La première collection de cette nouvelle marque est fabriquée avec du plastique recyclé et des chutes de tissu. La commercialisation est basée sur des précommandes au travers d'une plateforme de financement participatif.

 

Lancer un financement participatif en pleine épidémie du coronavirus et avec crise économique qui l’accompagne peut paraître inopportun. « Pas temps que ça, car confinés, les consommateurs peuvent avoir des envies alors que le commerce de l’habillement est inaccessible », analyse Clément Pelletier, le dirigeant de l’entreprise de mode Polytesse à Beaune. De toute façon, il ne pouvait pas reculer. « La collection été était prête, je ne pouvais pas annuler à cause des dépenses de développement et de l’engagement des façonniers qui la fabriqueront », explique t-il.

 

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Depuis dimanche 5 avril, dès 8 heures du matin sur la plateforme Ulule, les pré-commandes sont ouvertes, et jusqu’au 19 mai. Elles vont permettent de mettre en fabrication une ligne de vêtements dont l’originalité réside dans  la matière première.
Elle provient de deux sources :  du PET, ce plastique transparent dont on fait les bouteilles d’eau, et des chutes de tissu. Le plastique, issu des filières de recyclage, est broyé pour en faire des copeaux qui, sous l’effet de la chaleur, est étiré en un filament torsadé. Celui-ci est ensuite mêlé à la fibre de chutes de tissus récupérés chez des industriels du textile. Le tout est ensuite tissé comme un tissu neuf et peut être teinté.


Cycle de production raccourci

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La matière première de la ligne de vêtements est un mélange de PET, ce plastique transparent dont on fait les bouteilles d’eau, et de chutes de tissu. © Polytesse.

« Fabriquer des vêtements est très énergivore, en eau comme en énergie ; nos fabrications nécessitent 90% d’eau en moins (l’équivalent de 112 douches) parce que les fibres recyclées nécessitent beaucoup moins de rinçages », explique Clément Pelletier. En plus d’être une des plus polluantes, le jeune dirigeant estime que l’industrie du textile pousse à la consommation. « Elle sur-produit et nous fait acheter toujours plus alors que seules 30% des fringues de notre dressing sont portées. »
Pour se mettre en phase avec sa conception de l’économie durable, le jeune chef d’entreprise a choisi des partenaires industriels français, de façon à ce que raccourcir le parcours du cycle de production à 3.000 km, matières premières incluses, « dix fois moins qu’un vêtement fabriqué en Asie », précise t-il.


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Six mois de travail et un investissement de 60.000 € précèdent le lancement de la marque avec un objectif de 100 commandes minimum, 400 dans l’idéal, le volume apportant logiquement de meilleurs coûts unitaires. Ce système de pré-commandes n’est pas réservé au démarrage : chacune des collections sera commercialisée de cette façon directement auprès des consommateurs.
Des contacts sont également pris avec des magasins indépendants, à Dijon, Beaune, Reims, dans le Morbihan aussi, pour commencer. 
La première collection, unisexe, est constituée d’un sweat-shirt, d’un t-shirt et de chaussettes, en deux coloris. Polytesse propose également une marque blanche, de vêtements personnalisables aux couleurs des entreprises, fabriqués avec les mêmes matières recyclées.

Qui est Clément Pelletier ? 

pelletierLe trentenaire ans a arrêté ses études après un bac de génie mécanique et n’a emprunté une toute autre voie, celle du commerce.
A 19 ans, il est gérant d’un magasin de course à pied à Beaune, puis commercial dans un réseau de franchise, et dernièrement, technico-commercial d’une société de biens et équipements d’appareils auditifs pour les entreprises.
L’envie de « donner du sens » à sa vie professionnelle le conduit à lancer Polytesse. Ses économies et un prêt bancaire lui permettent de concrétiser son projet en novembre 2019.

 
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