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Un cobot en action.

 

MÉCATRONIQUE/BOURGOGNE. L’entreprise conceptrice d’exosquelettes et de machines poly-articulées (cobots), change de dimension en sortant de la pépinière d’Auxerre (Yonne).

RB3D intègrera un nouveau site d’ici à quelques semaines pour industrialiser l'an prochain, le fruit de ses recherches, engagées il y a quinze ans.

Un vrai parcours du combattant pour Serge Grygorowicz qui n’est pas sans rappeler celui de Patrick Alexandre avec sa medtech Crossject.

 

Dieu qu’il est difficile de concevoir et développer une innovation de rupture dans ce pays. Serge Grygorowicz, président du directoire de RB3D, entreprise qu’il a fondée en 2001, en témoigne. Il aura mis quinze années à franchir le cap industriel. Un chemin de croix dont pourrait lui parler par le menu Patrick Alexandre, le patron de Crossject, concepteur de la seringue sans aiguille ZENEO®.

 

exosqueletteingenieurMais enfin, c’est fait. Courant février, celui qui a imaginé le premier exosquelette européen quittera avec son équipe de 16 personnes les 600 m2 loués dans la pépinière d’Auxerre pour un bâtiment de 1500 m2. « Yonne Équipement, la société d’économie mixte départementale spécialisée dans le montage et le suivi de projets immobiliers, nous a parfaitement accompagné et le conseil général s’est largement mobilisé », indique Serge Grygorowicz.

 

Grâce à ce nouveau site, le spécialiste en cobotique et mécatronique poursuivra dans des conditions plus confortables sa R&D et lancera l’an prochain la fabrication en série de ses machines futuristes. L’investissement productif s’élève à environ 1 million d’€.

 

En cobotique ou robotique collaborative, l’homme travaille avec un équipement poly-articulé qu’il commande pour appliquer l’effort et encaisser les vibrations, comme le dernier-né de RB3D, dédié à l’ébardage en fonderie (*). « Les cobots que nous mettons au point réduisent, voire empêchent, les troubles muscolo-squelettiques (TMS), véritable plaie dans de très nombreuses activités de transformation et source de fortes dépenses pour l’assurance maladie», précise le dirigeant.

 

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Pour l’armée et le BTP

 

Le plus impressionnant des savoir-faire de l’Auxerrois demeure toutefois ses exosquelettes, sorte d’armure que l’on revêt pour porter de lourdes charges. L’armée française devrait à terme en équiper ses combattants sur les nombreux théâtres d’opération où elle est engagée.

 

« Hercule allège considérablement les 50 kg d’équipement d’un militaire en campagne tout en offrant une grande liberté de mouvement, surtout en position de tir », assure Serge Grygorowicz. Un futur marché européen de plusieurs dizaines de milliers d’unités.

 

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©Traces Ecrites.

Un second exosquelette, baptisé Colexo et imaginé en partenariat avec le groupe Colas, intéresse les travaux publics. En phase de qualification et de certification, il s’adresse aux tireurs au râteau qui aplanissent le bitume chaud en sortie de camion. Plusieurs centaines d’exemplaires seraient à livrer. « Nous travaillons maintenant à réduire le poids de l’exosquelette de 32 kg à moins de 20 kg et lui donner la possibilité de travailler à l’outil, en se servant d'un marteau-piqueur, par exemple », explique le chef d’entreprise.

 

RB3D (2 millions d’€ de chiffre d’affaires) espère atteindre entre 10 et 20 millions d’€ en 2017. En dépit d’une concurrence américaine et japonaise, la PME vise à l’export ses deux pays ainsi que l’Allemagne. Une nouvelle levée de fonds est envisagée pour assurer la croissance. Elle diluera encore plus la participation de Serge Grygorowicz qui n’est déjà plus aujourd'hui majoritaire dans sa société.

 

Car pour financer les millions d’€ dépensés en mise au point (8 brevets), il a fait entrer au capital plus plusieurs fonds d’appui aux PME françaises innovantes : ACE Mangement, Alto Investissement, INOCAP, l’IDEB, ainsi que le CEA. « Vous savez, pour moi, l’essentiel est de rester opérationnel et de mener cette aventure à son terme », souligne-t-il.

 

sergegQui est Serge Grygorowicz ?

 

Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques (ENSMM) de Besançon, cet homme de 47 ans a déjà travaillé douze ans chez d’autres : AXA Stenman (éclairage) à Clamecy (Nièvre), puis chez anciennement Thomson LCC à Seurre (Côte-d’Or). « Je suis parfaitement prêt pour la nouvelle région », glisse-t-il.

 

Son goût prononcé pour la robotique lui fait franchir en 2001 le pas de la création d’entreprise. Très participatif dans son management, il milite pour une robotique proche de l’homme, comme un accessoire intelligent et réfute l’humanoïde qui ferait à notre place comme dans la saga cinématographique de " La Guerre des Étoiles", de George Lucas.

 

(*) Opération de parachèvement qui consiste à séparer la pièce des différents appendices de coulée et supprimer traces et bavures éventuelles. L'ébarbage commence à la scie à ruban et se poursuit ensuite à l'aide de différents outils allant de la ponceuse à bande aux micro-fraises entraînées par des mini-meuleuses pneumatiques.

 

Les photos non signées ont été fournies par l’entreprise.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. laurencedit :

    Dans cette association homme-robot, les conditions de travail peuvent être finalement éprouvantes et inconfortables si de bien plus hautes performances sont exigées en cadence et régularité du travail : l’augmentation de la productivité de l’entreprise grâce aux exosquelettes se ferait alors au détriment de la santé des salariés et non pour l’amélioration des conditions de travail ! : " prévention des risques professionnels des exosquelettes " : http://www.officiel-prevention.com/protections-individuelles/le-corps/detail_dossier_CHSCT.php?rub=91&ssrub=100&dossid=575

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