Pour la première fois, le bâtiment et les travaux publics de Bourgogne-Franche-Comté organisaient ensemble leurs voeux, hier 28 janvier à Dole (Jura). Leur point commun, les deux professions dépendent fortement des décisions des pouvoirs publics. Aussi le climat social, avec le mouvement des Gilets Jaunes, les interroge sur leur avenir immédiat.

Le sujet n’a pas été abordé directement par les représentants des patrons du bâtiment et des travaux publics (BTP), mais les Gilets Jaunes étaient en filigrane dans les voeux de Bernard Laborey, président de la Fédération régionale du bâtiment de Bourgogne-Franche-Comté et Vincent Martin, président de la Fédération régionale des travaux publics qui, pour la première fois, les souhaitaient ensemble à leurs adhérents et aux principaux donneurs d’ordre, hier 28 janvier à Dole (Jura).
Avec la remise en question de la fiscalité écologique, point de départ de la crise des Gilets Jaunes, qui ne remplira pas les caisses de l’Etat au niveau attendu, le BTP doit-il s’apprêter à devenir un dommage collatéral de ce mouvement populaire, que soutiennent une partie de leurs salariés ainsi que des patrons artisans ?

 

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C’est ce que craint, indirectement, la profession du bâtiment avec le « revirement climatique » du gouvernement. « Comment parvenir à rénover 100.000 logements par an, comme le disait la feuille de route de la Cop 21, si l’État rabote les avantages aux particuliers », s’interroge Bernard Laborey dont la profession voit, enfin, « le bout du tunnel après 8 années de crise. »
Le représentant du bâtiment fait allusion à l’instabilité des aides de l’État en faveur de la construction : le PTZ rural, un prêt à taux 0 % renforcé pour l'achat d'une première résidence principale dans les villes moyennes qui pourrait s’éteindre fin 2019 ; tout comme le crédit d’impôt pour la transition énergétique qui permet de financer des travaux d’économies d’énergie (chaudière, fenêtres) qui devrait être transformé en prime en 2020.

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En Bourgogne-Franche-Comté, les TP prévoient 2.000 embauches dans les deux ans. © Traces Écrites

Dans les travaux publics, les concessions que le gouvernement pourrait faire aux Gilets Jaunes  pour augmenter leur pouvoir d’achat pourrait l’amener à faire « des arbitrages sévères », affirme Vincent Martin, sur les projets infrastructures routières et ferroviaires qui sont le fonds de commerce de la profession. La loi d’orientation des mobilités (LOM) qui sera débattue au Sénat le 9 mars, puis à l’Assemblée nationale en juin, pour une adoption cet l’été, devait trouver une grande partie de ses financements dans la taxe écologique. 13,4 milliards au plan national étaient prévus pour la période 2018-2022 et 14,3 milliards de 2023 à 2027.
« On ne peut faire l'économie d’une gestion planifiée des investissements si on ne veut plus que 53% des routes nationales, 20% des routes départementales et 7% des ponts ne soient plus considérées comme en mauvais état et que 44% des Français restent privés du très haut débit », lance lucide Vincent Martin.

 

Des secteurs qui embauchent en continu

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Selon le dernier sondage OpinionWay pour Monexpert-renovation-energie.fr (octobre 2018), le budget moyen que les habitants de Bourgogne-Franche-Comté sont prêts à dépenser pour leurs travaux de rénovation énergétique s’élève à 2 342 €. © EDF.

Dans ce contexte, comment donner confiance à un personnel que le BTP a du mal à recruter, malgré les efforts soutenus de formation et de promotion de leurs métiers. La fédération régionale du bâtiment renouvelle le 15 mars prochain, son Rendez-vous de l’Emploi du Bâtiment avec Pôle Emploi qui avait attiré 600 candidats l’an dernier.
Car sous l’effet d’une conjoncture qui s’améliore et de départs massifs à la retraite, le bâtiment recrute en continu. Pour certains métiers, les professionnels parlent même de pénurie : des électriciens, des couvreurs, des maçons. 
Les travaux publics recherchent aussi des compétences pour les mêmes raisons : constructeurs de voierie, conducteurs d’engins, monteur de réseaux électriques ainsi que des chefs de chantier et des conducteurs de travaux.
Deux années de croissance en 2017 et 2018 (avec un chiffre d’affaires en hausse de 8% pour cette dernière année) ont redonner du souffle à la profession. Elle  devrait se poursuivre en 2019, mais à un rythme moins soutenu, estimé à 5,5%, avant sans doute le traditionnel ralentissement de l’année des élections municipales, en 2020.


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Au plan national, ce sont 200.000 personnes que les TP vont devoir recruter ces cinq prochaines années. 
En Bourgogne-Franche-Comté, 20.000 dans les deux ans. Pour remplir leurs objectifs, l’enjeu pour les entreprises sera de conserver une marge suffisante que le coup de l’énergie amenuise. Heureusement pour elles, le gouvernement a renoncé à la taxation du Gaz Non Routier (GNR), carburant à fiscalité réduite réservé aux engins de chantier.
Les Gilets Jaunes qui en novembre 2018 avaient volé la vedette aux Gilets orange (couleur de la protection individuelle des ouvriers des chantiers), dont les manifestations sont passées presque inaperçues, ont finalement eu des retombées positives (directes ou indirectes?), puisque le Premier ministre a suspendu la hausse de la fiscalité sur le Gaz Non Routier.

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Les travaux publics dépendant à 70% de la commande publique. © Traces Écrites.
1 commentaire(s) pour cet article
  1. Mozerdit :

    Les Gilets jaunes n'ont jamais entravé le BTP de manière quelconque; par contre les QI défectueux au gouvernement qui aimeraient " faire payer un loyer aux propriétaires " (même si c'est une idée à la sauvette), les recherches de fiscalités à tout va sur tout, la protection des idiots ultra-riches qui dépensent leur sale fric à Dubaï, à Hong Kong ou Acapulco, tout cela fait bien plus de mal à la société et ira croissant, faute de pouvoirs honorables, justes et responsables dans ce pays qu'ils détruisent sans vergogne

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