Le niveau de la commande publique, insuffisant à ses yeux, continue de « préoccuper » la fédération régionale des travaux publics. Elle craint que les collectivités, surtout en zone rurale, ratent le rendez-vous du début de deuxième partie de mandat municipal qui coïncide d'habitude avec le lancement de nombreux appels d’offres.
L’été portera conseil, espère Vincent Martin. Le président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) de Bourgogne-Franche-Comté a dans le viseur les collectivités locales et le niveau des commandes qu’elles débloqueront…ou pas, à l’automne prochain.
Car celles-ci ont pris du retard, alors que le cap du mi-mandat municipal vient d’être franchi. « On peut évaluer à 50 % le déficit de commandes par rapport aux précédents mi-mandats. Dans le cycle classique de la décision publique, cette période concentre le lancement de travaux afin que leur livraison intervienne quelques mois avant la prochaine élection. Or, ce printemps, ces sorties de projets ne sont pas venues », expose-t-il.
Ce qui rend le par ailleurs dirigeant du groupe Roger Martin « pour l’instant préoccupé », un état d’esprit qui pourrait cependant virer à l’ « inquiétude », si l’attentisme des donneurs d’ordre publics se confirmait à la rentrée, a-t-il confié ce lundi 10 jillet lors d’un point de conjoncture sur les TP de la région. Ceux-ci dépendent à 70 % de la commande publique, selon l’évaluation de leur fédération.
Vincent Martin prend soin de ne pas tomber dans la généralisation. Il identifie comme bons élèves les départements. « Leurs niveaux d’investissement sont convenables et leurs aides aux communes et intercommunalités sont génératrices, chez ces dernières, d’un effet de levier de coefficient quatre à cinq : 5 millions d’€ d’aides départementales, c’est 20 à 25 millions d’€ de travaux derrière pour nos entreprises. »

La frustration du président de la FRTP vient bien plus de ces communes et intercommunalités. A rebours du discours qu'elles tiennent, « elles ont de l’argent », assure-t-il. Et elles pourraient en capter davantage si elles savaient mieux tirer parti des dispositifs nationaux qui ont fait florès ces dernières années.
Davantage que les programmes Petites Villes de Demain et Action Cœur de Ville « dont nous percevons l’effet en terme d’ingénierie publique mais moins en travaux pour l’instant », le dirigeant songe au fonds friches, aux prêts de la Banque des Territoires, en complément des dotations classiques DETR et DSIL (*) « qui sont bien au rendez-vous. »
« Les petites collectivités, en particulier, ont une trop grande méconnaissance de tous ces concours financiers, il faudrait que l’Etat et d’autres les fassent mieux savoir », estime Vincent Martin, à l’instar de la communication sur le nouveau Fonds vert. Celui-ci a produit son effet, puisque la préfecture de région annonce l'engagement en intégralité des 72 millions d’€ alloués à la Bourgogne-Franche-Comté.
Cette pédagogie, la FRTP entend la mener aussi d'elle-même. Le 21 septembre prochain, elle inaugurera auprès de l’Association des maires de Haute-Saône une formule de réunion d’information qu’elle concevrait volontiers déployer ailleurs en Bourgogne-Franche-Comté.
Défense de la ruralité

Pour affiner encore le curseur, Vincent Martin repère quelques « secteurs » problématiques : les petites communes en périphérie des agglomérations de la région, dont les potentielles velléités d’investir seraient diluées dans leur grand ensemble d’appartenance ; ou encore les intercommunalités rurales. Celles-ci sont confrontées à la persistance, contre-productive selon le président de la FRTP, de syndicats mixtes notamment ceux des eaux « qui se renvoient la balle et ne décident pas, à force de vouloir garder leurs prérogatives. » En somme, « c’est avant tout une volonté politique qui manque », résume Vincent Martin.
Or, la campagne, ça gagne pour les travaux publics de Bourgogne-Franche-Comté. « La ruralité, c’est là que se fait le chiffre d’affaires de bon nombre de nos entreprises », poursuit Vincent Martin. La campagne forme aussi un terrain de jeu à la mutation des TP de Bourgogne-Franche-Comté qui emploient 11.000 salariés. « Les voies vertes, les réaménagements de bourg-centres, la résorption des fuites dans les réseaux d’eau, etc. font partie de nos nouveaux métiers, tournés vers le développement durable ».
La filière régionale s’en est déjà emparée, mais elle compte le faire de manière plus intensive, en s’appuyant sur son association Ecorse TP, co-fondatrice ce printemps du premier pôle de compétitivité français consacré aux infrastructures de transport et à leur transition écologique.
(*) dotation d'équipement de territoires ruraux et dotation de soutien à l'investissement local
















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