Conjoncture. Meilleur millésime commercial pour le vin de Bourgogne dont les ventes à l’international se redressent légèrement, après une année 2009 couleur de jais.

Sur les huit premiers mois de l’année, les exportations augmentent de 15% en volume et en valeur (44 millions de chiffre d’affaires).

«L’heure est toutefois à la prudence et la vigilance s’impose car nous commençons à peine de sortir de la crise. Si le millésime 2009 va nous y aider, nous regardons avec la plus grande des attentions l’évolution des parités», tempère Louis-Fabrice Latour, président de l’Union des Maisons de Vins de Bourgogne.

Les deux grands marchés des bourgognes : les États-Unis et la Grande-Bretagne montrent l’exemple.

Outre-Altlantique, les progressions en volume et en valeur s’affichent respectivement à +20% et +18%. Toutefois, et c’est une tendance de fond, les consommateurs américains privilégient dorénavant le rapport qualité/prix  (good value), comme les crus chiliens, cinq fois moins chers que les vins français.

Au Royaume-Uni, premier marché de la Bourgogne, les ventes repartent (+23% en volume et 15% en valeur), grâce au Chablis. De grandes difficultés de commercialisation affectent en revanche les appellations villages, largement déréférencées au sein de la grande distribution (GD), le premier circuit de vente des vins outre-Manche, en raison d’un recentrage des enseignes sur des produits plus abordables.

Stagnation du marché national

En Asie, mais hors Japon, le bourgogne marque des points. Les hausses en valeur font rêvées : +130% à Taiwan, + 87% à Singapour, +52% à Hong-Kong. Ces deux dernières destinations étant par ailleurs des plates-formes de réexport importantes.

La zone Europe vit des situations contrastées. L’Allemagne, la Belgique et l’Irlande boudent les nectars régionaux.

Les autres pays réimportent, à l’instar des Pays-Bas, mais sans pourtant compenser leurs achats antérieurs.

Le marché national reste stable. En GD, blancs et crémants prennent de plus en plus de parts de marché.

La plus grande inquiétude provient des boutiques spécialisées (cavistes). Grands pourvoyeurs de cadeaux (particuliers, associations, comités d’entreprises…), ils subissent de plein fouet la crise avec une baisse de 25% du panier moyen par client.

Résultats de la 150ième vente des Hospices de Beaune

Les cours indicatifs des bourgognes marquent une nouvelle hausse à l'issue de la 150ième vente des vins des Hospices de Beaune, organisée le 21 novembre dernier. Les échanges atteignent au total 4,474 millions d'euros, soit une progression de 11,25%.

Pour les rouges, le fruit de la vente s'élève à 3,330 millions d'euros (+12,55%), avec un prix moyen de la pièce (*) à 6 134 euros.

Concernant les blancs, en hausse de 15,70%, ils rapportent aux Hospices de Beaune 1,143 million d'euros (+15,70%), donnant un prix moyen à la pièce de 11 437 euros.

Notons enfin la générosité des acheteurs qui pour des oeuvres caritatives ont acquis 400 000 euros la pièce de charité, soit un effort supplémentaire par rapport à l'an dernier de 394%.

(*) Une pièce de vin contient 228 litres.

La Bourgogne viticole en chiffres

La récolte moyenne d’un millésime s’élève à 1,51 million d’hectolitres, dont 60% de blancs, 32% de rouges et rosés et 8% de crémant.

La surface de production s’étend sur 27 000 hectares, soit 3% du vignoble national.

182,5 millions de bouteilles sont commercialisées, dont 46% à l’exportation.

L’interprofession fédère 3 800 domaines, dont 1 300 embouteillent, 250 maisons de négoce et 23 caves coopératives.

Ces entreprises produisent 100 appellations, dont 33 grands crus, 44 appellations Villages et premiers crus et 23 appellations régionales.

Elles s’appuient sur un effectif de 20 000 personnes et génèrent 100 000 emplois indirects : verreries, tonnelleries, merranderies…

Crédit photo: Traces Écrites

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