Philippe Wagner, acheteur puis vendeur de la société André Bazin et de nouveau repreneur.
Philippe Wagner, acheteur puis vendeur de la société André Bazin et de nouveau repreneur.

AGROALIMENTAIRE. C’est l’histoire sur dix ans d’un premier rachat réussi, d’une cession bien accompagnée et d’une reprise dictée par les circonstances qui augure un avenir prometteur.

L’acteur principal de ce scénario en trois actes s’appelle Philippe Wagner, un entrepreneur pour lequel la retraite ne sonnera pas avant une dizaine d'années.

De nouveau patron de l'entreprise charcutière qu'il avait rachetée à son fondateur il y a dix ans, il lance une ambitieuse stratégie de développement.

Explication…

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Philippe Wagner, 56 ans, vient de reprendre le groupe André Bazin, fabricant de charcuterie et d’ingrédients de charcuterie pour l’industrie du plat cuisiné de Breuches-lès-Luxeuil (Haute-Saône), au groupe Fruiterroir, auquel il l’avait cédé en 2011  (*).

Le pourquoi de cette opération découle d’un heureux concours de circonstances. Fruiterroir, dirigé par Jean-Louis Brunel et spécialiste de la crème dessert, avec Yabon notamment, veut muscler son développement à l’international, notamment aux États-Unis. Cette stratégie implique de renforcer ses usines de production et requiert du cash.

De son côté, Philippe Wagner, en fin de contrat de directeur opérationnel avec son repreneur, caresse le doux espoir de ne pas vivre de ses rentes.

Les deux hommes qui s’entendent fort bien, évoquent la situation à bâtons rompus dans le courant du dernier trimestre 2013 et échafaudent tout naturellement un plan de cession entre eux.

« D’une situation propice est née une opportunité que je ne pouvais pas refuser quand on connaît mon attachement à cette société où je travaille depuis 1988 », confesse Philippe Wagner.

montbeliardUne production haut de gamme

De nouveau patron de sa boîte, le charcutier ne part pas tout seul dans l’aventure.

Bien de majoritaire (50% des parts), il s’associe à huit cadres, dont Yannick Simonin (40 ans), le directeur industriel qui devient directeur général adjoint, et à des relations professionnels amicales.

A nouvelle équipe, nouvelle stratégie. Depuis le rachat en juin 2013 d’Iller à Altorf (Bas-Rhin), producteur de saucisserie, palette et choucroute, et deux mois plus tard d’Eloyes (Vosges), fabricant de jambon lorrain et de charcuterie pâtissière, Bazin possède une gamme de produits charcutiers très large.

« Nous allons la revisiter complètement avec une orientation haut de gamme pour éviter l’écueil d’une concurrence frontale », explique Philippe Wagner.

L’affaire semble bien engagée avec le lancement du premier jambon à os avec patte complète et d’une double médaille d’or au dernier concours général agricole pour les saucisses de Montbéliard et les Knacks. « Nous mettons également sur le marché la première saucisse de poisson sans arête », précise le dirigeant.

Côté commercial, la force de vente à été considérablement renforcée (12 personnes pour la grande distribution) et un directeur du marketing recruté.

Deux productions phares du groupe André bazin : les saucisses de Montbéliard à droite et les Knacks à gauche.
Deux productions phares du groupe André bazin : les saucisses de Montbéliard à droite et les Knacks à gauche.

Le groupe Bazin (130 millions d’€ de chiffre d’affaires, 160 millions attendus en 2017, 510 salariés) est aussi un investisseur important qui consacre chaque année une enveloppe de 6 millions d’€ à ses équipements : fumoirs, machines de conditionnement…

(*) Philippe Wagner et Albert Locatelli, aujourd’hui en retraite, avaient repris l’entreprise en 2003, deux années après le décès d’André Bazin, le fondateur.

Crédit photos : société André Bazin.

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