Philippe Winter, président de l'association Bourgogne Angels.
Philippe Winter, président de l'association Bourgogne Angels.

AVIS D’EXPERT. Philippe Winter préside les Bourgogne Angels depuis leur création en 2004.

Il a souhaité nous rappeler en cette période économiquement difficile pour le tissu économique régional, et tout spécialement les PME, comment fonctionne cette association de chefs et d’anciens chefs d’entreprise  qui accompagnent financièrement d’autres sociétés, en création, en développement ou en reprise.

Il fait aussi tomber quelques idées reçues sur les qualités et les motivations pour devenir un « bon » business angel.

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Qui êtes-vous Philippe Winter ?

Un monsieur de 71 ans qui a été un dirigeant d’entreprise dans feu le groupe Fournier et qui a fini sa carrière comme P-DG de Plasto. Comme j’aime les projets et l’initiative privée, il n’était pas question pour moi de rester inactif à la retraite. D’où, avec quelques amis - nous étions douze au départ et sommes 42 aujourd’hui -, la création en 2004 de l’association Bourgogne Angels (30 000 € de budget) que je préside depuis. Elle adhère à la fédération France Angels qui regroupe 85 réseaux comme le nôtre. À titre personnel, je participe au capital de six entreprises.

Quel est le profil d’un bourgogne angel ?

Un business angel n’est pas quelqu’un qui ne bosse pas et qui ne sait quoi faire de son fric. Chez nous, 60% des Bourgogne Angels travaillent et il n’est pas besoin de s’appeler Crésus (*) pour nous rejoindre. Si vous disposez de 5 000 à 10 000 € par an à investir dans une société en création, une reprise d’entreprise ou un développement, alors contactez-nous. Laure Taiclet, notre déléguée générale, se fera un plaisir de vous recevoir (**). Ce qui est aussi important que l’argent à placer au capital d’une entreprise est l’expertise que vous possédez dans un domaine d’activité, mais aussi votre réseau de relations.

Pourquoi ?

Parce que nous ne faisons pas que filer du fric. Nous participons à la vie de l’entreprise, nous assistons à son conseil d’administration. Nous épaulons le dirigeant par nos conseils, nous lui ouvrons notre carnet d’adresses, nous l’accompagnons au besoin lors d’une négociation difficile. C’est du gagnant-gagnant. Plus son entreprise affiche ses clignotants au vert, plus nous avons de chances de réaliser une belle plus-value lorsque nous revendons nos parts après cinq ou sept ans de présence. En outre, nous restons toujours minoritaires avec des mises de fonds entre 20 000 et 300 000 €.

En compagnie de Laure Taiclet, déléguée générale des Bourgogne Angels.
En compagnie de Laure Taiclet, déléguée générale des Bourgogne Angels.

Comment fonctionnez-vous pour détecter un projet et décider d’une suite favorable à lui donner ?

Il faut déjà préciser notre rayon d’action. Nous n’intervenons pas au-delà de 200 km. Cela veut dire que nous sommes aussi Franc-comtois, mais avec un regard plutôt tourné vers le Nord de la région. Parmi nos 42 membres, une quinzaine d’entre eux est chargée d’instruire les dossiers qui nous arrivent à un rythme de deux par semaine en moyenne. Nous éliminons tous ceux qui relèvent du commerce de détail et, sauf exception, de l’hôtellerie et de la restauration. Nos centres d’intérêt tournent autour de l’industrie, des TIC, du sport et des arts.

Chaque dossier est instruit par l’un d’entre nous, expert dans le secteur concerné. Il passe ensuite devant une commission qui décide s’il est présenté lors d’une de nos réunions plénières mensuelles. Dans ce cas-là, le porteur de projet dispose de 20 minutes pour expliquer sa stratégie et 20 autres minutes pour répondre à nos questions. Ensuite chaque business angel décide s’il s’engage ou pas. Si nous sommes trop nombreux, alors le Fonds Commun des Bourgogne (FCBA) Angels intervient.

Pouvez-vous préciser ?

Par souci de cohérence et d’efficacité, nous ne voulons pas être trop nombreux individuellement au capital d’une entreprise. Le fonds, présidé par Daniel Ducreux, évite cet écueil. Reconnu et soutenu par Oséo, il a déjà investi 360 000 €.

Après presque dix ans d’activité, quel est votre bilan ?

Nous avons injecté au total 3 millions d’€ dans 25 entreprises (***). Moins de cinq ont disparu et nous sommes sortis de quatre sociétés. En dehors de cette pépite qui, pour 300 000 € apportés, a offert un ticket à 1 million d’€, nous tablons sur un rendement de 10 à 15% par an. Cette plus-value nous l’encaissons à la fin, car très rares sont les cas où il y a distribution de dividendes.

 (*) Dernier roi de Lydie, de la lignée des Mermnades, ayant régné d'environ 561 à environ 547 av. J.-C. Il est célèbre par ses richesses et partagea son règne entre les plaisirs, la guerre et les arts (source : Wikipédia).

(**) http://www.bourgogneangels.org/

(***) Parmi quelques investissements des Bourgogne Angels : Inawa -société d'études et développement dans la mobilité-, Radio K6, Profexpress -service de téléassistance aux devoirs-, Symbiose Technologies -solutions de stockage des liquides-, TexiSense -dispositifs médicaux-, World Tricot -textile-, Trez -recyclage de zinc-.

Crédit photo : Bourgogne Angels et Traces Écrites

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