L'association Agefiph, qui agit en faveur de l'insertion dans l'emploi des personnes en situation de handicap, s'allie au Medef Côte-d'Or pour organiser la 16ème édition des Handijobs, entretiens de premier contact entre des personnes en recherche d'emploi et les entreprises en quête de main d'oeuvre. La bonne audience de ce rendez-vous tenu à Dijon chaque année aboutit à le dupliquer à Beaune pour la première fois.


Avec les « Handijobs » à Beaune ce mercredi puis à Dijon vendredi, la Côte-d’Or se distinguera à nouveau parmi les nombreuses manifestations qui vont jalonner un peu partout, jusqu’à dimanche prochain, la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH). Conçu par le Medef Côte-d’Or et l’Agefiph BFC, l’association oeuvrant à l’insertion et au maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap, ce rendez-vous revient pour la 16ème fois, une longévité qui vient attester de sa pertinence.

Se présentant sous la forme d'un job dating adapté au public concerné, « il débouche d’année en année sur 40 à 50 % de deuxième rencontre avec les candidats et au final, nous évaluons à 1 sur 10 la proportion des personnes reçues au Handijob qui sont embauchées, en CDI, en CDD long (plus de six mois) ou en stage d’immersion », décrit Valérie Villard-Charroin, responsable projets RH au Medef Côte-d’Or.

La pertinence des Handijobs se lit aussi dans cette évolution pour l’édition 2023 : face à la demande des entreprises, elle se déroulera sur deux lieux, la Maison des entreprises à Dijon comme à l’accoutumée, mais aussi Beaune, dans les locaux de la Mission locale pour l’emploi.

 

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En effet, 32 employeurs du département ont fait part d’offres de postes pour personnes en situation de handicap handicapées, auxquelles celles-ci pourront postuler lors de leur entretien d’un quart d’heure planifié dans la journée, celle du 22 novembre à Beaune ou le surlendemain (24 novembre) à Dijon. Le nombre de candidats reçus pour un ou plusieurs entretiens express se situe à 70 au cumul des lieux, ce qui débouche sur 114 rencontres organisées à l'avance.

Si cet intérêt vient confirmer à Delphine Roy, chargée d’études et de développement à l’Agefiph BFC, que « la période est plutôt porteuse » en terme d’emploi de personnes handicapées, le pari n’est de loin pas gagné à l’avance pour les candidats. Leur donner les meilleures chances suppose un important travail préparatoire, qui donne leur caractéristique au Handijob côte-d’orien. Selon le principe que l’efficacité vient de l’union des compétences que chacun peut exercer, là où il est le plus légitime.

 

Répartition des tâches préparatoires

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Valérie Villard-Charroin, responsable projets RH au Medef Côte-d’Or (à gauche), et Delphine Roy, chargée d'études et de développement à l'Agefiph Bourgogne-Franche-Comté, ont été les chevilles ouvrières de l'édition de 2023 des Handijobs qui se déroulera cette semaine. © Traces Ecrites

 
Ainsi, la tâche incombe d’abord au Medef Côte-d’Or de collecter les offres d’emploi, avec leur fiche de poste que les employeurs adressent en amont, plusieurs semaines ou mois à l’avance. Puis Pôle Emploi, Cap Emploi et la Mission locale vont pré-sélectionner les candidats aux profils apparaissant comme les mieux adaptés. Quant à l’Agefiph, elle va s’assurer que les jobs proposés sont compatibles avec l’emploi de ces personnes – ou sont aménageables – qu'il s'agisse de la configuration du poste lui-même ou des horaires. Elle va aussi s’efforcer de travailler avec le recruteur des points par anticipation, comme l’insertion auprès des futurs potentiels collègues.

 

expertcomptable

 

Le Medef Côte-d’Or reprend le relais pour planifier les rencontres du jour J, « sachant que cette grille n’est pas rigide, les rencontres spontanées restent possibles », précise Valérie Villard-Charroin. Cette mise en relation a son grand absent : le CV. « On l’oublie ! », insistent de concert les représentantes du Medef et de l'Agefiph : il s’agit, expliquent-elles, de « privilégier l’humain », le « récit d’expérience » et de mettre en avant les compétences spontanées qu’un document de curriculum vitae pourrait cacher. « Le savoir-être, il est là chez les personnes en situation de handicap », appuie Delphine Roy.

Encore faut-il que l’employeur se montre réceptif à un tel changement de paradigme dans le processus de recrutement. Or les précédents Handijobs « ont mis en lumière leur ouverture et leur bienveillance », estiment les deux organismes organisateurs. Leur union pour une telle initiative relevait de l’évidence, estime Delphine Roy. « Nos effectifs régionaux n’étant pas pléthoriques, l’efficacité de nos actions ne peut que reposer sur des partenariats, tel que celui-ci instauré avec le Medef Côte-d’Or pour les Handijobs. » 

 

Apsalc, un habitué du rendez-vous

Le groupe associatif Apsalc basé à Talant (Côte-d’Or) pour la promotion et le développement de l’emploi sportif compte parmi les fidèles des Handijobs. Sa direction considère la manifestation comme un levier précieux pour la mise en œuvre de sa politique handicap. « Une personne sur deux sera confrontée à une situation de handicap au cours de sa vie active (source Agefiph). Le handicap au travail, n’est donc pas un mythe. Malgré son invisibilité, dans 80% des cas ! Nous devons le prendre en compte au quotidien dans nos process RH, avec ou sans l’obligation d’emploi des travailleurs hadicapés (OETH). Notre groupe apporte des solutions concrètes et sécurisées pour aider les TPE-PME, collectivités, associations à se libérer du temps dans la gestion des emplois et le recrutement de leurs salariés. Il propose pour les demandeurs d'emploi, des parcours personnalisés pour une intégration réussie. Chaque jour, nous œuvrons, à notre échelle, à faire vivre notre politique handicap et incarner au quotidien ces concepts de diversité et d’inclusion pour qu’ils passent de l’abstrait au concret et que la personne en situation de handicap soit d’abord un ou une salarié.e. », expose la direction. 

Pour mettre en œuvre ces préceptes, Apsalc a installé un référent handicap , ainsi qu’un process d’intégration des personnes en situation de handicap : formation, sensibilisation, accompagnement et mise en place d’adaptations sur le lieu de travail…Aujourd’hui,, le groupe emploie six personnes en situation de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RTQH).. « Le partenariat avec de multiples acteurs (*) est indispensable pour faciliter l’animation et la mise en œuvre de notre politique handicap », relève sa direction.

 

(*) Agefiph, Cap Emploi (accompagnement dans l’emploi des personnes handicapées), Pava (prestation d’accompagnement vers l’apprentissage), Challenge emploi (service d’insertion professionnelle), le groupement d’insertion GIPE 21, la société Azergo, le Medef Côte-d’Or

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