450 entrepreneurs de Côte-d’Or se sont réunis à la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin à Dijon jeudi soir dernier à l'invitation du Medef pour essayer, ensemble, de bouger les lignes autour de trois axes : environnement, performance économique et industrielle, et social. Neuf startupers pitchers sont également venus défendre leur projet entrepreneurial novateur.


« Bouger les lignes »
était le thème retenu par le Medef de Côte-d'Or pour cette édition 2022 de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) 21, anciennement université d'été, qui a été fréquentée par 450 chefs d'entreprise du département. L’événement annuel était organisé dans la grande salle du cinéma Pathé de la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin de Dijon, jeudi 29 septembre dernier.

Plusieurs intervenants de prestige ont livré leur interprétation de ce mot d’ordre dans les domaines de l’environnement, du social, et de l’économie : le navigateur Marc Thiercelin, la cheffe étoilée Helène Darroze et un duo composé de l’économiste Christian Saint-Etienne et du vice-président du Medef national, Fabrice Le Saché.

Très attendue, Hélène Darroze, qui dirige trois établissements en France et un à Londres, a revendiqué le « management bienveillant » qu’elle exerce vis-à-vis de ses équipes et qui constitue un excellent moyen de fidéliser celles-ci, à l’heure d’une pénurie générale de candidats, dans les métiers de la restauration et bien au-delà. « Après la crise sanitaire, la vie personnelle et les loisirs prennent beaucoup de place par rapport à la vie professionnelle de nos collaborateurs. C’est une réalité, qui ne va pas changer, qui n’est pas conjoncturelle, et à laquelle il faut s’adapter », détaille-t-elle.

 

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Dans tous ses restaurants français, y compris le double étoilé parisien Marsan de la rue d’Assas, la « meilleure femme-chef du monde » 2015 met en place un service sur 4 jours, avec 3 jours de repos pour ses salariés, ainsi que dans la mesure du possible, un service continu et pas « en coupure ». « J’essaye aussi de leur faciliter la vie, en mettant à disposition un service de blanchisserie, des séances de massage et des formations régulières pour les aider à évoluer dans leur métier », décrit la quinquagénaire.

Surtout, Hélène Darroze tente de faire percevoir la valeur de son entreprise et de son projet, pour que celle-ci soit partagée par ses collaborateurs. « Je ne dis jamais “je”, mais toujours “nous”. L’équipe est essentielle, je ne suis rien sans elle », martèle-t-elle. La cheffe estime que sa profession évolue dans le bon sens, malgré « un retard énorme ». Terminé l’esprit militaire des brigades à papa, place à un esprit de collaboration apaisé.

Cette même bienveillance anime Fabrice Le Saché, vice-président du Medef national qui a rendu un hommage appuyé à David Butet, président du MEDEF Côte-d’Or. « Il a traversé, pendant le Covid, une période très difficile, à la fois pour lui, et pour son entreprise, le groupe de communication CDVA. Mais il a époustouflé notre bureau national en continuant d’aider les autres entrepreneurs, alors même qu’il était impacté. Il faudrait organiser une session spéciale des pitchs entrepreneurs avec David à propos de sa résilience », a-t-il lancé avant de dérouler quelques-uns des thèmes classiques du mouvement patronal, dont le fait d'être « ralenti par une quantité de choses sur lesquelles je n’ai pas, individuellement, de prise : le droit social, la fiscalité, le foncier, l’énergie, les normes. »

 

Appel à l'esprit de volontarisme des dirigeants

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La célèbre cheffe Hélène Darroze a transmis son esprit entrepreneurial aux auditeurs. © Arnaud Morel


Le Medef veut que cet encadrement, s'il est peut-être nécessaire, soit le plus simple possible. Face à son vice-président, Christian Saint-Etienne, économiste et universitaire, a lancé un appel au « volontarisme » des chefs d’entreprise français et au-delà pour que le pays demeure une grande puissance économique. « Le potentiel de la France est incroyable, si bien que je me demande comment nous pouvons merder (sic) à ce point malgré nos richesses. Comment, par exemple, pouvons-nous nous laisser grignoter par l’Allemagne dans le domaine spatial ? », s’interroge-t-il.

Pour lui, l’heure doit être aux signaux forts, et il a même sa petite proposition en la matière : « demain, nous pourrions créer un grand ministère de l’industrie, auquel seraient rattachés l’énergie, l’innovation et la formation professionnelle. Il nous faut aussi identifier 3 à 4 filières clefs et nous donner quelques années pour les faire émerger et les consolider. » L’idée séduit Fabrice Le Saché : « nous avons raté la vague des GAFAM, nous ne devons pas louper les prochaines. »

 

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La première intervention était revenue au navigateur Marc Thiercelin qui a participé à 22 transatlantiques. L’aventurier, qui est aussi entrepreneur, a plaidé pour une « écologie entraînante ». « J’aime énormément la nature, mais je ne me définis pas comme écolo. Je déplore le côté anxiogène de l’écologie punitive. On va tous mourir, certes, mais au moins, on peut faire des choses en attendant que ça arrive », ironise-t-il.

L’entreprise, elle, a un rôle à jouer en matière d’écologie, estime-t-il. « Je crois au collectif en mouvement, dans la vie et dans l’entreprise. Nous ne parviendrons à entraîner tout le monde que si l’écologie est aussi un plaisir et, pour les entreprises, une occasion de gagner de l’argent ». À méditer.

 

Ektah, lauréat du concours de pitchers, veut en finir avec l’obésité

Pas moins de 9 responsables de start-up côte-d’oriennes sont venus « pitcher » leur projet. En quelques minutes, ils devaient détailler en quoi ce projet faisait « bouger les lignes ». Doit-on être surpris, dès lors, que le lauréat cherche à aider les humains à « garder la ligne » en combattant l’obésité et sa cohorte d’effets délétères ? L’entreprise Ektah, fondée en juillet 2021 par quatre chercheurs de l’université de Bourgogne — Naim Khan, Aziz Hichami, Amira Sayed et Xavier Boldevezi — cherche à développer un traitement contre l’obésité à base de leurres lipidiques, qui reproduisent le goût du gras, mais sans apporter de calories. « Nous avons deux candidats médicaments en étude phase 1 et nous cherchons 7 millions d'€ pour notre phase 2. Nos ambitions sont mondiales, mais il demeure difficile de lever des fonds en région pour des projets comme le nôtre », a détaillé Xavier Boldevezi, dont le pitch a séduit l’auditoire.

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