Tour à tour bureau d’études, maître d’œuvre et assistant à la maîtrise d’ouvrage, Seturec se confectionne sa vitrine, avec un bâtiment de bureaux biosourcé à énergie positive à Dijon. D’autres vont voir le jour dans l'agglomération, signés de cette entreprise qui a fait de la réduction de notre empreinte carbone la priorité dans tous ses projets.


Seturec n’a pas attendu que nous soyons au pied du mur du réchauffement climatique pour se préoccuper de construction durable. Il a conçu dès 2009 le premier bâtiment tertiaire à énergie positive de la région, qui se trouve être son siège : Le 255, un immeuble de 3.400 m2 dans le quartier d’affaires de Valmy qui commençait à émerger à cette époque.

Sa performance, Le 255 la doit à une approche architecturale veillant à traiter les ponts thermiques et l’étanchéité à l’air, ainsi qu'à des dispositifs actifs : chaufferie bois, récupération des eaux de pluie, capteurs pour réguler l’éclairage, 450 mde panneaux photovoltaïques en toiture… Il comprit même à ses débuts une petite éolienne designée par la star du genre, Philippe Starck.

Seturec est ainsi implanté dans une réalisation vitrine. Fondée en 1966 par Jean Billot et Michel Lambert, elle a été reprise en 2005 par Guillaume Guerlot, ingénieur formé à l’École supérieure des travaux publics (ESTP) qui lui a donné un nouvel élan, en prenant le virage de l’écoconstruction.

L’entreprise, à la fois bureau d’études, maître d’œuvre et assistant à maîtrise d’ouvrage, emploie désormais une vingtaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires annuel de 2 millions d’€. Dans la liste de ses références, figurent un grand nombre de domaines viticoles, mais également des entreprises tertiaires ou industrielles, des hôtels, des services publics (mairie, crématorium…), des commerces ou encore des bâtiments logistiques. Seturec ne s’interdit rien, travaillant principalement en Bourgogne-Franche-Comté mais étendant aussi son savoir-faire dans toute la France.

 

Coup d’essai réussi avec Géo 1

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Géo 1 (siège d’Ymag) est un bâtiment tertiaire biosourcé à énergie positive.


L’un de ses projets les plus récents a consisté en la livraison, fin 2022, du nouveau siège de l’entreprise dijonnaise de services informatiques Ymag. Une réalisation qui a fait le buzz tant le concept est exemplaire. « Entre Le 255 et Géo, nous n’avons pas cessé de poursuivre la réflexion afin d’élaborer un modèle qui réconcilie le travail, la qualité de vie et l’environnement », explique Laurent Haas, responsable commercial de Seturec. La construction se fonde sur une base en béton bas carbone sur laquelle sont dressés des murs composés de paille isolante issue d’exploitations agricoles côte-d’oriennes qui est compressée entre des panneaux de bois du Jura. Le bardage extérieur mêle fibres de bois et résine polymère. Le bois est par contre absent de la façade, afin de limiter les coûts de maintenance.

 

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Le résultat : un bâtiment extrêmement bien isolé, très bien ventilé, offrant une qualité de vie remarquable et des performances thermiques largement au-delà de la règlementation en vigueur. Ce premier bâtiment biosourcé à énergie positive comprend 1.600 m2 de bureaux sur quatre niveaux, chauffés grâce à la géothermie et produisant 65.000 kWh par an d’électricité grâce aux panneaux photovoltaïques couvrant le rooftop, soit 40 % des besoins.

Il sera bientôt suivi d’une deuxième réalisation : attendu pour l'automne 2024 au bout d 'un an de chantier, le Géo 2 de 2.835 m2 sera, cette fois, destiné à la location ou à la vente auprès de plusieurs preneurs, dans le même quartier d’affaires, près de Toison d’Or. Et pour un prix de vente du mètre carré bien placé sur le marché dijonnais, à 2.550 € hors taxes.

 

Penser le bâtiment mais surtout ses usages

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Guillaume Guerlot, dirigeant de Seturec depuis 2005.


« Ensuite, nous souhaitons dupliquer le modèle Géo Working en l’industrialisant », résume Laurent Haas. C’est-à-dire en pré-construisant, hors site, l’ensemble des structures composant le bâtiment. Avantage : un temps de chantier réduit, avec une mise hors d’air hors d’eau en trois semaines pour un immeuble de cinq étages comme Géo 2. « La productivité est un vrai sujet dans le bâtiment, constate Laurent Haas. La préfabrication hors site, c’est un temps maîtrisé, un meilleur contrôle qualité, de meilleures conditions de travail, une utilisation facilitée du BIM [ndlr : Builing Information Modeling], un impact environnemental réduit, la diminution des nuisances et des erreurs de chantier. »

Les équipes de Seturec portent la conviction que la mixité béton bas carbone – matériaux biosourcés (et de préférence locaux) apporte l’une des clés pour produire du bâtiment plus respectueux de l’environnement. Mais la réflexion ne s’arrête pas là. Géo 3, dans l’Écoparc Dijon Bourgogne, ira plus loin encore sur le terrain de la qualité de vie au travail. « Penser un bâtiment, c’est penser les usages, explique Laurent Haas. Les besoins des utilisateurs évoluent et il est temps de les prendre en compte : comment mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle ? Comment se déplacer autrement ? Comment associer des lieux de vie et des services aux espaces de travail ? »

 

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On ne sera donc pas surpris de voir apparaître des concepts innovants dans le Géo 3. Pas tellement des gadgets comme le babyfoot en salle de pause. Mais par exemple un hall de restauration où des food trucks pourront s’installer certains jours de la semaine – solution plus agile qu’un restaurant d’entreprise –, des espaces de convivialité complètement repensés, des services comme une salle d’étude pour les enfants sortant de l’école ou un système de vélos électriques partagés. Le responsable commercial résume : « On ne peut pas sérieusement demander aux gens de venir à vélo au boulot s’il n’existe pas de solution sécurisée pour le ranger, ni de douches. »

Par-delà l’architecture proprement dite, Seturec s’engage donc à concevoir des environnements de travail voulus respectueux de l’homme et de l’environnement. Sortir de sa zone de confort, toujours, et envisager le coup d’après.

 

Photos fournies par l'entreprise.

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