Déjà acquéreuse de plusieurs sociétés ces dernières années dans le transport et la logistique, l'entreprise a encore grandi en intégrant à son périmètre le chalonnais Becker, bien implanté notamment dans le secteur viticole. Le groupe d'envergure nationale continue de fonder son développement sur ses implantations en Saône-et-Loire, d'où tout est parti il y a près de 80 ans, à Gueugnon.
« Nous avons changé de dimension ». Quelques mois après, Frédéric Charbon le président du groupe Rave mesure le « saut » en avant qu’a représenté pour l’entreprise bourguignonne l’acquisition du transporteur Becker à Chalon-sur-Saône.
Concrétisé cet été, ce rachat crée un effet « taille » pour son nouveau propriétaire, en lui apportant un chiffre d’affaires annuel de 35 millions d'€ et un personnel supplémentaire de 200 salariés. En année pleine, ce qui sera le cas pour la première fois en 2023, l’intégration de Becker portera le périmètre du groupe à 200 millions d’€ de chiffre d’affaires, pour un effectif de 1.400 collaborateurs. Elle permet aussi à la nouvelle maison-mère, par ricochet, de rejoindre le groupement national de PME du transport Evolutrans, dont Becker est membre.
Elle procure des spécialités propres à Becker que Rave n’avait pas ou peu développé. D’une part, le transport par conteneurs, sur la route et la voie ferrée, que l’entreprise chalonnaise assure principalement depuis la plateforme multimodale Aproport en direction du Havre et de Marseille. D’autre part, l’acheminement sur palettes de produits viticoles. Enfin, l’opération renforce les capacités logistiques du groupe Rave, grâce aux 10.000 m2 d’entrepôts de la filiale de Becker, HLBG à Honfleur (Seine-Maritime), pour les amener à un peu plus de 100.000 m2, dont la moitié en Saône-et-Loire à Chalon et au Creusot.
« Becker a une taille intermédiaire, entre la PME et l’ETI, qui, dans la configuration actuelle du monde du transport, la plaçait devant deux choix possibles : grandir par croissance organique ou intégrer un groupe. Ses dirigeants ayant décidé de se tourner vers d’autres activités, c’est la seconde option qui s’est imposée », décrit Frédéric Charbon.
En procédant à cette acquisition, le groupe Rave ne s'est pas livré à un exercice inconnu. Il a acquis une longue expérience de la croissance externe. L’an dernier, avant Becker, il a racheté les transports Lecront ainsi que leur confrère Hallois, tous deux basés en région lyonnaise. Le précédent rachat d’envergure avait concerné, il y a deux ans, l'entreprise ASM (André Stockage Manutention) à Cosne-Cours-sur-Loire dans la Nièvre qui compte 40 salariés pour 6,5 millions d’€ de chiffre d’affaires « et qui développe une spécialité en transport de chariots élévateurs », précise Frédéric Charbon.
Ces évolutions ne doivent pas faire conclure que le groupe Rave se résumerait à un prestataire de transport et de logistique. Les deux activités représentent, en cumulé, un peu moins de la moitié du chiffre d’affaires, qui est généré par ailleurs par les services à l’industrie (manutentions sur sites) et surtout par la location de véhicules industriels. « Ce pôle est le premier en importance pour nous. Nous mettons à disposition des clients des véhicules de 12 tonnes et plus sur lesquels ils peuvent apposer leurs logos s’ils le souhaitent, ainsi que leurs conducteurs », décrit le dirigeant de Rave.
De la sidérurgie à des secteurs industriels variés

Dans les diverses familles d’offres du groupe, sa clientèle se recrute auprès des secteurs variés de l’industrie : mécanique, aéronautique (dont Airbus), métallurgie, viticulture en particulier avec l’acquisition de Becker, etc. Quant à la sidérurgie, elle demeure un pôle fort. C’est elle qui a été à l’origine de la société au sortir de la dernière guerre. Jean Rave avait alors fondé l’entreprise portant son nom à Gueugnon, en association avec son client, les Forges locales. Il a tenu les rênes jusqu’au milieu en 1995, lorsque Frédéric Charbon lui a succédé et pris la propriété de l’entreprise. Le nouveau dirigeant a été rejoint ensuite au capital par plusieurs cadres, à hauteur de 20 %.
Le Sud-Bourgogne constitue toujours le pilier de l’activité du groupe. Gueugnon (également siège social), Mâcon, Chalon-sur-Saône, Montceau-les-Mines et Le Creusot forment le noyau de la trentaine d’implantations de Rave réparties sur une bonne partie du territoire national. « La carte de nos sites dessine une ligne de l’Oise à Marseille en passant par la région parisienne, la Bourgogne et Rhône-Alpes, avec des ramifications vers Metz et l’ouest (Nantes, Bordeaux, Toulouse…). Elle peut gagner encore à s’étendre plus au nord, voire dans le sud-est », énonce Frédéric Charbon.
C’est également en Saône-et-Loire que s’orchestre la « structuration du groupe » devenue nécessaire selon son président. Répartis entre Macon et la zone d'activités Coriolis de la gare du Creusot TGV à Torcy, les 45 salariés de la holding Rave Croissance exercent les fonctions d’animation et de support (RH, informatique, juridique, comptabilité-finances…) au service des implantations de terrain.
La priorité de Frédéric Charbon va, à court terme, à la « consolidation » , dans un contexte conjoncturel en 2023 qui lui semble peu propice à l’expansion. Mais si une opportunité d’acquisition se présentait, nul doute que son équipe de direction et lui l’examineraient avec attention…
Photos fournies par l'entreprise.





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