Promotion, accompagnement, mécénat de compétences… Coup sur coup, la Caisse d’Epargne Bourgogne-Franche-Comté et Orange Grand Nord Est ont fait savoir comment et pourquoi ils encouragent l’entrepreneuriat féminin.


Après les institutions (délégations régionales des droits des femmes, conseils régionaux et parfois les villes et agglomérations et les réseaux - en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est, Les Premières, RéZoé, K’elles Energies etc.-, les grandes entreprises s’intéressent à l’entrepreneuriat féminin. Sans doute parce qu’elles ont des difficultés, souvent pour des raisons culturelles, à respecter l’égalité professionnelle hommes-femmes dans les postes à responsabilité et au sein de leurs conseils d’administration - ce que demande le législateur -, elles s’engagent dans l’accompagnement des femmes chefs d’entreprises, encore nommées entrepreneuses.
C’est notamment le cas de la Caisse d’Epargne Bourgogne Franche-Comté et d’Orange Grand Nord Est, qui ont dernièrement fait l’actualité sur le sujet.

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Isabelle Brouté (à gauche), membre du directoire de la Caisse d'Epargne Bourgogne-Franche-Comté, avec à ses côtés, Pascale Cartier, présidente de La Vie Saine, Nadine Ferrand, viticultrice et Delphine Coutagne, présidente de Equipeer ainsi que, tout à droite, Aurélie Guillot, référente Entreprendre au féminin dans la banque régionale.

Depuis la signature de l’accord-cadre signé avec l’Etat et la Caisse des Dépôts en octobre 2017, la Caisse d’Epargne Bourgogne Franche-Comté a déployé une série d’actions allant du sponsoring de  manifestations valorisant l’entrepreneuriat  féminin, comme les Trophées des femmes de l’économie, au soutien financier des réseaux d’accompagnement institutionnels ou associatifs, ou encore la création de son propre dispositif « Parcours Confiance » consistant à accorder un microcrédit et des services de suivi aux porteuses de projet qui rencontrent des difficultés à accéder à un financement bancaire.  


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Suite à la publication d’une étude qu’elle a commandé au Credoc en juillet 2019 auprès de 2.500  entrepreneuses de cinq pays européens, la banque a organisé en décembre une manifestation à Dijon pour promouvoir l’entrepreneuriat au féminin.
L’étude révèle que pour la majorité des Françaises, la création d’entreprise est un choix motivé par le désir de prendre son destin professionnel en main et  « de ne plus avoir de chef ». 

« Je me sentais étriquée dans son emploi de salariée », témoigne Delphine Coutagne, créatrice d’Equipeer, une plateforme de vente de chevaux de course à Mâcon (Saône-et-Loire). « Un gros problème hiérarchique m’a fait quitté un grand groupe » , renchérit Pascale Cartier qui a racheté il y a trois ans, le réseau de boutiques bio La Vie Saine (167 salariés) à Dijon.

 

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La première est entrée dans un réseau d’accompagnement (Réseau Entreprendre) pour construire son projet, la seconde non, préférant les conseils privés.
Les deux tiers des femmes ne se font pas accompagner pour la création de leur entreprise, dit l’étude, et pour un tiers d’entre elles par manque d’information. « Le réseau d’accompagnement, pourtant très riche, n’est pas assez lisible », constate Laurence Guillet, directrice régionale aux Droits des femmes, qui engage en ce début d’année un travail de rassemblement des acteurs.  
Beaucoup de femmes préfèrent en effet se débrouiller seules. Sûrement l’une des raisons de la moindre proportion de créatrices d’entreprise. L’étude le constate même sur le plan financier. L’apport personnel est la première source de financement des dirigeantes au moment de la création. 56% sont cependant amenées à solliciter une banque.

