En attendant de vous retrouver le 3 janvier 2023, la rédaction de Traces Ecrites News vous propose un retour sur une sélection d'entreprises qui ont marqué de leur activité la fin de l'année 2022. Aujourd'hui : Zuber Rieder. Le papetier à l’effectif de 130 salariés né il y a 140 ans rejoint un groupe italien au coeur d’activité similaire à sa propre spécialité, le papier de haute qualité pour le luxe et le vin, dont Fedrigoni revendique le leadership mondial. Les parts sont reprises au tandem d’entrepreneurs qui avait redressé Zuber Rieder depuis plus de vingt ans en la repositionnant sur le haut de gamme.


PARU LE 6 DÉCEMBRE 2022. On va parler italien à Boussières. L’historique papeterie Zuber Rieder de la commune du Doubs passe en effet sous pavillon transalpin. Le groupe Fedrigoni a annoncé, fin novembre, son acquisition à 100% qui prend effet en cette fin d'année. Il a franchi l'étape de la consultation du comité social et économique (CSE) en recueillant un avis favorable à l'unanimité et il boucle le closing avec les propriétaires jusqu'alors, les entrepreneurs Luc Gaillet et Alain Martz.

Les planètes étaient bien alignées pour le repreneur : il se situe dans une phase de croissance externe et sa spécialité correspond parfaitement à celle du site franc-comtois, les papiers de qualité supérieure pour les étiquettes et les emballages du luxe et du vin.

 

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« Grâce au chemin parcouru jusqu’à présent, nous sommes devenus le premier acteur mondial dans les domaines de l’emballage de luxe et des étiquettes de vin haut de gamme », explique Marco Nespolo, directeur général de ce groupe qui ne manque effectivement pas de dimension. Il emploie 4.500 salariés, répartis dans 27 pays et 50 sites de production, qui permettront la réalisation en 2022 d’un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’€. Une affaire assurément rentable également, qui vise un Ebitda (*) de plus de 300 millions d’€ pour cette année qui s'achève.

 

Un petit bijou français

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Le fabricant de papier est implanté à Boussières (Doubs) depuis 1881.


Pour le dirigeant de Fedrigoni, c’est ni plus ni moins qu’un « petit bijou français » de la spécialité qui vient rejoindre le groupe italien. « Le marché français revêt une importance particulière dans notre chemin de croissance » du fait qu’il « présente une très forte concentration de marques de luxe auxquelles Fedrigoni peut fournir des solutions qui allient beauté esthétique, performances techniques et attention à l’environnement », estime le dirigeant.

Ainsi, l’intégration de Zuber Rieder, avec ses 130 salariés et ses capacités (**), doit faire de Fedrigoni « le leader mondial incontesté de la fabrication de papiers haut de gamme pour vins et spiritueux », poursuit le groupe dans un communiqué.

Elle constitue la sixième acquisition de Fedrigoni rien qu’en 2022, après des transactions bouclées en Espagne (respectivement dans les papiers haut de gamme et auto-adhésifs), en Turquie, aux États-Unis et déjà dans l’Hexagone en mars avec Tageos, fabricant à Montpellier (Hérault) d’étiquettes « intelligentes », notamment pour la transmission de données par radio fréquence RFID (***).

 

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Le papetier italien prendra la succession des entrepreneurs Luc Gaillet et Alain Martz, repreneurs à la fin des années 1990 de l’entreprise de Boussières née en 1881 qui traversait alors une passe très difficile : elle avait déposé le bilan en 1995 et croulait sous plusieurs millions d'€ de dettes alors même que des investissements de modernisation étaient indispensables. « La papeterie était présente tous azimuts, ce qui signifiait, en fait, qu'elle était dépourvue de stratégie : une PME dans un secteur comme celui-ci ne peut prétendre se positionner sur tous les segments, il lui faut en choisir un ou deux. D'où le recentrage, décidé pour Zuber Rieder, sur les étiquettes pour le vin, qui ne représentaient que quelques pour-cents de l'activité en volumes à l'époque », rappelle Luc Gaillet.

L'avenir de Zuber Rieder aurait pu s'écrire autrement, en mettant la papeterie en position d'acheteuse, poursuit Luc Gaillet : « Nos capacités étaient arrivées à saturation en 2018 suite à ses hausses successives qui avaient fait passer à une organisation du travail en 5x8. Nous avions recherché, depuis, un site à acquérir. Nous avons fait le maximum pour y parvenir, mais cela ne s'est pas concrétisé, d'où un changement de stratégie à l'automne 2021, vers la cession. » Celle-ci a donc abouti à conclure avec Fedrigoni : « C'est la plus belle perspective qui puisse s'ouvrir à l'entreprise », assure Luc Gaillet. Tout en cédant les parts, le duo ex-propriétaire ne quitte pas le navire : les deux hommes siégeront au comité stratégique qui sera installé, et plus encore, Alain Martz restera le directeur général de la papeterie de Boussières.

Photos fournies par l'entreprise.

(*) résultat d’exploitation avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissements

(**) non communiquées. L'Usine nouvelle avance toutefois le chiffre de 15.000 tonnes produites par an.

(***) Radio Frequency Identification

 

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