ÉLECTRONIQUE. La filiale d’Éolane, implantée à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), lance pour le compte de la société Unowhy la production d’une tablette tactile, baptisée QooQ,  précédemment sous-traitée en Chine.

Ce spécialiste de l’électronique professionnelle décroche ce contrat grâce à une très fine adaptation de son environnement industriel : R&D, méthodes, process, équipements, logistiques, SAV…, aux contraintes de coûts.

Il démontre qu’il n’y a aucune fatalité à la mondialisation et que l’industrie française peut tenir tête à tous les pays socialement low cost, avec beaucoup de bon sens, pas mal d’imagination et l’envie d’avoir envie de travailler.

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Un pays sans usines n’a pas d’avenir. Ce postulat que nous martelons à longueur d’articles fait petit à petit son chemin, mettant enfin à mal cette stupide politique de désindustrialisation de pans entiers de notre économie engagée depuis plus de vingt ans.

Et le secteur de l’électronique, qui a tant souffert, n’échappe pas à la règle. Le groupe Éolane le prouve en récupérant la production, précédemment sous-traitée en Chine, d’une tablette tactile, baptisée QooQ et dédiée à l’univers culinaire, pour le compte de l’éditeur parisien de contenu média Unowhy.

L’une de ses filiales, implantée à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), lance la fabrication d’une seconde version de QooQ, avec l’ambition d’en sortir 50 000 unités en 2012.

«On peut fabriquer en France en étant très compétitif, à condition d’avoir bien préparé le terrain», indique Marc Pasquier, l’un des trois directeurs généraux d’Éolane, plus particulièrement en charge du développement, du commercial et des achats.

Pour décrocher ce contrat, le groupe, fondé à partir de 1975 par Paul Raguin, livre sa recette qui devrait faire, souhaitons-le, de nombreux émules.

«Il faut déjà ne plus avoir de relations classiques fournisseur donneur d’ordres, mais l’envie de construire ensemble un projet qui libère les énergies», explique Marc Pasquier.

Second ingrédient : prendre le projet dans sa globalité et réajuster tout son environnement industriel : R&D, méthodes, process, équipements, logistique, SAV…, dans le but d’optimiser l’ensemble des coûts.

Pas moins de 50 personnes d’Éolane sont ainsi impliquées, entre le bureau d’études de Caen, l’unité d’assemblage de certains composants de Saint-Agrève (Ardèche) et l’usine de Montceau (150 salariés, environ 25 millions d’€ de chiffre d’affaires).

Une fédération d’entreprises

Pour cette dernière, la ligne d’assemblage de la tablette QooQ a été spécialement adaptée avec de nouveaux logiciels pour gérer au mieux tous les temps de production.

«Il convient également de savoir acheter au meilleur qualité-prix partout dans le monde et de se livrer à un sourcing pointu, ce que nous avons fait en Chine que nous connaissons bien pour y posséder une filiale», précise Marc Pasquier.

Dernier conseil : ne pas accepter d’emblée de grandes séries, mais monter progressivement en puissance.

Basé à La Fresnay, dans le Maine-et-Loire, et contrôlé par Financière de l’Ombrée, le groupe Éolane (280 millions d’€ de chiffre d’affaires attendu cette année, 2 400 salariés) se définit comme une fédération d’entreprises. Il en comprend au total seize, dont douze en France, deux au Maroc, une en Tunisie et la dernière en Chine.

Chaque site bénéficie d’une réelle autonomie de décision et s’adresse suivant son savoir-faire à une clientèle très diversifiée : automobile, défense, santé, ferroviaire, aéronautique civile, télécom, équipements industriels…

De son côté, Unowhy, qui ne publie pas ses comptes, a été créée à Paris en 2008 par Jean-Yves Hepp. Elle emploie 20 personnes et accueille à son capital des business angels ainsi que la société de gestion 123Venture.

Son métier : la conception et réalisation de contenus et services multimédias dans l'univers culinaire. La tablette tactile QooQ propose ainsi 3500 recettes émanant d’une centaine de chefs, dont 1200 sont présentées en vidéo.

De quoi concocter à l’approche des fêtes de fin d’année de bons petits plats sans risque de les rater.

Crédit photos: Éolane.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. pascal DENISdit :

    Merci pour ce bel article qui met en forme de bon matin !!! On est content et on se sent moins seul de savoir que quelques PMI se battent pour garder, voire relocaliser, de l'emploi industriel dans nos régions. Et reconnaissant à des journalistes comme vous qui informent sur ce thème loin des polémiques habituelles.

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