Hôtellerie et restauration. Il y a des articles qui font vraiment plaisir à écrire.

Et celui que nous consacrons aujourd'hui au groupe Loiseau, dirigé par Dominique, la femme de l'ancien grand chef, appartient à cette catégorie.

Car Loiseau est devenu bien plus qu'une entreprise !

Il symbolise, au-delà des frontières, le bon goût à la française et un art de vivre tout bourguignon.

Les comptes annuels, présentés hier à Saulieu (Côte-d'Or), prouvent que la persévérance, malgré toutes les difficultés rencontrées, paie.

Après deux années de pertes, en raison de la crise, les résultats de l'exercice 2010 révèlent un chiffre d'affaires en hausse de 14%, à 9,04 millions d', et un bénéfice net consolidé de 448 000 €.

Ils auraient même pu être encore bien meilleurs, en atteignant les 18% de hausse d'activité, si un dégât des eaux provoqué par un tiers n'avait obligé à fermer plus de trois mois Tante Marguerite, l'un des deux restaurants parisiens avec Tante Louise.

Au total, la restauration progresse de 13 points et le taux d'occupation de l'hôtel Relais et Châteaux Bernard Loiseau de Saulieu (catégorie cinq étoiles, 32 chambres) passe de 48 à 56%.

L'embellie économique, qui a permis le retour d'une clientèle étrangère, n'explique pourtant pas tout.

"Nous conduisons une gestion très rigoureuse pour éviter tout dérapage des coûts et avons mis au point des produits plus attractifs", explique Ahlame Buisard, la directrice administrative et financière.

Le menu Nationale 6 (quatre plats tarifés à 66 €), servi les midis en semaine au Relais Bernard Loiseau, est l'un d'entre eux. "Cela nous permet de séduire une clientèle bourguignonne locale qui hésite à franchir notre porte", argumente Dominique Loiseau, le P-DG.

La constance dans la qualité, avec trois macarons attribués depuis 20 ans par le guide Michelin au restaurant gastronomique que dirige Patrick Bertron et, une étoile décernée ces deux dernières années à Loiseau des Vignes, le dernier-né des établissements, situé à Beaune (Côte-d'Or), justifie tout le reste.

D'autant que la belle aventure continue sur l'année 2011, avec un premier trimestre en hausse de 13%

Asseoir une marque internationale

Seul bémol : le SA Bernard Loiseau (l'hôtel et le restaurant de Saulieu, le spa et la boutique), cotée depuis 1998 (*), subit encore une perte de 319 000 € malgré un chiffre d'affaires qui progresse de 21%, à 5,42 millions.

Dominique Loiseau impulse par ailleurs une stratégie pour accroître la notoriété de ses sociétés en développant une marque mondiale.

Des produits dérivés : moutardes, liqueurs, cuvées spécifiques de vin et de champagne, co-développés respectivement avec les maisons Fallot, Boudier, Bichot et Henriot, sont aujourd'hui distribués dans de nombreux pays.

Patrick Bertron apporte, par ailleurs, ses conseils en ingénierie culinaire. Après le groupe Suisse Manotel, un accord a été tout récemment signé avec le Japonais Ygrek, qui exploite l'hôtel Garaku, à Toyama.

Si elle ne le dit pas ouvertement, Dominique Loiseau étudie également la possibilité d'accroître son périmètre en envisageant la création d'un nouveau restaurant sur Paris, voire sur Dijon.

"Il nous faut déjà trouver un très bel emplacement et recruter un personnel à la hauteur de nos ambitions", confesse t-elle simplement.

Les 3 millions d'€ de trésorerie nette et un endettement réduit à peau de chagrin, l'autorisent à prendre son temps et savourer ce moment de réussite, partagé par les 107 salariés du groupe.

(*) L'assemblée générale des actionnaires a adopté à l'unanimité le transfert des actions d'Euronext à Alternext, cotation moins lourde à gérer et plus conforme à la taille de l'entreprise ainsi qu'à sa valorisation boursière (environ 8 millions d').

Évolution du chiffre d'affaires du groupe depuis cinq ans

2006 : 7,87 millions d'euros

2007 : 8,20 millions d'euros

2008 : 8,43 millions d'euros

2009 : 7,92 millions d'euros

2010 : 9,04 millions d'euros

Crédit photo: groupe Loiseau

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