Fortement implanté dans le nucléaire et la défense, SEEB récupère, avec le rachat de Collet et Amblard, de nouveaux marchés dans le secteur de l’énergie, qui connaît une pleine croissance. Le groupe déjà préalablement constitué de trois sociétés verra ainsi son chiffre d'affaires dépasser la barre des 40 millions d'€ à l'issue de l'exercice en cours.
SEEB grandit. L’usineur de haute précision établi à Chauffailles (Saône-et-Loire) vient d’acquérir Collet et Amblard à Veurey-Voroize dans l’Isère. Cette PME qui appartenait depuis 2008 au Lyonnais Mécapole Energie se trouvait en redressement judiciaire.
Comptant 30 salariés pour un chiffre d'annuel annuel de 3,5 millions d'€, elle fabrique des machines industrielles complexes pour le nucléaire, les énergies renouvelables et l’hydroélectricité. « Collet et Amblard présente la caractéristique d’être dédiée à 100% aux métiers de l’énergie, et, en élargissant, aux transports de fluides », précise Patrick Dejean, le président du groupe SEEB qui entend « jouer un rôle dans les filières stratégiques de demain : énergie, défense et développement durable. »
Cette croissance externe va alimenter celle organique du groupe SEEB qui compte 230 salariés. Le chiffre d'affaires situé à 36 millions d'€ à l'issue de l'exercice 2022-23 doit passer à 42 millions d'€ durant celui en cours.
Par cette acquisition, SEEB récupère un gros client, Orano. Dans le nucléaire, Collet et Amblard façonne aussi des pièces de protection des sondes de réacteur pour Framatome, ainsi que des vannes de sécurité sur des réacteurs pour le projet Stabcor de sécurisation - par le confinement et le refroidissement du corium - de la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret) conduit par le groupe Vinci et EDF. Ces derniers outils de pointe ont été mis en place suite aux enseignements de la catastrophe de Fukushima.
Avec sa nouvelle filiale, SEEB s’inscrit également dans un travail de précision sur des pièces de carburant destinées à la fusée Ariane 6, ainsi que sur les vannes de barrages et centrales hydrauliques, comme celle de Kembs dans le Haut-Rhin.

De belles perspectives s’offrent ainsi à la société basée dans un bourg de 3.700 habitants à l’extrémité sud de la Bourgogne. SEEB a été créé en 1927 par un mécanicien, Etienne Boffet, dans une activité de mécanique générale qui s’est orientée ensuite vers l’usinage. Aujourd’hui, le groupe est détenu à 60 % par une société familiale (une quarantaine de descendants du fondateur). Outre sa nouvelle acquisition grenobloise, il comprend trois autres filiales : SEEB Industrie, SEEB Automation et LBL Brenta.
La première travaille sur des pièces sensibles de réacteurs nucléaires, par exemple d'énormes goujons de fixation des cuves (des pièces de 2,5 mètres), des adaptateurs, etc. pour des centrales comme celle d’Hinkley Point en construction en Angleterre. Pour les besoins grandissants dans cette filière de l'atome, le groupe vient d’acquérir un tour numérique à 5 axes qui vise la réalisation de pièces de grande dimension pour les EPR de nouvelle génération.

Vers le regroupement sur un site à Chauffailles

SEEB Industrie intervient également dans le secteur de la défense, auprès de Nexter et Naval Group. Elle façonne des pièces (châssis) pour des véhicules militaires blindés de type Griffon ou Serval, ou encore le bras et le traîneau du canon Caesar, l'une des armes d’artillerie fournies à l’Ukraine. Elle réalise aussi des usinages de châssis de tramway ou de TGV pour Alstom au Creusot (Saône-et-Loire) et fournit des équipements de chantier, notamment pour les groupes Bobst et Michelin.
La filiale automation se concentre, pour sa part, sur le 4.0 au croisement de la robotique et de la chimie. Elle conçoit le montage de lignes de production. Elle crée des machines pour la pose d’insonorisations pneumatiques pour des donneurs d'ordre comme Michelin et elle fournit des systèmes d’automatisation.

Quant à l’activité de LBL Brenta, elle concerne la conception, l’assemblage électromécanique et l’installation de matériel dans les scieries, un marché sur lequel elle revendique la place de leader en France. Elle développe également des logiciels destinés à améliorer la découpe et le rendement de la matière.
Ces activités sont aujourd’hui réparties sur trois sites différents à Chauffailles. Mais sans doute pas pour très longtemps, car SEEB envisage de les réunir sur un lieu, toujours dans la petite commune du sud de Saône-et-Loire, à laquelle elle fera ainsi un bel acte de fidélité.
Face aux difficultés de recrutement de personnel formé, le groupe SEEB a monté depuis trois ans sa propre école d’usinage, en lien avec Pôle Emploi et le groupe de travail temporaire Manpower.
Le choix des candidats s’opère via la méthode de recrutement par simulation (MRS), après une première sélection. Les élèves retenus enchaînent formation théorique et alternance dans l’entreprise, qui est située juste en face de leur salle de cours.
A l’issue, les candidats peuvent obtenir le CQPM (Certificat de Qualification Paritaire de la Métallurgie). La troisième promotion qui a démarré cette rentrée est composée de 8 personnes. Le groupe affiche l’ambition de constituer plus largement une « SEEB académie », afin de transmettre les savoir-faire de l’entreprise, y compris en automatisme, et de faire évoluer ses salariés.





















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