La médecine à distance, tout juste autorisée en France, pousse les collectivités et acteurs économiques du Grand-Est à innover. Trois projets ont été présentés à l’occasion du salon Cité Santé les 15 et 16 mars dernier à Nancy. Pour les élus lorrains de tous bords qui ont inauguré l’événement, la santé connectée constitue un précieux facteur d’attractivité.

La médecine à distance ou « télémédecine » est autorisée en France depuis le 15 septembre 2018. À Nancy, le salon Cité Santé organisé les 15 et 16 mars dernier au centre Prouvé a été l’occasion de présenter trois innovations s’inscrivant dans le prolongement de cette révolution numérique. Les acteurs politiques régionaux identifient de nombreux atouts dans l’avènement de la santé connectée.
« L’accès au soin demeure une problématique majeure pour un territoire comme le Grand Est menacé par le recul démographique », a assuré François Werner, vice-président de la Région Grand-Est, en ouverture du salon. Pour Laurent Hénart, maire de Nancy « c’est un des premiers facteurs d’attractivité ». Enfin, Mathieu Klein, président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, considère l’allongement de la durée de vie comme une opportunité économique, avec 10.000 emplois supplémentaires attendus sur le territoire dans l’aide à la personne.

• La Meuse expérimente un laboratoire de poche

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Le programme e-Meuse Santé présenté par le président du conseil départemental de Meuse, Claude Léonard, encourage le déploiement d’innovations. © Philippe Bohlinger

Le programme e-Meuse Santé a été lancé il y a 18 mois dans ce département rural de 190.000 habitants. « Il vise à faciliter l’inscription de pratiques innovantes dans le dispositif de droit commun comme ce fut le cas pour la téléconsultation », résume Claude Léonard, président du conseil départemental de la Meuse. Le dossier porté par le Département, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA), sera candidat en avril à l’appel à projets Territoires d’innovation initié par la Caisse des dépôts.
Une première expérimentation a été engagée fin 2018 en lien avec quatre établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Des résidents ont testé le laboratoire de poche mis au point par la start-up grenobloise Avalun. À partir d’une microgoutte de sang, le dispositif est capable d’évaluer la vitesse de coagulation.  « Ce n’est pas la goutte de sang qui voyage mais la donnée. Le laboratoire médical conserve l’autorité en validant les résultats », précise Pascal Babinet, directeur général adjoint au conseil départemental de la Meuse.
Cette solution veut répondre aux problématiques de mobilité des patients en Ehpad. Pour atteindre les objectifs du programme, les expérimentations conduites en Meuse seront étendues dans un second temps aux départements de la Marne et de la Meurthe-et-Moselle, puis à la région Grand Est toute entière.

 BPALC


• Pharmagest implante les consultations en télémédecine dans les pharmacies

La consultation en télémédecine s’apprête à franchir la porte des officines pharmaceutiques. Le nancéien Pharmagest (1000 personnes) a annoncé à l’occasion de Cité Santé, le lancement en avril d’Offiteteleconsult auprès des pharmaciens français. Cette solution de téléconsultation dans les pharmacies est proposée en partenariat avec le fournisseur de logiciels médicaux Cegedim. Pharmagest veut équiper 2.000 officines sur les 10.000 d’ores et déjà dotées du logiciel.
« Il y a cinq ans, avec nos 250 ingénieurs, nous avons engagé une révolution visant à centrer notre recherche-et-développement sur les besoins du patient », livre Thierry Chapusot, président du groupe spécialisé dans l’informatique en santé. Ce changement de prisme s’est traduit dans des innovations comme le pilulier connecté et le rachat de la start-up Noviatek (Moselle) qui a mis au point un boîtier destiné à prévenir la perte d’autonomie.

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• Hopi Medical ouvre un premier cabinet de consultation médicale de ville à Nancy

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A Nancy, la société alsacienne Hopi Medical a inauguré son premier cabinet de télémédecine de ville. Ici, sur son stand au salon Cité Santé, les 15 et 16 mars 2019 à Nancy. © Philippe Bohlinger.

L’alsacien Hopi Medical a ouvert ce lundi 18 mars son premier cabinet de consultation médicale de ville à Nancy, 2 rue des Quatre Eglises. « L’avenant n°6 à la convention médicale tant attendu a été signé le 15 septembre 2018. Il va permettre le déploiement de la téléconsultation pour répondre aux défis de l’accessibilité aux soins en zone rurale, mais aussi urbaine », livre Damien Ulrich, directeur général d’Hopi Medical. 
Les patients sont accueillis au cabinet nancéien par une infirmière qui crée leur dossier médical et prend les premiers paramètres (poids, tension, etc.).
Ils rejoignent ensuite une des trois salles de téléconsultation. « L’échographie se substitue aux opérations de palpation et d’auscultation. Pour autant, la relation humaine n’est pas perdue puisqu’une infirmière accompagne le patient », soutient Damien Ulrich.
L’entreprise de 8 personnes créée en 2005 à Rosheim (Bas-Rhin) par le chirurgien Jacques Cinqualbre est spécialisée dans les matériels et des logiciels de téléconsultation. Elle a bouclé une levée de fonds de 2 millions d’€ en juin 2018.

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