Rien ne va plus dans le bâtiment qui ne dispose plus des matériaux nécessaires à son activité, ou alors les reçoit au compte-gouttes et, de surcroît, doit les payer à des tarifs de plus en plus inflationnistes sans condition de délais de livraison. Sous l’égide d’Unpact 21, l’association informelle des syndicats patronaux, des fédérations professionnelles et des chambres consulaires de Côte-d’Or, les professionnels lancent un cri d’alerte qui retentit et s’amplifie dans tout l’Est de la France, victime de la même situation.


Plus de bois, plus de ferraille, plus de tôles, un manque crucial de composants électriques, comme électroniques... L’inventaire n’est hélas pas exhaustif. Faut-il ajouter à cela, aucune garantie de prix et de délais, faute de stocks ? Pas tout à fait car certains magasins de bricolage pour particuliers sont forts bien garnis. « Ce qui m’interpelle », dénonce Jean-Sébastien Nonque pour la Capeb.

 

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Dans le cadre d’Unpact 21, l’association informelle de syndicats patronaux, fédérations professionnelles et chambres consulaires, réunie ce mardi 6 juillet à la CCI de Côte-d’Or, le monde du bâtiment lance un cri d’alerte. « Nous avons des carnets de commande d’un, voire un an et demi, avec des devis signés sur des prix fermes et définitifs et nous ne pouvons les respecter »,  se désespère le métallier  Eric Boudier, au nom de la CPME.

A ce paradoxe s'en ajoute un autre, décrit Frédéric Demongeot, président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) de Côte-d’Or.  « Le bâtiment a créé pas moins de 48.000 emplois depuis le début de l’année, forme des apprentis en plus grand nombre, 10% de plus dans les CFA, et va devoir recourir au chômage partiel en raison de chantiers à l’arrêt forcé. » « Quelle gabegie ! », dénonce le représentant de la Capeb.

Le risque d’une crise du secteur

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Les charpentiers métalliques sont dans la même situation que leurs confrères du bois en raison d'une flambée des prix de tous les métaux pour la construction : ferraillage, tôles... © Shutterstock

 

Alors que faire face à cette situation qui s’explique par une forte reprise en Asie, comme aux États-Unis, et qui siphonne bois, métaux et composants en plastique, faisant monter les prix à des hauteurs parfois astronomiques. « Il faut convenir d’une révision des tarifs tout au long des chantiers, d’un gel des pénalités de retard et d’un arrêt des exportations de nos matériaux au nom de la pure spéculation », clament de concert Régis Penneçot, au nom de la Chambre des Métiers, Jean-François Buet pour le Medef et Stéphane Gazelle, adhérent de la FFB.

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« Nous en appelons aux pouvoirs publics et voulons en ce sens rencontrer le préfet de région, car si rien n’est fait, 30% des chantiers en cours risquent l’arrêt, ce qui provoquera à terme une crise majeure du bâtiment, et quand le bâtiment ne va pas… », sous-entend Emmanuel Chevasson, au nom de la FFB et patron du groupe PM Industrie, fabricant de fenêtres.

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De gauche à droite : Eric Boudier (CPME); Emmanuel Chevasson (FFB); Jean-François Buet (Medef); Régis Penneçot (Chambre des Métiers); Xavier Mirepoix (CCI Côte-d'Or); Frédéric Demongeot, président de la FFB (Côte-d'Or); Stéphane Gazelle (FFB) et Jean-Sébastien Nonque (Capeb). © Traces Ecrites


Aux côtés de Xavier Mirepoix, président de la CCI Côte-d’Or, l’ensemble des participants assurent qu’ils ne veulent pas d’argent public, à l’exception d’un crédit d’impôt sur le surcoût des matières premières. Car ce qu’ils souhaitent ardemment, ce n’est pas « plus d’État, mais mieux d’État. » Avec le risque, sinon, que ce cri d’alerte se transforme en cri d’alarme.

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