Patricia Koch, présidente du Collectif Défense PME.
Patricia Koch, présidente du Collectif Défense PME.

POINT DE VUE. Ce fut l’un des best-sellers des commentaires de nos articles en 2012.

La constitution du Collectif défense PME contre l’inertie des banques n’a pas laissé indifférent.

Où en est-il près d’un an après ? Réponses avec sa présidente Patricia Koch, chef d’entreprise à Sentheim (Haut-Rhin).

Le collectif, combien d'adhérents aujourd’hui ?

Nous comptons 500 adhérents, majoritairement des PME de 10 à 50 salariés, avec un adhérent qui en compte une centaine. C’est à la fois peu et pas assez, la cotisation étant de 100 €. Le mouvement a connu un bon essor dans les mois suivant sa constitution au premier trimestre de l'année dernière, ensuite il s’est globalement stabilisé.

Certains nous quittent, volontairement,  mais aussi souvent hélas contre leur gré : 17 cotisants ont été liquidés dans l’année. Il nous faudrait être plus nombreux pour peser, c'est-à-dire atteindre le seuil des 1 000 adhérents.

Nous pouvons toutefois nous appuyer sur un noyau très dynamique qui commence à constituer des relais régionaux, comme en Ile-de-France ou en région Centre.

Un autre motif de satisfaction vient de la fréquentation importante de notre site. Beaucoup s’y connectent entre midi et deux, et il a été un tremplin pour des courants d’affaires. Nous allons les maintenir, mais en les canalisant, il y a désormais une partie de site réservée aux adhérents sous forme de forum.

Vous aviez milité pour la création d’une structure publique de financement ou d’aide au financement. Elle est née, c’est la  banque publique d’investissement (BPI). Qu’en pensez-vous ?

Que cela ne sera pas, encore une fois, pour nous, les petites PME. La BPI vise du plus clinquant : des ETI (entreprises de taille intermédiaire), des entreprises innovantes...

Quand j’entends son président M. Jouyet parler de canards boîteux, je considère cela comme une vraie provocation et cela me donne envie de manifester avec un masque du palmipède sur la tête ! Les ETI c’est bien, mais cela représente 0,14 % du tissu industriel français.

L’Allemagne n’a rien de comparable avec nous, là-bas tout a été fait de façon constante depuis des décennies pour aider les entreprises à se développer, alors forcément, cela contribue à les faire grandir.

Je rappelle aux pouvoirs publics que les PME, elles ne délocaliseront jamais. Le gisement d’emplois, c’est chez nous qu’il se trouve.

Et les 500 millions d’€ de soutien aux crédits de trésorerie annoncés au début de cette année ?

Pareil, je vois venir les restrictions d’application. Ne seront pas aidées les entreprises en difficulté, tout sera dans l’interprétation de ce terme.

Je parie qu’on mettra dans cette catégorie les PME à fonds propres négatifs, peu importe que cette situation soit due au fait de devoir écumer trois ans de crise.

Quelles sont vos demandes au niveau du soutien au financement ?

Il faut viser des prêts de trésorerie, c’est là que se situe le nœud du problème pour nous. Par ailleurs, nous nous associons aux revendications sur les baisses de charges. Or avec son plan de compétitivité, le gouvernement nous répond : crédit d’impôt. Et pas avant 2014. Pendant ce temps, on fait quoi ?

Nous avons la conviction croissante que l’on ne pourra compter que sur nous-mêmes. Nous travaillons à une structure de financement originale, nous espérons bien avancer sur ce point en ce début 2013.

Vous avez connu quelques succès médiatiques, mais pas autant que les Pigeons. Que vous inspire leur histoire conclue par la reculade du gouvernement sur l’imposition de la revente de parts de société ?

Elle prouve d’abord que lorsqu’on se rassemble, on gagne. Le mouvement était porté par quelques figures emblématiques. Elles lui ont apporté leurs gros moyens financiers et la vitrine  de leurs grosses entreprises ce qui a créé un effet d’entraînement pour les petits. Nous n’avons pas cela. Et puis, le nom a été bien trouvé.

Tout cela doit nous encourager à continuer. Sur la méthode, je sais bien que la manifestation devant les ministères ou le parlement n’est pas dans les gènes de nous autres dirigeants.

Mais pour se faire entendre, il faut parfois en passer par là, j’en suis convaincue. Les Pigeons eux aussi ont lancé un appel à manifestation qui s’est révélé dissuasif pour le gouvernement.

www.collectif-pme.com

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