Développement. 926% de croissance en cinq ans pour atteindre aujourd’hui un chiffre d’affaires de 2,2 millions d’euros, la société Afrique Télécom pouvait-elle rêver mieux ?
Ne la cherchez pas en Côte-d’Ivoire, au Cameroun ou au Gabon, elle est implantée à Auxerre, dans l’Yonne.
Son métier sur le continent noir : fournisseur d’accès Internet et opérateur de téléphonie via Internet, grâce au satellite.
«Il n’y a pas de réseau filaire sur place, ou alors très peu et en très mauvais état, faute de maintenance, d’où notre positionnement pour répondre aux besoins de grands groupes internationaux, d’organismes publics, d’institutions politiques ou encore de banques», indique Philippe Tintignac, le P-DG.
Parmi ses clients : la présidence du Niger, le parlement du Congo, la banque centrale des Comores, des groupes pétroliers britanniques, des compagnies d’assurances, mais également de nombreux call-shops et des cybercafés.
Demain, l’entreprise devrait pouvoir offrir le même service à des particuliers, expatriés ou locaux, à des tarifs étudiés.
Une terre d’avenir
La belle aventure économique d’Afrique Télécom relève d’un hasard heureux.
Philippe Tintignac, ancien distributeur de matériel informatique, monte en 1996, Internet Point, l’un des tout premiers fournisseurs d’accès Internet en France.
En 2002, l’ADSL n’étant disponible que dans les grandes villes, des producteurs de vin de Chablis lui demandent de trouver une solution alternative par satellite.
«J’ai vu alors débarquer des Algériens qui m’ont fait la même proposition», explique le dirigeant.
Plusieurs voyages sur place le convainquent que le continent africain souffre d’être un véritable désert numérique et, Afrique Télécom voit le jour en 2005. La société est aujourd'hui présence dans 14 pays, essentiellement francophones.
Pour se développer encore plus rapidement, l’opérateur souhaite maintenant effectuer une levée de fonds d’un million d’euros.
De ce parcours, Philippe Tintignac ressort avec une conviction très forte. L’Afrique est une terre d’avenir pour qui veut bien aller y travailler en respectant ses peuples.
«Alors que je constate dans certains endroits un pillage éhonté des richesses par certains consortium et même des puissances étrangères», confesse cet humaniste dans l’âme.












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