Philippe Wagner, repreneur par deux fois de l’entreprise de Breuches-lès-Luxeuil (Haute-Saône), continue d’écrire l’histoire de la charcuterie André Bazin, avec comme autre chapitre celle de sa nouvelle gamme élaborée avec du sel sans nitrite et des ingrédients entièrement naturels. Les ventes dans près d'une quarantaine de points de vente démarrent plutôt bien.

« Je défends des valeurs et je le veux le dire haut et fort : on peut encore manger de la charcuterie saine », argumente d’emblée Philippe Wagner. Le président de la société André Bazin, implantée à Breuches, non loin de Luxeuil (Haute-Saône), relance depuis janvier dernier, la gamme signée de son nom qui serait la seule sur le marché national, sans nitrite et cuisinée avec des ingrédients (épices et aromates) naturels.

 

caissedepargnebf

 

Son but n’est pas de surfer sur la mode bobo du "clean label". Bazin fait depuis longtemps du jambon de Luxeuil, des saucisses de Morteau et de Montbéliard, trois produits détenteurs d’une identification géographiques protégées (IGP), et des knacks récemment primés au concours général agricole. Mais de rappeler, avec un joli clin d’œil, que « dans le cochon tout est bon ». A condition toutefois de bien le cuisiner...

fumagelentdemorteau
Saucisses de Morteau au fumoir. © André Bazin.

 

Concours du meilleur hot-dog et conférences sur la « bonne bouffe »

A 10 heures ce vendredi 29 mars commencera une journée où sont attendues 600 personnes sur invitation. Conférences sur le bien manger, la bonne bouffe, dégustation de la gamme Wagner, films sur différentes cochonnailles. Et puis à 16h30, viendra le concours du hot-dog revisité, retransmis en direct sur Facebook et mettant en compétition plusieurs élèves de lycées hôteliers.
Le jury comprend deux chef(e)s, ainsi qu’un maître cuisinier : Lorraine Pierrat du Saint-Romary à Remiremont (Vosges), Jean-Michel Turin (Château de Vauchoux) et Fabrice Piguet, délégué des Maîtres Cuisiniers de France. Enfin, Philippe Wagner mettra à l’honneur l’équipe cycliste : Bazin Cyclisme Haute-Saône, qu’il sponsorise.

 

pub-siege-and-co

 

Sa recette : des porcs uniquement d’origine française (VPF), du sel de Lorraine sans nitrite, des viandes fumées à froid. « Il nous a fallu deux années de mise au point, et c’est pour cette finalité que nous avons depuis la mi-2017 renforcé le service R&D  en doublant l’effectif pour le porter à huit personnes », explique le charcutier. Une anecdote veut que les épices et aromates naturels contenus dans le « bouillon » de préparation bouchent les têtes d’injection, au point de devoir adapter l’outil de production.
Autre originalité de la gamme, elle a été promue selon le concept de « l’intrapreneuriat (*) » et l’esprit d’une start-up avec une équipe de quatre personnes pilotée par Guillaume Wagner, le fils de Philippe, entré dans l’entreprise en 2014.

 

Un investissement d’1,8 million d’€

Une quarantaine de points de vente, notamment des grandes surfaces, commercialisent depuis cette fin janvier la gamme qui propose aussi du lard paysan entier ou en lardons, des dés de jambon, du saucisson de filet mignon. « Elle démarre très bien », glisse simplement Philippe Wagner. Elle va aussi profiter à tous les produits à destination de l’industrie du plat cuisiné qui représentent 55% de l’activité d’André Bazin.

embossagesaucisse
Embossage à la main de saucisses. © André Bazin.

L’entreprise, implantée sur 16.000 m2, va investir en ce sens 1,8 million d’€ pour remodeler complètement ses ateliers de charcuterie et celui spécifique au jambon. Détenu à 58% par la famille Wagner, le solde par des financiers et des cadres, le charcutier de Haute-Saône affiche une chiffre d’affaires de 80 millions d’€ en employant 280 personnes et une vingtaine d’intérimaires.

(*) Pilotage de bout en bout d’un projet par les salariés d’une entreprise qui conserve leur statut.

 

negociants 

 

Qui sont les Wagner père et fils ?

wagner
© André Bazin.

Titulaire d’une maîtrise de gestion, Philippe Wagner (62 ans en fin d’année) commence sa carrière professionnelle en tant que contrôleur de gestion chez l’Allemand Siemens à Bordeaux. Il y reste cinq années, puis part même un an au siège du groupe à Munich. L’emblématique et truculent André Bazin le recrute comme directeur financier en 1988.
Il en fait son fils spirituel et le nomme directeur général en 1997. En 2001, il reprend l’entreprise avec Albert Locatelli, une autre cadre aujourd’hui à la retraite. En 2011, il la revend au groupe Fruiterroir, puis la rachète en 2014.
Guillaume, son fils de 30 ans, est ingénieur informatique de formation. Il commence sa carrière professionnelle à Paris dans une société qui restructurait les dettes toxiques des collectivités locales, puis intègre l’entreprise familiale en 2014 comme responsable informatique. Il occupe dorénavant le poste de directeur de projet.

Commentez !

Combien font "10 plus 4" ?