500.000. « La question n’est pas de dire qu’il faut bétonner les villes, mais de pouvoir accueillir les populations demandeuses ; à Dijon par exemple, il faut construire 700 logements par an pour maintenir le niveau de la population. »

Dans l’immédiat, l’actualité de profession, en cette rentrée, se situe au niveau des approvisionnements en matériaux. Le président départemental Frédéric Demongeot a rappellé les difficultés induites par l’explosion des prix et une pénurie de certaines fournitures, alors que l’activité bat son plein grâce notamment aux travaux commandés par les particuliers.  

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Le bâtiment recrute en masse, porté par les travaux chez les particuliers.


(*) Les Parpaings d’or ont été remis à : Alexandre Basson, gérant de ABI à Dijon, pour sa réactivité au moment du premier confinement en levant les pénalités de retard de ses chantiers et en mettant en place un protocole pour permettre un retour des ouvriers en toute sécurité. Egalement lauréat, Xavier Mirepoix, président de la CCI Dijon-Côte-d’Or pour son « soutien sans faille depuis 9 ans des entreprises du secteur. » Ainsi que Pedro Aller, président de l’entreprise du bâtiment et de génie civil Jean Aller à Ruffey-lès-Echirey, près de Dijon, pour «  son oeuvre et sa longue carrière ».

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