Pour son siècle d'existence, et son retour après une année d’arrêt forcé, la Foire internationale et gastronomique de Dijon se réinvente, en adoptant un format hybride qui ajoute le digital à la formule traditionnelle. Ouverture ce samedi 30 octobre, jusqu'au 11 novembre.


Terrassé par une année et demi d’inactivité, le secteur de l’événementiel se réinvente. En particulier les manifestations grand public dont les conditions sanitaires, pourtant assouplies cet automne, provoquent encore des réticences. Expérimenté pour les rencontres professionnelles, le format hybride – à la fois en présentiel et en distanciel – fait une incursion dans les manifestations grand public, même là où on ne l’attend pas.

C’est le cas de la foire internationale et gastronomique de Dijon qui se déroulera du 30 octobre au 11 novembre. Une telle manifestation dont la motivation des visiteurs est de déguster des produits et s’asseoir à une table de restaurant, peut-elle aussi se dérouler à distance ? DijonCongrexpo, son organisateur, en fait le pari.

 

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« Plutôt que jeter un coup d’oeil dans le rétro, pour ses 100 ans, nous écrivons un nouveau chapitre d’une fête populaire avec des changements d’envergure », expose Jean Battault, son président. Le plus inattendu est un format digital (*) par lequel les internautes pourront visionner en replay les animations qui se dérouleront dans le hall du parc des expositions ainsi que les émissions de « TV foire » réalisées depuis un studio installé sur place. Interviews d’exposants, tables rondes, présentations de produits en constitueront le contenu, par ailleurs diffusé en direct sur des écrans dispersés aux quatre coins de la foire.

« Le digital amplifie l’audience pour les exposants et par l’intérêt qu’il peut trouver à ces émissions, décider le public à se déplacer, sachant qu’il a encore une certaine retenue à venir dans ce genre de manifestation », explique Nadine Bazin, directrice générale. A terme, les organisateurs voudraient créer une plateforme permanente, avec la présence d’informations tout au long de l’année afin d’assurer la promotion de la foire et de ses exposants. Reste encore à convaincre ces derniers de la pertinence d’investir à la fois dans un stand d’exposition et un format digital, encore très nouveau.

Les technologies numériques s’immiscent jusque sur la table de Lucullus, vitrine renouvelée chaque jour du savoir-faire des artisans des métiers de bouche et des arts de la table, et fort appréciée du public. Cette année, point de mets posés sur la table, mais une projection numérique de ceux-ci.



Recentrage sur la gastronomie

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La foire internationale et gastronomique de Dijon reste le théâtre de nombreux concours culinaires : Grand Prix de la gourmandise, des jeunes chefs espoirs, de boulangerie, de jambon persillé etc. © DijonCongrexpo

 
L’autre grand changement de l’événement réside dans sa thématique. Plutôt qu’un pays étranger hôte d’honneur comme c’était déjà le cas à sa naissance en 1920 – c’était le Brésil –, les organisateurs recentrent l’événement sur la gastronomie. « Nous voulons démontrer que fête populaire et gastronomie ne sont pas incompatibles, qu’à la foire on peut à la fois manger un aligot et prendre le repas d’un chef étoilé », poursuit le président.

Pour marquer son positionnement sur la gastronomie, plusieurs invités de renom, en premier lieu Christian Têtedoie, chef lyonnais une étoile Michelin et président des Maîtres Cuisiniers de France, est le parrain de cette édition. On note aussi la présence renforcée de la Maison Bernard Loiseau à laquelle une journée entière est dédiée. D’autres chefs, mobilisés par l’amicale des Cuisiniers de Côte-d’Or, élaboreront leurs recettes devant le public et plusieurs travailleront ensemble sur une même carte à déguster dans le restaurant de la foire.

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Ce renouveau devrait permettre à l’événement, après une année d’arrêt forcé, de retrouver ses visiteurs, espèrent ses organisateurs qui ont du composer à la fois avec les difficultés économiques du commerce – il y aura une centaine d’exposants en moins – et les contraintes sanitaires.

Assouplies (il n’y a plus ni jauge, ni interdiction de manger debout), elles obligent les visiteurs à présenter un pass sanitaire et leur conseille de porter le masque dans les allées de circulation nécesssairement élargies (+ 10% de surface en plus). L’entrée gratuite, après 18h, (sauf les soirs de nocturne) veut les inciter à rester dîner.

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Crise sanitaire oblige, les allées seront élargies. Photo édition 2018. © Philippe Maupetit.
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La foire internationale et gastronomique de Dijon déploie au rez-de-chaussée des stands alimentaires, et toujours à l’étage, des commerces d’équipement de la maison.© Philippe Maupetit

 

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