MÉTALLURGIE. L’entreprise polignoise (Jura), numéro un français des produits de perçage et leader européen pour les forets, veut renouer avec la croissance après la dernière crise économique qui ne l’a pas épargnée.

L’optimisation de ses process ainsi qu’une innovation conduite à marche forcée devrait lui ouvrir un avenir meilleur. En France comme à l’étranger.

François Defougères (47 ans) raconte l’histoire de Diager, entreprise fondée par son père à Paris en 1953 et spécialisée dans l’outillage industriel, avec un enthousiasme communicatif. «Originaire de Saint-Claude, mon père décide de s’installer dans sa région lorsqu’en 1968 le gouvernement souhaite que de nombreuses industries quittent la capitale», explique le dirigeant.

La réimplantation se fera ce fameux mois de mai 68 à Poligny (Jura) qui dispose de vastes terrains propres à faciliter tout besoin d’extension. Bonne pioche ! Aujourd’hui, le fabricant exploite huit bâtiments, est devenu le numéro un français des produits de perçages : forets, mèches, pics…, avec Diager SAS (28 millions d’€ de CA, 200 salariés) et compte parmi les tout premiers européens du secteur.

Il développe également une production d’outils d’usinage en carbure avec Diager Industrie (8,5 millions d’€ de CA 95), que dirige Jean-Paul Defougères (54 ans), le frère aîné de François, et une activité de négoce avec la société Microbat (1 million d’€ de CA, 4 salariés).

Gains de productivité

«Nous nous appuyons également sur deux filiales de commercialisation : Singapour pour l’Asie et Chicago pour le marché nord américain, ainsi qu’une usine dédiée à des fabrications plus low cost et située à Querétaro au Mexique», indique François Defougères.

Malgré son ancrage et une forte notoriété acquise depuis plus d’un demi-siècle, Diager n’a pas été épargnée par la crise de 2009-2010. L’activité s’est rétractée de 20%, notamment à l’export.

Pour rebondir, l’industriel injecte pas moins d’un million d’€ en R&D, dans l’optimisation de ses process et l’acquisition de nouvelles machines afin de générer d’importants gains de productivité. Et l'innovation : 10 à 11% du CA consacrés à la R&D.

Les premiers résultats portent déjà leurs fruits. Le lancement d’un outil de perçage pour l’extraction minière (jusqu’à un mètre de longueur et 45 millimètres de diamètre), apte à travailler les roches dures, fait merveille dans les exploitations d’Amérique du Sud.

Un nouveau pic hélicoïdal dédié spécifiquement au béton précède tout juste la mise sur le marché d'un foret Brikster innovant, adapté aux produits en terre cuite. «Il offre une qualité de trou et évite tout éclatement de la matière, notamment pour les tuiles et briques creuses», explique Guillaume Lesecq, responsable du marketing.

«Nous devons en permanence rester un agitateur de notre marché, développer les services et mieux accompagner nos ventes, tant en marque distributeur que sous nos propres couleurs», argumente François Defougères.

Une stratégie qu’il espère payante pour demeurer l’un des derniers indépendants. Une position à préserver lorsque l’on sait que Diager a failli passer sous le contrôle d’un groupe suédois en 1995. Mais c’était deux ans avant que l’entreprise ne soit transmise à la seconde génération viscéralement attachée à l'entreprise.

Crédit photo: Diager et Kévin Muzic (Made in Jura)

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