PLASTURGIE. La PME de Brunstatt en périphérie de Mulhouse (Haut-Rhin) fabrique par thermoformage des revêtements plastiques qui résistent à tous les chocs.

La dernière version de vitrages de sécurité est annoncée 250 fois plus résistante et 2 fois plus légère que le verre.

Après un trou d'air en 2009, Plastrance vogue à nouveau autour de son chiffre d’affaires étalon de 4,5 millions d’€.

«Je taperais comme un dingue avec un marteau sur cette vitre, elle ne casserait pas». L’outil en question manquait à Laurent Naegelen pour faire la démonstration de ce qu’il avançait, mais on le croit volontiers sur parole.

Plastrance, sa société à Brunstatt (Haut-Rhin), s’est faite une spécialité des vitrages de sécurité. Ces produits résistants aux chocs naturels et aux attaques moins naturelles, la PME les installe sur des cabines de conduite d'engins de chantier et agricoles, des fourgons de police ou de convoyage de fonds.

La vitre en question n’est pas en verre, mais en plastique : il s'agit d'un polycarbonate. La dernière version, la Cleargard Opti Plus, est annoncée 250 fois plus résistante et deux fois plus légère que le verre.

Elle prolonge l’effort constant de l’entreprise vers le développement, qui la pousse à sortir des produits meilleurs du point de vue optique, car plus transparents, transmetteurs de lumière plus performants et moins générateurs de distorsions optique, «donnant moins l’impression de vagues», précise le dirigeant.

La Cleargard Opti Plus a reçu un trophée pour la qualité du contrôle optique qui lui est associée, lors du dernier Midest en novembre à Paris, un rendez-vous dont le sous-traitant alsacien est un fidèle.

Fournisseur d'Airbus

Les revêtements de Plastrance, aux vertus également antiabrasives, connaissent une diversité d’applications : capots de machines, bandeaux lumineux de distributeurs de monnaie, carénage de fauteuils médicaux, vasque d’éclairage urbain.

Avec l’automobile, les débouchés sont davantage de niche, mais elle y consacre son effort d’innovation. En association avec le pétrochimiste Arkema, elle travaille à sortir un revêtement antiabrasif pour les vitres de voiture, à base cette fois-ci de métacrylate (1). Avec un groupe chimique, elle a mis au point un prêt-à-coller : le revêtement se colle directement sur la carrosserie.

«La diversité de notre portefeuille fait notre force et nos clients sont des grands de leurs secteurs respectifs. Pour Airbus, nous ne fabriquons que dix pièces par an, mais cette présence dans l’aéronautique est importante pour notre notoriété», ajoute Laurent Naegelen.

Venu du négoce de semi-produits plastiques, le dirigeant aujourd’hui âgé de 60 ans a créé Plastrance en 1987. L’effectif se limitait alors à deux personnes. Petit à petit, il a grimpé pour atteindre aujourd’hui 26 salariés. Ils furent quelques-uns de plus, mais la crise est passée par là.

«En 2009, notre chiffre d’affaires a baissé de 40 %. Je n’avais jamais vu cela. Heureusement, de gros donneurs d’ordre nous ont prévenus bien en avance de ce qui allait se passer, certains parmi eux connaissaient trois semaines de chômage technique sur quatre. Nous avons pu nous préparer au choc. Et en deux exercices, nous avons compensé ce trou d’air pour retrouver aujourd’hui le niveau de 2007. Nous avons réembauché certains salariés qui avaient été licenciés», ajoute Laurent Naegelen.

La PME vogue donc à nouveau autour de son chiffre d’affaires étalon de 4,5 millions d’€ annuels. Elle compte dépasser ce seuil plus durablement. Son dirigeant vise + 10 % cette année.

(1) Ce type de plastique engendre notamment le célèbre Plexiglas, qui est une marque, mais Plastrance ne se situe pas dans la chaîne de sa fabrication.

Photos : Christian Robischon et Plastrance.

Commentez !

Combien font "1 plus 5" ?