Evolution. A la Spielwarenmesse, salon du jouet de Nuremberg en Allemagne, qui s'est déroulé du 3 au 8 février dernier, les fabricants chinois font maintenant partie intégrante du paysage.

Raison de plus pour les industriels jurassiens de se montrer à cette mecque de l'industrie du jouet, et de remplir leurs carnets de commande pour Noël prochain.

L'occasion de faire une tournée de quelques entreprises du secteur qui emploie environ 1000 personnes dans le Jura et plusieurs centaines d'autres dans le département voisin de l'Ain.

Jeu Jura : les valeurs sûres.

Authentique fabricant français de jeux et jouets en bois comme on en fait plus beaucoup, Jeujura à Saint-Germain-en-Montagne s'apprête à fêter son centenaire.

Le chalet suisse en bois, véritable jeu de patience avec ses quelques 240 pièces à monter, a déjoué les turbulences de l'industrie du jouet traditionnel.

Rachetée en 2006 par le leader de la carte à jouer, France Cartes -une société toujours familiale-, l'entreprise jurassienne (30 salariés) joue à fond le développement durable.

Depuis les années 80, elle utilise du bois PEFC et des teintes à l’eau, un choix devenu tendance, comme l'a montré le salon de Nuremberg.

Smoby Toys : retour à l'investissement.

Dirigée par Thomas Le Paul  à Lavans-lès-St-Claude, Smoby Toys (455 salariés) incarne la renaissance de l'industrie jurassienne du jouet, après l'effondrement des deux marques phares du jouet français Smoby et Berchet (900 personnes à eux deux en 2000).

Ressuscités sous la coiffe de l'allemand Simba Dickie Group (500 millions d'euros de chiffre d'affaires, effectifs partagés entre l'Europe et la Chine), les deux marques phares retrouvent en 2010 les fameuses voitures Majorette qui avaient quitté l'escarcelle de Smoby, au moment du démantèlement du groupe.

L'entreprise réinvestit dans son outil de production français avec une nouvelle usine de 5000 m² à Arinthod et l'objectif de réduire sa consommation énergétique de 70 %.

Ecoiffier : la Chine moins performante qu'hier.

Sous la direction de Smoby en 2000, Ecoiffier revient au bercail en 2008, à la barre du tribunal. Jacques Ecoiffier, ancien patron des établissements éponymes à Bellignat (Ain) qui l'a rachetée, tient bon sur son segment historique, le jouet en plastique d'entrée de gamme, tiré par brique de construction junior Abrick, n°2 en France après Légo.

Le maintien de sa production en France est aussi une performance. Une situation que le dirigeant juge aujourd'hui plus avantageuse qu'hier, car «en Chine, les délais de livraison s’allongent et les prix augmentent considérablement».

Falquet : le salut de l'export.

Didier Sogno et son fils Yvain dirigent cette entreprise familiale de jouets en plastique, spécialiste du tracteur à pédales, qui emploie 70 personnes à Oyonnax.

Selon eux, la décennie à venir va encore connaître une concentration dans la distribution et chez les fabricants, qu'ils déjouent par un développement continu à l’export, pour la moitié du chiffre d'affaires.

Janod : la tradition a du bon. En 10 ans, Janod (42 salariés) à Orgelet est devenu l'un des leaders français du jouet en bois. Le renouvellement régulier de son offre adossée à une forte force de vente et à un bureau de recherche et développement, lui vaut une remarquable percée à l'exportation en 2010. La recette réussit à Pascal Bernard, le dirigeant, plutôt optimiste quant à l'avenir du jouet traditionnel. Le fabricant vient de décliner une collection de jouets à traîner "Les Bambins des bois", 100 % made in Jura avec du bois PEFC.

Lire aussi : www.tracesecritesnews.fr/2010/12/17/au-bon-vieux-temps-des-jouets-en-bois/ www.tracesecritesnews.fr/2011/02/15/du-bois-dont-on-fait-des-jouets-chez-vilac/ Verbatim. Impression d'un visiteur avisé, Jean-Claude Moser, de la boutique Le Baldaquin à Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire) qui se rend au salon de Nuremberg depuis 1978 !

«La première chose qui me vient à l'esprit est la disparition des fabrications traditionnelles allemandes, italiennes et françaises dans leur quasi totalité (pour le jouet bois) au profit de grosses productions asiatiques (Chine, Thaïlande, etc...) effaçant le côté élitiste que pouvait avoir le jouet en bois, mais participant à une plus grande diffusion de ces articles.

On assiste à une vraie démocratisation des produits, une baisse de prix due au lieu de production, mais aussi à la disparition du jouet artisanal que les clients espéraient trouver dans nos magasins. Le jouet du Jura, de la Forêt Noire ou du nord de l'Italie font encore aujourd’hui parti de l'imaginaire de nos clients.»

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