Covid-19, confinement et perte d’activité liée, Dijon Congrexpo, gestionnaire sur délégation de service public (DSP) du parc des expositions et palais des congrès de Dijon, se réinvente un avenir avec quatre nouvelles manifestations de son cru. Une offre très tendance, concoctée bien avant la pandémie, mais judicieusement révélée, depuis le déconfinement, ce jeudi 4 juin. Il n'en oublie pas pour autant de rafraîchir ses deux locomotives : la Foire internationale et gastronomique et Florissimo.

 

Pandémie oblige, Dijon Congrexpo modifie et complète son calendrier de manifestations. En raison du décalage de certaines grandes foires nationales, comme celle de Paris, passée du printemps à l’automne, la Foire internationale et gastronomique de la cité ducale (plus de 160.000 visiteurs) se déroulera, pour sa 90ème édition, du 6 au 15 novembre – soit une semaine plus tard que la normale -, avec cinq nocturnes et l’Irlande comme hôte d’honneur. « A cette occasion et pour exprimer notre reconnaissance, nous offrirons l’entrée à tous les personnels du CHU », explique Jean Battault, président de Dijon Congrexpo.

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Un surcoût de 1,1 million d’€

Les exploitants de sites d’événementiel (expositions, congrès, séminaires…) demeurent toujours dans le flou concernant la manière dont il pourront accueillir leurs clients ces prochains mois. « Le décret paru le 31 mai n’apporte pas d’informations claires sur cette question essentielle », souligne Nadine Bazin, directeur général de Dijon Congrexpo.
Mais peu importe pour l’heure à ses yeux, car le site dijonnais qui réunit parc des expositions et palais des congrès, a décidé d’investir pas moins de 600.000 € dans son propre dispositif et de supporter en sus 500.000 € de charges supplémentaires pour faire respecter le protocole sanitaire.
Ces incidences budgétaires s’ajoutent à celle de l’arrêt d’activité depuis fin février avec 42 annulations, dont 18 seulement reportées générant une perte de chiffre d’affaires d’un million d’€.

 

Autre événement phare, la tenue de la 11ième édition de Florissimo, du 22 avril au 2 mai 2021. L'événement floral sera conçu par Pascale Jacotot, paysagiste dijonnais, et se voudra un hymne aux jardins du monde avec la présentation de cinq jardins extraordinaires. Nouveauté : la création en parallèle du salon Naturadivio, un espace commercial de 5.000m2 consacré à l’univers de la décoration extérieure, des loisirs de plein air et du vivre au naturel.

 

Trois créations maison sur deux jours

Pour séduire un public jeune et le fidéliser, Dijon Congrexpo a imaginé trois manifestations originales sur deux jours. Par ordre chronologique, la création du premier rendez-vous E-Sport. Pour les non initiés, ce néologisme désigne la pratique de jeux vidéo(s) dans un espace commun ou sur Internet, seul ou en équipe. Le E-Sport  fédère près de 3 millions de pratiquants en loisir et 1,3 million en compétition. « Pour construire ce nouvel événement, qui aura lieu les 14 et 15 novembre prochain, nous appuyons sur l’expertise de la société ZQSD Production qui organise l’E-Sport de Lyon », commente Jean Battault.

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Cinquième foire de France, celle de Dijon entend mixer pour sa 90ème édition convivialité et protocole sanitaire encore inconnu pour le mois de novembre prochain. © Philippe Maupetit

L’un n'allant pas sans l’autre chez les adeptes des jeux vidéo, un salon bière et gastronomie est prévu les 27 et 28 mars 2021. Le marché de ce breuvage multiple explose avec l’essor des micro-brasseries : 1.700 en France et 120 en Bourgogne-Franche-Comté.
Ici, l’ambition de Dijon Congrexpo est double : attirer les exposants du secteur et une restauration dédiée. Mais aussi faire découvrir au visiteur des mariages gustatifs : bière-charcuterie, bière-chocolat, bière-fromage…

 

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Vélo&Co achève cette trilogie événementielle avec un salon voulu grand public et programmé du 17 au 19 septembre 2021. La Petite Reine, déclinée sous toutes ses formes, attire 15 millions  de pratiquants en France. « Nous l’avons imaginé festif, familial et amical », ponctue le président de Dijon Congrexpo, pas peu fier d’accueillir au sein de son équipe Victoria Parshina, au poste de responsable marketing, dont le métier est d'imaginer de nouveaux événements.

Les mots pour le dire

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Nadine Bazin, directrice générale, en compagnie de Jean Battault, président de Dijon Congrexpo. © Traces Ecrites

Si Jean Battault n’existait pas, il faudrait l’inventer, tant le président de Dijon Congrexpo marie avec sel un art consommé de la franchise et de la litote, le tout matiné d’une charge au clairon de la brigade légère. Ces traits d’humeur, ils les réservent de nouveau à la ville de Dijon - sans la citer -, propriétaire des locaux, qui n’a pas pris de ses nouvelles durant le confinement.
« Je m’étonne que le sort du parc des expositions et palais des congrès et de ses 28 collaborateurs, à l’arrêt total (..), ne semble pas préoccuper beaucoup de monde, cela est sans aucun doute dû à un manque de communication de notre part ! », glisse-t-il avec malice et une bonne dose de regret.
Aussi, pour éveiller les consciences avec « tristesse », cite-t-il quelques chiffres comme l’impact de sa structure sur l’économie locale, chiffré 21 millions de retombées économiques (dépenses des congressistes, des visiteurs, coût de la sous-traitance…).
L’association Dijon Congrexpo verse en outre une contribution de 300.000 € sous forme de redevance à la ville.
Vivant sans aucune subvention, elle réalise autour des 7 millions d’€ de chiffre d’affaires et environ 9 millions tous les cinq ans, quand se déroule l’exposition florale internationale Florissimo.

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