La start-up nivernaise va tester à l’exposition internationale de Dubaï, en fin d’année, sa solution d’immersion sans casque pour le marché du divertissement. Les premières applications ont concerné l'industrie.


La start-up de Magny-Cours (Nièvre), spécialisée dans les technologies d’immersion visuelles et sonores, s’est développée en réalisant des installations d’immersion sur mesure pour des clients professionnels. Maintenant, Stéphane Brard, son CEO et fondateur, cherche à s’orienter vers le marché de « l’entertainment » (divertissement), en proposant des immersions payantes à grand spectacle.

« Nous allons proposer de revivre, de l’intérieur, des concerts mythiques comme ceux de Woodstock en 1969 et Wembley en 1985. L’idée est d’installer nos capsules Voyager dans des lieux très passants, comme les Champs-Élysées, et de faire payer l’entrée », détaille le jeune entrepreneur de 27 ans. Avant de se lancer à l’assaut, il va pouvoir tester son idée lors de l’exposition internationale de Dubaï, du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022, où il présentera sa capsule d’immersion dans le pavillon français.


businessindustriesdeux


Jusqu’alors, cette capsule n’était pas un produit de série, mais sur mesure, développé pour remplir des fonctions de simulation et d’immersion pour des clients de l’automobile comme Peugeot, Delfingen, Schaeffler, ou l’Université de Bourgogne. Cette capsule permet d’accueillir quatre  personnes simultanément, y compris à mobilité réduite, et de les immerger dans un espace qui clone une réalité.

Huit projecteurs laser cachés projettent une image qui s’affiche à 360° sur les parois du module, avec un son lui aussi spatialisé. Les utilisateurs baignent dans la réalité clonée, sans être équipé d’un casque de réalité virtuelle. Immertech conçoit l’appareil et surtout l’algorithme unique qui corrige les déformations de l’image liées à la surface de projection. Cinq brevets protègent l’invention.

 

1,5 million de développement de la technologie

 

voyager
Immertech avait déjà présenté sa capsule Voyager à la Mecque de la technologie, le CES de Las Vegas en 2018 et 2020. Elle fait partie du consortium 4hfactory.tech de développement des technologies immersives créé sous l’impulsion de l’association PerfoEST et Pôle Véhicule du Futur.


Fondée en 2018, Immertech désormais accompagnée par l’incubateur Village by CA de Nevers, est une start-up un peu particulière. D’abord parce qu’elle gagne de l’argent, en plus de voir son chiffre d’affaires doubler entre 2019 et 2020, passant de 200.000 à 400.000 €.
Ensuite, car elle compte très peu de salariés, quatre en incluant le fondateur. « La liberté et l’agilité sont fondamentales pour moi, j’ai beaucoup misé sur le recours à une dizaine de collaborateurs free-lance. Nous avons même développé un logiciel interne pour faciliter leur gestion », note Stéphane Brard.



bpbfc

Les technologies innovantes d’Immertech lui ont permis d’être lauréat du prestigieux concours i-Lab de Bpifrance en 2018, et de bénéficier de subventions à hauteur de 60 % pour développer la première capsule Voyager, pour un montant de 1,5 million d’€, devenue réalité en 2019.
L’étape à venir de la standardisation constitue cependant un gros défi. « Faire un produit c’est simple, le vendre c’est bien plus compliqué. L’exposition universelle sera un vrai stress test pour mes idées. J’espère ne pas avoir raison trop tôt », analyse le jeune dirigeant qui se décrit comme « un ancien geek de base à calculette, passé sur ordinateur. »

brard
Stéphane Brard a commencé à développer sa solution d’immersion sans casque
lorsqu’il était étudiant à l’Institut Supérieur de l’Automobile et des Transports (ISAT) à Nevers.


Photos fournies par l’entreprise

Commentez !

Combien font "10 plus 5" ?