L’entreprise de construction bois Sertelet à Provenchères-sur-Fave (Vosges) mise sur un mur massif innovant baptisé Kaïdobôh® pour se diversifier sur le marché de la maison individuelle. La PME a investi 3 millions d’€ en vue d’industrialiser sa fabrication et augmenter ses capacités de production.
C’est un des patronymes emblématiques de la construction bois dans le massif vosgien. Installé en bordure de l’Alsace, à Provenchères-sur-Fave (Vosges), Sertelet célèbre ses 40 printemps en ouvrant un nouveau chapitre de son histoire. L’entreprise créée en 1982 par Pascale et Yves Sertelet œuvrait à ses débuts dans la rénovation des charpentes de maisons individuelles.
Le duo de fondateurs a franchi un premier cap dans les années 2000 en orientant l’activité vers la construction neuve (charpentes et structures bois) et la préfabrication en atelier, pour des donneurs d’ordres publics et privés. L’industrialisation des procédés indispensable à ce virage a suscité des investissements dans des centres de taille de charpentes, des tables de montage d’ossatures bois, ainsi que dans 4 000 m2 de nouveaux ateliers.
Plusieurs réalisations emblématiques sont à porter au crédit de Sertelet dans le Grand Est : le nouveau bâtiment de l’Inrae (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) en 2011 à Champenoux (Meurthe-et-Moselle), la résidence Jules Ferry en 2013 à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), à l’époque une référence nationale de la construction bois en hauteur, le nouveau collège Elsa Triolet en 2020 à Thaon-les-Vosges (Vosges), etc.

La deuxième génération de dirigeants familiaux incarnée par Aurélie Ter-Heide et Guillaume Sertelet (lire encadré) engage cette année la seconde étape du développement de l’entreprise de 55 salariés (chiffre d’affaires de 5,5 millions d’€ en 2021). Cette étape s’incarne dans le lancement d’un nouveau produit commercialisé sous la marque Kaïdobôh® ; comprendre « morceau de bois » en patois vosgien. Le produit est inspiré d’un système constructif suisse.
Il s’agit d’un mur massif composé de six à huit couches de planches d’épicéa disposées à plat, empilées selon des orientations différentes et assemblées par chevillage. Une solution également déclinée en planchers.
Le produit joue de ses atouts environnementaux pour concurrencer l’ossature bois classique ou encore les panneaux lamellés croisés CLT (Cross laminated timber). Les planches sont en épicéa de provenance locale. Les chevilles en hêtre, une essence très présente dans le massif vosgien, permettent un assemblage sans clou, ni vis, ni colle. Les performances thermiques seraient supérieures à celles du bois massif, annonce Sertelet. Le produit permettrait enfin la valorisation de petites planches de scierie de classe 3, autrement dit des bois sans grande valeur esthétique, seule la couche intérieure, visible, faisant exception à la règle.
Maison-témoin à venir

Les 3 millions d’€ investis par l’entreprise familiale avec le soutien de fonds européens ont permis de lancer le projet Kaïdobôh® tout en augmentant les capacités de production en charpentes et structures bois. La construction d’une extension accueille dorénavant une ligne de production dernier cri, associant un portail de pose des planches, un portail de chevillage et un centre d’usinage polyvalent.
« Notre produit au top d’un point de vue écologique va également donner de l’activité aux entreprises locales. Il devrait en parallèle permettre de placer Sertelet sur le marché de la construction de maisons individuelles », précise Aurélie Ter-Heide, cogérante de la société. L’entreprise qui se positionne essentiellement en réponse à des appels d’offres de marchés publics ou privés, a du également réfléchir à la commercialisation de sa nouvelle gamme.
Pour cette partie, elle a noué un partenariat avec l’entreprise de promotion immobilière Immoville Di Florio à Saint-Dié-des-Vosges. Une résidence étudiante en cours de construction à Epinal a d’ores-et-déjà utilisé ce procédé pour ses planchers. Enfin, une première maison témoin à Provenchères-sur-Fave en fera des murs porteurs.

Si le couple de fondateurs, Pascale et Yves Sertelet, demeure toujours actif au sein de l’entreprise familiale, il y a trois ans, ils ont transmis le flambeau à leurs enfants Aurélie Ter-Heide, responsable du bureau d’études (8 personnes) et Guillaume Sertelet, directeur général.
Le nouveau duo de dirigeants est très complémentaire. La première a suivi un cursus d’ingénieur à l’Ecole nationale des technologies du bois d’Epinal (Enstib), tandis que le second a bénéficié d’une formation technique au travers d’un CAP menuiserie et d’un brevet professionnel charpentier bois.




























.jpg)













.png)
















