MÉTALLURGIE/JURA. Le fabricant de forets de Poligny augmente ses capacités de production et réorganise ses flux à l'aune d’un investissement de 8,5 millions qui sera opérationnel au printemps prochain.
L’entreprise familiale amorce également une longue période de recrutement, pour faire face à une cinquantaine de départs à la retraite ces prochaines années.

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L'extension en construction dans le prolongement de l'atelier actuel de forêts pour le bâtiment.

 

Au printemps prochain, Diager déploiera son outil de production dans un nouveau bâtiment de 1.600 m2, en construction dans le prolongement de l’actuel, au coeur de la zone industrielle de Poligny. Les lignes de fabrication s’étendront sur un linéaire de 90 mètres, un gabarit apte à supporter une augmentation des volumes. Ces dernières années, l’entreprise familiale sise à Poligny affiche une croissance régulière de son chiffre d’affaires, de 3 à 5% par an.

L’investissement s’élève à 8,5 millions d’€ (bâtiment et machines). Il s’accompagne de la création d’une quinzaine d’emplois qui amorce une longue période de recrutement puisque d’ici 2025, une cinquantaine de postes (sur un total de 270) seront remplacés, pour cause de départ à la retraite. Des fraiseurs, des tourneurs, des mécaniciens...

Installée dans le Jura depuis 1968, Diager qui signifie (DIAmant et defouGERES) accueille aujourd’hui la troisième génération de la famille originaire de Saint-Claude qui avait démarré dans la région parisienne. Audrey, la nièce du président François Defougères est entrée dans l’entreprise pour s’occuper du secteur industriel. L’actionnariat est 100% familial, caractéristique qui a valu à l’entreprise de recevoir début décembre, le Prix de l’actionnariat familial des ETI, organisé par BFM Business et la Banque Palatine.

 

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Diager fabrique des outils professionnels de perçage, essentiellement des forets en acier et carbone, de toutes tailles, de 0,4 mm à 4 mètres! Les 2/3 des utilisateurs sont les professionnels du bâtiment, maçons, électriciens, plaquistes etc. pour perforer toutes sortes de matériaux, le béton armé, le granit, le carrelage…

L’entreprise développe aussi des outils pour l’industrie de l’aéronautique et l’automobile dédiés à des opérations de perçage, fraisage, alésage, meulage : ceux-ci sont alors usinés au micron près, en petites séries, voire en une pièce unique.  Ses domaines de compétence s’étendent aux outils diamant et au vissage avec le rachat, en 2013, du fabricant allemand d’embouts, USH qui fabrique toujours les outils de vissage.


3% du chiffre d’affaires dans la R&D

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© Traces Ecrites.

 

Dans ce secteur très concurrentiel, l’entreprise mise sur l’innovation et la modernisation de son outil de production. Son P-DG, François Defougères a participé au programme Accélérateur de Bpifrance pour se donner une visibilité à moyen terme et identifier la dimension digitale de l’usine. Depuis, plusieurs postes de travail ont été robotisés. Et la nouvelle organisation dans l’extension vise des gains de productivité.

La R&D mobilise 3% de son chiffre d’affaires de 45 millions d’€. Pour les ingénieurs rejoints dans la recherche de solutions par des groupes de travail de salariés et des professionnels du bâtiment,  l’enjeu est d’inventer des outils plus résistants et mieux adaptés à la sécurité des utilisateurs. « La santé au travail guide l’évolution de nos gammes pour minimiser les risques de TMS  », explique François Défougères.

Diager a ainsi mis sur le marché des outils qui réduisent l’impact des vibrations des perceuses ou encore aspirent les poussières grâce à une tête équipée d’un système d’évacuation. L’évolution de la gamme de produits va de pair avec la démarche RSE et la certification Iso 14001 auxquelles le P-DG se montre très attaché. La chaleur générée par les machines est récupérée pour chauffer les ateliers et les déchets de production (principalement de la limaille) sont recyclés.

La résistance des matériaux guide aussi la R&D, tels ce foret en carbure monobloc avec 10 taillants qui permet de percer de gros fers à vitesse rapide. « Un gros succès en Amérique du Nord », précise le dirigeant qui se félicite de réaliser la moitié du chiffre d’affaires à l’export. En 2011, l’entreprise s’était installée au Mexique pour reconquérir le continent américain après la crise de 2008.

 

LCRDijon


Comment fabrique t-on un foret ?

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La fabrication d’un foret démarre d’une barre d’acier découpée à la longueur du produit final et usinée pour former l’emmanchement, c’est-à-dire la partie qui est insérée dans la perceuse. © Traces Écrites.

 

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Les pièces sont tournées par enlèvement de matière en forme d’hélice : c’est la tige qui permet de percer les trous. La forme de l’hélice varie en fonction de la dureté du matériau à perforer. © Traces Écrites.

 

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L’extrémité est fendue pour y sertir la tête de l’outil faite dans un acier d’une résistance qui varie selon l’usage, le carbone étant utilisé pour les matériaux ferreux. © Traces Écrites.

 

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Les pièces sont trempées à 1.200 degrés pour une meilleure résistance. L’opération de grenaillage (nettoyage des aspérités) peut être manuelle.© Traces Écrites.

 

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Au final, les forets sont redressés, étape qui permet de vérifier leur linéarité dont dépend leur solidité. © Traces Ecrites.

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