Désormais implantée à Châtillon-le-Duc, la société de développement de jeux vidéo et d’applications de réalité augmentée grandit à toute vitesse. Le groupe qu’elle a constitué autour d’elle a plus que doublé son chiffre d’affaires entre 2022 et 2023.


Tel un gamer franchissant les niveaux de difficultés d’un jeu vidéo, Sylvain Grosdemouge apprécie à sa juste valeur l’évolution de Shine Research, l’entreprise de développement de logiciels ludiques et d’applications de réalité augmentée, qu’il a créée en 2012 à Besançon. Après un premier déménagement en 2016 à Ecole-Valentin, dans la périphérie de la préfecture du Doubs, son équipe de jeunes programmeurs s’est installée en 2020 à Châtillon-le-Duc, une commune voisine.

A l'époque, la société employait 19 salariés. Quatre ans plus tard, ils sont 39 à travailler dans des locaux en cours d’agrandissement. « Nous devrions atteindre la barre des 60 employés d’ici 2026 », annonce le dirigeant dont l’effectif s’est enrichi de compétences nouvelles avec le recrutement de plusieurs graphistes, d’un concepteur de jeu et d’un chef de projet.

Cet effectif inclut celui consacré aux deux petites sœurs de la PME, nées en 2018 et 2019 : Shine Medical dans les logiciels médicaux et Shine Digital (développement web, formation, design). « Comme nous fonctionnons sans investisseur, nous avos semé plein de petites graines dans des domaines différents, en misant sur la confiance de nos clients. Mais on se rend compte que c’est dans le jeu vidéo qu’il y a le plus de traction (de dynamisme, Ndlr) », constate Sylvain Grosdemouge. 

Pendant dix ans, l’activité de Shine Research s’est concentrée sur le portage, c’est-à-dire l’adaptation à l’utilisation sur console d’un jeu initialement conçu pour ordinateur. La société bisontine a réussi à industrialiser cette prestation en mettant au point un outil de capitalisation du code source. « Au lieu de vendre des heures de programmation, nous commercialisons une licence afin de rendre le studio plus autonome », résume Sylvain Grosdemouge, lauréat de Réseau Entreprendre Franche-Comté.

Fin 2022, « un cap a été passé », lorsque le sous-traitant a signé avec un éditeur français un contrat pour développer un jeu de A à Z. Encore confidentiel, le projet sera dévoilé en mai prochain. Une première qui devrait appeler d’autres collaborations de ce type, l’objectif étant de monter en puissance dans le développement de jeux complets.

 

De l’avance sur le business plan et des vues sur l'Amérique du Nord

Shine Sylvain Grosdemouge
Sylvain Grosdemouge a créé Shine Research en 2012. Il dirige aujourd’hui un groupe qui réunit trois sociétés.


Après « dix ans de croissance continue » et de résultats positifs, le chiffre d’affaires du groupe a plus que doublé entre 2022 et 2023, passant de 1,4 à 3 millions d’euros. Et la trajectoire ne semble pas s’infléchir, dans la mesure où l’entreprise doubienne a déjà enregistré plus de 3 millions d’euros de commandes pour 2024 : « Nous sommes en avance sur un business plan pourtant ambitieux », confie le patron de la jeune pousse.

Paradoxalement, celle-ci profite de la crise actuelle du jeu vidéo. Malgré des records de vente, cette industrie culturelle connaît en effet une vague de licenciements sans précédent. « Pour l’instant, nous ne sommes pas trop affectés en tant que sous-traitants. Nous récupérons même des contrats destinés à des studios qui ont fermé », observe l’entrepreneur.

En affaires avec une trentaine d’éditeurs dans le monde, le Franc-Comtois prépare même l’ouverture d’une première filiale au Canada où il possède plusieurs clients. 

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