Mécénat de compétences

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Les sept entrepreneuses de la promotion 2020 de #FemmesEntrepreneuses d'Orange, avec les responsables du programme d'accompagnement. © Traces Ecrites

L’opérateur de téléphonie Orange a justement choisi le registre de l’accompagnement « pour prendre pied dans la vie économique locale et motiver en interne », explique Nadine Castellani qui a créé le programme #FemmesEntrepreneuses en 2018. La deuxième édition a été lancée le 8 janvier à Dijon et doit l’être ce 12 janvier à Metz.
Il ne s’agit pas d’un incubateur pour déceler des talents ou des technologies que l’opérateur pourrait intégrer (il en développe un par ailleurs pour les métiers techniques). L’opération s’apparente plutôt au mécénat de compétences.
Sur candidature ont été sélectionnées sept créatrices de Bourgogne-Franche-Comté et onze dans le Grand Est. Pendant cinq mois, elles sont épaulées par un « coach », un employé volontaire d’Orange qu’elles peuvent solliciter sur les thématiques qui leur font défaut (communication digitale, cybersécurité, relation client) et qui forme un duo avec un « sponsor », lui,  membre du comité régional de direction.

 

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Orange leur fait également profiter de sa notoriété en les invitant à se faire connaître dans ses boutiques et sur des salons. Si le lien entre l’opérateur et l’activité des entrepreneuses est souvent, mais pas obligatoirement, l’utilisation du numérique, celui-ci espère par ricochet que la promotion de l’entrepreneuriat au féminin peut favoriser l’emploi des femmes notamment dans ses équipes techniques qui sont aux deux tiers masculines.

Les sept entrepreneuses de Bourgogne Franche-Comté


Nathalie Taburel, Secret Wine Tour (Saône-et-Loire), organise des circuits touristiques et des séminaires dans les vignobles du Beaujolais et de Bourgogne.
 Séverine Beaudot, Anothervision (Saône-et-Loire) passe du free-lance dans l’audiovisuel à l’entreprise.
Laurie Raphalen, Un trésor dans mon placard (Côte-d’Or), récupère les vêtements non portés pour les retoucher et les revendre. Elle ouvre un « concept store » le 15 janvier à Dijon.
Noémie Guerrin et Séverine Huard, Noes (Côte-d’Or), proposent des parcours préventifs santé et bien-être pour éviter le stress professionnel.
Valdie Legrand, Practeez (Jura), organise des formations en ligne par petits groupes.
Elodie Rome, Spice up your life/Elisaya  (Doubs), créer une « market place » en ligne pour la confection de vêtements sur mesure.
Frédérique Lecomte, Profilaé (Yonne), conseille les salariés en reconversion professionnelle et anime des ateliers pédagogiques dans les lycées pour promouvoir les métiers qui ont des débouchés localement.

Et les onze du Grand Est

Olivia Vidic - Habile Bill (Bas-Rhin) : laboratoire de conception d’escape games.
Virginie Cueni - Frippy (Bas-Rhin) : référencement des friperies, dépôts-ventes, et magasins solidaires .
Linda Ibiem - Demander trouver.com (Bas-Rhin) : plateforme de mise en relation entre particuliers et professionnels dans l’immobilier, le tourisme et les loisirs.
Katia Vagné - LOGIN Group (Moselle) :  agence événementielle avec une expertise du digital et de l’attractivité des territoires dans le monde
Mégane Albrecht Delgado - B’ESST (Meurthe-et-Moselle) : fabrication de textiles recyclés.
Armelle Duval - Bergamote (Aube) : boutique itinérante en milieu rural avec un dépôt-vente « anti-gaspi » et des articles faits mains pour jeunes enfants.
Françoise Bourgouin - Françoise Bourgouin Coach de Carrière (Aube) : acccompagnement des femmes de 45/55 ans pour trouver un nouvel épanouissement professionnel.
Emeline Bosset - Boeme (Aube) : designer d'espaces professionnels éco-responsables
Bérengère Henrion - H’ability (Aube) : jeu de réalité virtuelle pour la rééducation des enfants et personnes atteints d’hémiparésie
Catherine Beaudouin - CBCoach (Aube) : coach de  la vie personnelle ou professionnelle.
Lila Benyahia-Chioukh - Ofi Or (Marne) : huiles cosmétiques.


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