Manque de dessertes par les transports en commun, embouteillages impressionnants aux heures de pointe, absence d’entretien des espaces verts, quasi-impossibilité de mobilités douces, délabrement continu de la voirie : l'accumulation des désordres au sein des parcs d’activité du sud de la capitale de Bourgogne-Franche-Comté inquiète les industriels. Ils demandent des réponses, tout en voulant s’impliquer auprès des collectivités territoriales dans un programme global de réaménagement.
Pascal Boisselier exploite les hôtels Kyriad et Ibis Styles Domaine de Beauregard (120 chambres), en sortie de la rocade sud de Dijon, tout près de deux des parcs d’activité Oscara (*), Beauregard et Château d’eau. Il invite à se poser, le matin à 8 heures et le soir à 18 heures, devant ses deux établissements.
« Tous les jours, nous nous faisons disputer, pour ne pas dire plus, par nos clients en raison de l’impossibilité le matin de sortir rapidement en raison du trafic et le soir, surtout de nuit, parce que l'automobiliste rate l’accès à nos établissements, parfois plusieurs fois », explique l’hôtelier.
Ce constat illustre l’une des problématiques majeures des parcs du sud dijonnais (voir la carte) : une voirie inadaptée à une meilleure fluidité du trafic et une signalétique défaillante. « Un rond-point serait une très bonne chose devant notre zone hôtelière qui comprendra à terme 160 chambres de plus, ou éventuellement, le doublement de la voie de droite en provenance de la rocade sud », propose Pascal Boisselier qui n’a pas hésité à investir 6,5 millions d’€ dans ces deux réalisations hôtelières.

Promenons-nous à présent en voiture en plein coeur de l’ancienne zone industrielle de Longvic (rebaptisée zone du Château d’eau), durant plus d'une heure avec Hervé Leguai, président du Club Oscara qui fédère déjà 25 entreprises des sept parcs du sud dijonnais. Le trajet est vraiment très secoué. L’état de la voirie en certains endroits fait peur à voir.
Une volonté de dialogue avec Dijon Métropole

On n'imagine pas son état futur avec la rotation des camions... © Traces Ecrites
Les accotements regorgent des herbes folles rappelant des friches. « Une seule vraie ligne de bus dessert l’école des métiers, de même qu’une seule piste cyclable digne de ce nom existe, boulevard Romelet. Tout le reste de nos espaces sont mal desservis par les transports en commun et des voies à mobilité douce », regrette Hervé Leguai.

Le numéro un national de la conception et réalisation d’entrepôts logistiques, filiale depuis 2018 du Chinois Noblelift, entend que ce qui a été promis soit respecté. Le futur site de Savoye en construction à l'entrée de la nouvelle zone Beauregard, qui regroupera les usines actuelles de Dijon et de Ladoix-Serrigny, près de Beaune, accueillera pas moins de 450 salariés fin 2023, sur 6 hectares et 21.000 m2 couverts.
Rémy Jeannin, président du groupe, interpelle sur la création de pistes cyclables sécurisées, alors qu’on lui impose règlementairement d'aménager un parking à cycles. Comme ses collègues industriels des parcs d'activité du sud de Dijon, il demande une meilleure desserte des bus.
L’investissement dans le regroupement des sites de Savoye atteint dorénavant les 30 millions d’€. L’opération immobilière, très éco-environnementale, a été lauréate de la Commission de régulation de l’énergie.
L’ensemble sera autonome sur 40% des besoins énergétiques grâce à une centrale photovoltaïque.
La nouvelle usine disposera par ailleurs d’une salle de sport, d’un show-room de 1.500 m2 et d’un amphithéâtre de 200 places. Savoye, en forte croissance, emploie 900 personnes dans le monde et frise les 200 millions d’€ de chiffre d’affaires.

Le dirigeant du centre d’affaires Gessica situé sur la zone d'activité de la Noue n’en rajoute pas, sauf à rappeler que les entreprises sont responsables pour leurs salariés des trajets domicile-travail. Plusieurs endroits sont franchement très accidentogènes : franchissement de la voie ferrée ou encore du pont du canal de Bourgogne. « Pourquoi ne pas envisager, à l’adresse des 30% de salariés qui viennent des communes rurales plus au sud, une halte ferroviaire, plusieurs lignes venant frôler nos zones industrielles ? », propose Hervé Leguai.


Le président du Club Oscara et ses collègues entendent établir un véritable dialogue avec les collectivités territoriales en premier lieu Dijon Métropole, pour élaborer de concert un programme global. Un tel échange a été amorcé le 27 novembre 2021 avec Pierre Pribetich, premier vice-président chargé notamment de l’éco-habitat et de l’urbanisme.

Il s’est poursuivi avec Danielle Juban, vice-présidente de la métropole déléguée au développement économique, à l’attractivité et aux foires et salons. Et il se poursuivra le 7 octobre prochain avec Nathalie Koenders, première adjointe au maire de Dijon, compétente pour connaître les questions de transition écologique, climat et environnement, tranquillité publique et administration générale. Un choix judicieux pour avoir l'écoute du décisionnaire final... Interrogé pour répondre à nos questions, la collectivité Dijon Métropole n'a pas trouvé l'opportunité et/ou le besoin d'y donner suite.
(*) Ces parcs, baptisés du nom latin de la rivière Ouche qui traverse Dijon du nord au sud, intègrent le parc de La Noue, du Château d’eau, de l’Ouche, d’Eiffel, de l’aéroport et des Essarts, ainsi que le tout nouveau de Beauregard. Près de 10.000 personnes y travaillent et 5.000 nouvelles sont annoncées avec la zone de Beauregard, toujours en prospection.

espère en une plus grande fluidité du trafic et un meilleur accès à ses établissements. © Traces Ecrites
Qui est Hervé Leguai ?

Cet homme de 62 ans, originaire de l’Allier et installé depuis 1964 à Dijon, exploite le centre d’affaires Gessica, composé de 18 cellules et 6 salles de réunion de 3 à 40 personnes. « Nous domicilions aussi 65 entreprises », précise-t-il. Formé à l’expertise-comptable, ancien directeur d’un cabinet spécialisé dans ce secteur, il assure aussi, avec sa filiale Anaxia, des missions de conseil en ingénierie financière.
Hervé Leguai préside depuis 2020 le Club des Parcs Oscara. Il invite ses adhérents à une rencontre chez Suralu, fabricant de menuiserie industrielle aluminium, le 18 octobre prochain.
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