Après une année « exceptionnelle » pour accompagner la reprise, Bpifrance Bourgogne-Franche-Comté, suivie dans cette tâche par le Conseil régional, les fonds européens et l’Ademe, se dit parée pour épauler les trésoreries qui souffriraient trop du renchérissement de l’énergie, consécutif à la guerre en Ukraine. Marc Auloge, son directeur régional en Bourgogne-Franche-Comté constate ni phénomène de panique, ni défiance des banques commerciales.

 

• Pourquoi 2021 a été une année exceptionnelle, selon votre bilan d’activité, en comparaison avec 2020 pendant laquelle pourtant les dispositifs d’accompagnement des entreprises ont été déployés à grande échelle pour atténuer les effets de la pandémie ?


En 2021, Bpifrance Bourgogne-Franche-Comté a soutenu 2.426 entreprises à hauteur de 682 millions d’€, permettant de mobiliser 1,8 milliard d’€ de financements publics et privés. Oui c’est un peu plus qu’en 2020, tous métiers confondus de Bpifrance. On aurait pu attendre un effet boomerang, mais au contraire. Tous les dispositifs mis en place pour atténuer les effets de la crise de la Covid-19 ont continué d’être sollicités par les entreprises auquel s’ajoutent les financements classiques d’avant crise. C’est le signe d’un optimisme retrouvé des chefs d’entreprises en 2021 et que l’on ressent encore, malgré leurs difficultés à recruter.

 

marcaulogeMarc Auloge, directeur régional Bpifrance en Bourgogne-Franche-Comté.

• Toutes les aides « Covid » sont-elles maintenues ?


Le Prêt Garanti par l’Etat (PGE) se prolonge jusqu’en juin 2022 sous la forme actuelle avec référence à l’activité de l’année 2019. Les prêts sans garantie (hors PGE) qui couvrent 40% à 60% du risque bancaire et peut être porté jusqu’à 50% avec le conseil régional, sont toujours très actifs, mais ils se déplacent sur d’autres préoccupations : croissance externe, mise aux normes énergétiques des bâtiments industriels, protection contre les cyberattaques. Le plan de relance reste taillé pour les TPE qui peuvent faire une demande directement en ligne.

 


• Percevez-vous déjà des signes de ralentissement de l’investissement ou de difficultés sur les marchés ou la trésorerie à cause de la guerre en Ukraine ?

 

Pas encore. Il n’y a ni phénomène de panique comme ce fut le cas au moment du premier confinement, ni défiance des banques commerciales. Mais on s’attend à des remontées du terrain de nos équipes. En particulier, à cause du renchérissement des matières premières, notamment de l’énergie. Bpifrance a les moyens de répondre avec le prêt Relance Feder déployé en janvier 2022 aux côtés la Région, de manière à soutenir la trésorerie des entreprises liée à la reprise de leur activité ou sa transformation. Ces fonds européens sont adaptés pour soutenir la trésorerie des entreprises qui sont pénalisées par le surcoût des énergies. En outre, nous sommes en train de bâtir avec le Conseil régional, un dispositif nouveau de garantie, toujours via les fonds européens, qui répondrait à cette problématique.

 

 

bpbfc

 


• Le financement de l’innovation a atteint un niveau inédit en 2021, dites-vous. Est-ce un choix de Bpifrance en Bourgogne-Franche-Comté de financer prioritairement des projets innovants ou le résultat de disponibilités financières accrues ?


Les deux. Pas moins de 316 entreprises ont reçu en 2021, 181 millions d’€ (+71%) pour financer leurs projets d’innovation qui incluent la relocalisation d’une partie de leur production. Et l’effort de Bpifrance sera renforcé cette année. Nous travaillons à la mise en réseau de start-up qui développent de nouvelles technologies, et même des chercheurs que nous pourrions incuber et financer, avec des entreprises manufacturières. Cette mise en relation peut même déboucher sur de nouvelles activités. En Bourgogne-Franche-Comté, cet enjeu est primordial pour les équipementiers de l’automobile qui peuvent ainsi rebondir face au passage à l’électrique. L’objectif national est de « marier » 100 couples start-up/industriels en 2022.


• Certains secteurs d’activités ont-ils davantage profité de ces aides que d’autres ?


L’industrie en général a bénéficié des aides de France relance et autres dispositifs d’accompagnement. Une singularité peut-être dans notre région, est le tourisme auquel nous avons été particulièrement attentifs avec le soutien de la Caisse des Dépôts. La transition énergétique aussi avec un dispositif partagé avec l’Ademe. Nous finançons de nombreux diagnostics sur la consommation énergétique et le bilan carbone des entreprises qui déboucheront sur des investissements, certainement à plus court terme que nous le pensions à cause de l’envol du prix de l’énergie. En espérant que la guerre en Ukraine n’installe pas un climat de défiance tel qu’il freinerait les carnets de commande aujourd’hui à un bon niveau.

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