Le groupe de spiritueux exploite six filiales en Pologne et deux sites de production, la plupart spécialisés dans la vodka.
Le groupe de spiritueux exploite six filiales en Pologne et deux sites de production, la plupart spécialisés dans la vodka.

SPIRITUEUX. La réponse appartient dorénavant aux actionnaires convoqués à une assemblée générale extraordinaire le 12 février prochain.

Placé en redressement judiciaire devant le tribunal de commerce de Dijon, le groupe de spiritueux Belvédère est face à une alternative claire.

Soit il apure une dette auprès de ses créanciers de 537 millions d’€, soit le tribunal prononce une liquidation pure et simple, d'autant que l'entreprise supporte 130 autres millions d'€ de passif.

Face au plan défendu par l’administrateur judiciaire et les conseils de l’entreprise, Nicolas Miguet et son association de petits porteurs en défendent un autre.

Présentation des propositions de chacun.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Coté à la bourse de Paris, le groupe Belvédère (environ 900 millions d’€ de chiffre d’affaires, 3 300 salariés, dont 710 en France), longtemps domicilié à Beaune (Côte-d'Or) , va t-il clore une saga judiciaire qui défraye la chronique économique depuis tant années ?

Les actionnaires convoqués à une assemblée générale extraordinaire, le 12 février prochain, en décideront. Le choix qui s’offre à eux est relativement simple.

Soit ils acceptent le plan de restructuration négocié avec les créanciers pour solder une dette de 537 millions d’€, soit le tribunal de commerce de Dijon (Côte-d’Or), qui a placé l’entreprise et la plupart de ses filiales en redressement judiciaire le 20 mars 2012, prononce sa liquidation.

Un accord a été conclu en septembre dernier avec les principaux créanciers -dont l’acteur Bruce Willis -, détenteurs d’obligations à taux révisable, dites FRN, pour un montant de 441 millions d’€.

Un second l’a été dans la foulée avec les créanciers subordonnés qui possèdent pour 96 millions d’€ d’OBSAR (obligations convertibles en action).

Ce plan de restructuration de la dette prévoit plusieurs scenarii. Si Belvédère parvient à céder ses actifs : vodka Sobieski, whisky William Peel, liqueur Marie Brizard…, pour un montant d’au moins 310 millions, les créanciers FRN solderont leur créance en empochant 55% du capital. Si les cessions ne dépassent pas 275 millions, ils obtiendront 74% des actions.

Mais les marques de Belvédère, parmi lesquelles figurent également Pastis Berger et le whisky Glen Rogers’s, peuvent-elles atteindre de tels montants ? Rien n’est moins sûr.

Marque phare du groupe Bélvédère avec Marie Brizard, la vodka Sobiesky a comme ambassadeur aux États-Unis l'acteur Bruce Willis.
Marque phare du groupe Bélvédère avec Marie Brizard, la vodka Sobiesky a comme ambassadeur aux États-Unis l'acteur Bruce Willis.

Des offres de reprise d’actifs

«J’ai reçu à ce jour 13 offres, dont  certaines émanent de grands groupes mondiaux de spiritueux. Une seule, qui est à ce stade une lettre d’intention émanant d’un investisseur américain, non spécialiste du secteur et souhaitant acquérir le pôle vodka, permet d’approcher le seuil de 310 millions d'euros. Elle reste à préciser et à confirmer», indique Frédéric Abitbol, l’administrateur judiciaire.

C’est pourquoi, une autre proposition sera également soumise à l’approbation des actionnaires. Les créanciers abandonneraient leur dette et recevraient en échange 87% des actions ; le solde, soit 13%, restant détenu par les milliers de petits porteurs.

«Si le plan est validé, le groupe pourra repartir sur des bases saines», défend l’administrateur.

Nicolas Miguet et son association d’actionnaires individuels ne l’entendent pas de cette oreille et comptent jouer les empêcheurs de tourner en rond.

«Je déciderai en dernier ressort car je représente une très large majorité des quelque 10 000 actionnaires de Belvédère», assure t-il. Le journaliste et conseil boursier, compte faire accepter l’idée d’un plan de continuation intégrant un remboursement de la dette sur 7 à 10 ans. «Cela pourra aller plus vite en cas de vente d’actifs, mais à un juste prix», plaide t-il.

«Monsieur Miguet n’a soumis cette proposition, peu réaliste au regard de la situation financière, ni à Belvédère ni à l’administrateur judiciaire, pourtant seuls compétents pour présenter un plan», assure maître Abitbol.

Crédit photos : Belvédère

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