Traces Ecrites News effectue sa traditionnelle pause de la semaine des congés de printemps commune à la Bourgogne-Franche-Comté et au Grand Est. En attendant de vous retrouver le 24 avril, retour sur quelques actualités marquantes d'entreprises des deux derniers mois. Aujourd’hui, Streit Mécanique. Le fournisseur automobile s’est engagé dans une action tous azimuts de réduction de sa dépendance à l’activité liée aux moteurs thermiques et plus généralement à la diminution de la part de cette industrie dans son chiffre d’affaires. Il est en avance sur ses plans.
PREMIERE PUBLICATION LE 24 FEVRIER 2023. Depuis la fin janvier, une nouvelle brocheuse a pris place dans les ateliers de Streit Mécanique à Pays de Clerval (Doubs). L’équipement participe à l’opération de diversifications engagée par le spécialiste de l’usinage de précision à partir de deux faisceaux d’événements : d’une part la succession de crises qui ont secoué l’automobile, d’autre part, la fin programmée des moteurs thermiques en Europe, confirmée le 7 février dernier par le vote du Parlement de Strasbourg sur l’arrêt de la vente de véhicules fonctionnant avec ce type de combustion à partir de 2035.
Cette brocheuse permet, ainsi, d’honorer de nouveaux contrats, de pièces en acier forgé pour véhicules électriques auprès de l’équipementier allemand ElringKlinger, et demain auprès d’un acteur britannique du moteur électrique. Mais elle ne représente qu’une facette du vaste programme enclenché par Streit Mécanique, autour du mot-clé de diversifications, qu’il convient d’utiliser au pluriel.

En effet, « nous poursuivons à la fois un but de réduction de la dépendance au marché des turbo-compresseurs qui va diminuer - mais pas s’éteindre -, la quête de nouveaux débouchés dans d’autres industries que l’automobile comme le machinisme agricole et les biens d’équipement, et l’accompagnement des clients anciens et nouveaux dans leur décarbonation », expose Rémy Barthelmé, président de Streit Groupe comptant 660 salariés, filiale du fondeur taïwanais Mei Ta.
Des trajectoires très claires ont été fixées en conséquence en 2021 : de 75 % cette année-là, la part du turbo-compresseur dans le chiffre d’affaires devait passer à 66 % en cette année 2023 et à 35 % en 2025, tandis que les activités hors automobile devaient grimper dans le même temps de 13 à 35 %.
Ambitieuse de par sa rapidité, la mutation l’est d’autant plus qu’elle est assortie d’un objectif simultané de croissance significative du chiffre d’affaires global, à 85 millions d’€ en 2025 contre 61 en 2021 et 74 cette année. « Ce montant visé de CA sera bel et bien atteint en 2023 et s’agissant de la part des turbo-compresseurs, nous prenons même deux ans d’avance, puisqu’elle devrait dès cette année se situer au niveau fixé initialement pour 2025 pour notre entité de Streit Mécanique », précise Rémy Barthelmé.
Pour réussir un tel changement décrit à quatre dimensions par ses dirigeants – « métiers, produits, process et marchés » - l’industriel de Pays de Clerval prévoit de poursuivre ses investissements à hauteur de plus de 12 millions d’€ jusqu’en 2025, au titre notamment de l’appel à projets France 2030 pour la diversification de la sous-traitance automobile qui pourrait lui accorder jusqu’à 1,9 million d’€ de soutien de l'Etat. Il s’appuie sur son centre technique installé dans la commune voisine de Clerval.
Digitalisation et intelligence artificielle

