Déjà propriétaire de Genet à Luxeuil-les-Bains, la coopérative forestière vient de racheter la scierie Capibois à Villersexel, confortant sa stratégie d’intégration de l’aval de la filière. Elle entend ainsi mieux valoriser le bois au bénéfice de ses 7.000 propriétaires adhérents en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est.
En 2022, Yves Piguet, âgé de 69 ans, a mis en vente la scierie Capibois qu’il avait reprise en 1991 à Villersexel, en Haute-Saône. Disposant d’une capacité de sciage de 25.000 m3, l’entreprise spécialisée dans la transformation du hêtre pour l’export (26 salariés, chiffre d'affaires annuel de 12 millions d’€) a été rachetée à l'automne par Forêts et Bois de l’Est.
Cette coopérative intervient dans la gestion forestière, la réalisation de travaux sylvicoles, l’exploitation et la commercialisation des bois bruts et transformés pour le compte de ses 7.000 propriétaires adhérents en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est. Ce qui représente environ 90.000 hectares de forêt privée.
Sa dernière acquisition complète celle de la scierie Genet à Luxeuil-les-Bains, également en Haute-Saône, réalisée en 2016. Elle permet de renforcer l’activité de sciage que la coopérative a souhaité développer afin d’améliorer la valorisation de ses produits. « Nous avons saisi l’opportunité du rachat de Genet pour aller encore un peu plus loin dans la filière aval en transformant nous-même nos bois », retrace Alain Jacquet, directeur général de Forêts et Bois de l’Est.
Genet (41 salariés, chiffre d'affaires de 9 millions d’€) travaille elle aussi principalement le hêtre. Orientée sur le marché français, la société commercialise des produits bien spécifiques nécessitant des bois très blancs. Or, le dépérissement des hêtraies a provoqué un afflux de bois altérés et colorés. « Nous devions acheter davantage de matière première pour obtenir la même quantité finale de produits découpés. Se posait donc la question de l’utilisation des bois restants de moins bonne qualité. Capibois, qui développe des gammes plus standards, offre un débouché », explique Alain Jacquet, en soulignant également la proximité géographique des deux sites.
Plus de 2 millions d’€ investis à Luxeuil

Auparavant peu automatisée, la scierie de Luxeuil-les-Bains a déjà bénéficié, depuis trois ans, d’un programme de rénovation d’1,25 million d’€. Prévue en 2024, une dernière tranche d’1 million d’€ fait l’objet d’une demande de financement public dans le cadre du dispositif « Rebond industriel », du programme national France 2030, qui est expérimenté dans les Vosges Saônoises. L'investissement consiste à moderniser le parc à grumes pour accélérer les opérations de préparation en amont du banc de sciage (découpe des billons, écorçage, réduction des souches) et ainsi augmenter de 20% la capacité de production (22.000 m3 ajourd’hui). À Villersexel, des investissements sont également envisagés, sans être encore chiffrés.
Ces prises de contrôles par un opérateur sylvicole n'ont cependant pas modifié significativement les schémas d'approvisionnement des deux scieries haut-saônoises. La part des bois fournis par la coopérative est en effet limitée à 30% : « Il faut que la concurrence puisse continuer à fonctionner », estime le directeur général.
Employant 92 salariés, Forêts et Bois de l’Est compte trois implantations régionales : Épinal (Vosges) où se situe son siège, Besançon (Doubs) et Troyes (Aube). Une partie de son activité d’exploitation forestière (récolte, débardage, transport) est sous-traitée à environ 150 entrepreneurs de travaux forestiers. Le groupe réalise un chiffre d’affaires annuel de 55 millions d’€, intégrant les ventes de Sylvo, sa filiale dédiée au bois énergie et au peuplier. Elle-même issue de plusieurs regroupements successifs, la coopérative s’apprête à fusionner avec son homologue Nord Seine Forêt qui fédère 4.000 propriétaires de Normandie, des Hauts-de-France et d’Île-de-France.
Annoncé en assemblée générale le 24 février dernier, le mariage devra être entériné par un vote des associés coopérateurs en début d’année prochaine. Ce rapprochement vise à offrir au nouvel acteur la surface financière adaptée aux importants besoins d’investissement qui attendent la filière.
Photos fournies par l’entreprise


























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