Là aussi, les facettes de l’investissement sont multiples. A l’acquisition de nouveaux équipements, s’ajoute une forte montée en puissance de la digitalisation et de l’intelligence artificielle. « Nous avons développé depuis cinq ans la CFAO (conception et fabrication assistées par ordinateur) à partir de fichiers 3D et non plus 2D. Elle est indispensable si l'on veut répondre à la complexification des process que nous impose la diversification : nous ne pouvons plus nous contenter de dupliquer des versions successives de mêmes familles de pièces et composants », explique Didier Bolle-Reddat, directeur des opérations du groupe et du site de Pays de Clerval.
Des jumeaux numériques ont également fait leur apparition, vecteurs de compétitivité – les temps d’immobilisation d’une ligne pour passer d’un process à un autre sont diminués – ainsi que des cobots, incarnation, selon le directeur du site, de « notre ouverture à l’écosystème environnant de start-ups et de PME expertes de telle partie de procédé, comme la coupe entre autres », qui caractérise aussi la mutation de Streit Mécanique.
Des binômes jeunes-anciens
La logistique forme un autre volet de la transformation : les flux sont optimisés et reconfigurés, afin de les adapter à des productions de plus petite série mais de plus grande dimension en général. « De plus, notre projet ne pourra réussir qu’avec le personnel », poursuit Rémy Barthelmé, en référence à un programme en parallèle de maintien et renforcement des compétences. Celui-ci aboutit à faire fonctionner une partie des équipes en « binômes » entre des salariés expérimentés maîtres en usinage et des jeunes ingénieurs, embauchés dans le cadre du remplacement de départs naturels – une cinquantaine de recrutements sera opérée sur la période 2021-2025, tous postes confondus.
Une extension de surfaces de bureaux et ateliers de 1.400 m2 entrera en service à la fin du trimestre, représentant 2,2 millions d’€ à l’intérieur du programme d’investissement global, dont 500.000 € d’aides de la région Bourgogne-Franche-Comté.
La vitrine d’entrée de l’usine s’emplit d’ores et déjà des pièces incarnant le « nouveau » Streit Mécanique, pour l’équipement de commutateurs électriques, corps de pompes, boîtes de vitesse électriques, ou encore de composants d’engins agricoles. Elles sont façonnées en fonte le matériau historiquement travaillé sur place, mais aussi en acier forgé et en aluminium, à destination de clients comme Punch Powertrain, Liebherr Aerospace, Yasa, John Deere, MAN ou encore Siemens. Au rythme où l’entreprise avance, il faudra peut-être encore agrandir ce show-room…

Le groupe Flex-N-Gate, présent dans l’Est par ses sites de pare-chocs et blocs avant d’Audincourt (Doubs) et Burnhaupt-le-Haut (Haut-Rhin), s’adapte à la révolution de l’électrification, à travers la conception et la fabrication de batteries, dénommées « Flex-Ion ». « L’électrification, qui vient bouleverser les chaînes de valeur et fait apparaître de nouvelles fonctionnalités, nous pose trois challenges : en terme de ressources humaines/organisation, d’innovation produits, et de RSE par une démarche d’économie circulaire », expose Michaël Vermot, directeur exécutif de l’ingénierie de Flex-N-Gate Europe.
Le premier point se traduit par la place centrale accordée à la R&D « au cœur du changement », le développement d’une « marque employeur » synonyme de travail renforcé sur la notoriété de l’entreprise, et par un fort rapprochement avec les acteurs de l’ingénierie et les fabricants de composants. Outre la diversification vers les batteries, le second challenge aboutit à intégrer de nouvelles fonctions : éclairage, assistance à la conduite « ADAS »... La R&D joue à nouveau un rôle pivot dans l’introduction de la troisième démarche, celle d’éco-conception, par la formation de ses équipes au bilan carbone et à l’analyse du cycle de vie.
Les deux entreprises Streit Mécanique et Flex-N-Gate ont apporté leur témoignage lors d’un récent webinaire organisé par l’association PerfoEst et le Pôle Véhicule du futur sur le thème « Rester ou sortir de l’auto ». Leur intervention a été précédée d’un panorama prospectif du marché automobile par le cabinet Inovev.
Photos fournies par les entreprises.








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