L’entreprise a réalisé une bonne année 2022, en croissance de chiffre d'affaires de 3 millions d'euros par rapport à 2021. Elle engrange de nouveaux chantiers bienvenus, au milieu d'une conjoncture du BTP semé de nombreuses incertitudes.


Mader SA confirme son statut de valeur sûre du BTP en Alsace et dans le Nord Franche-Comté. Principalement situés dans ces territoires, les chantiers 2022 de l'entreprise de gros oeuvre de Guebwiller (Haut-Rhin) lui ont permis de terminer l’exercice à 19 millions d’€, un chiffre d’affaires en augmentation de 3 millions d'€ par rapport à 2021.

De même, les effectifs atteignent aujourd'hui 98 personnes, contre 93 il y a un an. « Nous continuons à recruter et pour un nombre d’embauches supérieur aux départs naturels. Nous recherchons des profils multiples : coffreurs, bancheurs, chefs d’équipe… », décrit Maxime Kornacker, président-directeur général qui a pris la suite, depuis 2021 de son père Jean-Marc, non par transmission familiale, mais parce qu’ont voté ainsi les associés de la société coopérative que forme cette entreprise de construction depuis plus de trente ans (voir ci-dessous).

 

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Comme ses confrères, le dirigeant vit comme un défi ces recrutements dans un secteur qui continue à peiner à attirer les jeunes. Dans ce contexte, Mader peut faire valoir sa solide réputation de confectionneur de « beaux » chantiers. Sa maîtrise de la mise en œuvre du béton, dans ses formes les plus élaborées, se confirme d’année en année. Actuellement, elle se déploie par exemple pour l’édification du nouveau siège du fabricant de volets Bubendorff France à Mulhouse (Haut-Rhin), à côté de la gare. Le nouveau QG mondial du groupe d’étanchéité Soprema au port de Strasbourg (Bas-Rhin) compte parmi ses références de choix achevées l’an dernier.

« La fin 2022 a été marquée par le démarrage simultané de plusieurs chantiers importants pour nous, un phénomène rassurant dans un contexte de marché où la visibilité dans le temps n’est pas évidente », souligne Maxime Kornacker. C’est ainsi que Mader SA engage la construction de la nouvelle école Victor-Hugo à Mulhouse, un marché de 2,3 millions d’€ pour elle, et celle du collège Saint-Exupéry dans la même ville, ou encore la restructurarion en profondeur de l’IME (institut médico-éducatif) Saint-Joseph de Guebwiller. Cette opération est menée en mode « tous corps d’état », à l’instar de l’extension de l’entreprise de tuyauterie ADF à Colmar qui vient d’entrer en service.

 

Synergies de groupe

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La nouvelle école Victor-Hugo qui va prendre place dans le quartier de Bourtzwiller à Mulhouse représente un marché de 2,3 millions d'€ pour Mader. © Ville de Mulhouse


Plus généralement, la SA de gros œuvre peut s’appuyer – et vice-versa – sur d’autres sociétés du groupe coopératif pour proposer des solutions complètes. En particulier, la filiale (à 90 %) de préfabrication EG Préfa qui partage les mêmes locaux à Guebwiller. « Elle nous permet de répondre à des délais serrés. Un exemple emblématique en a été, jusqu’à ce début d’année, la restructuration-extension de 10.000 m2 du centre commercial La Vigie à Geispolsheim au sud de Strasbourg, décrit Maxime Kornacker. Son propriétaire Altarea nous a demandés de réaliser le gros œuvre en huit mois. La préfabrication a permis de respecter ce délai très court. »

Le groupe Mader se compose en effet de sept sociétés, dont les principales complémentaires aux gros œuvre / tous corps d’état sont EG Préfa, STPM dans les travaux publics et Richert dans le génie civil, les travaux hydrauliques et les ouvrages d’art par le rachat partiel en 2015 d’une entreprise haut-rhinoise alors en difficulté.

 

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L’addition de ces forces aboutit à un effectif de 200 salariés et à un chiffre d’affaires de l’ordre de 33 millions d’€ en 2021. Sans compter la participation dans la société Scherberich MH à Colmar ayant rebondi il y a deux ans sous forme coopérative. Mader se pose en porte-drapeau (et ponctuellement en soutien) à ce type de structures dans le bâtiment, auxquelles elle peut apporter sa longue expérience.

 

Une longue histoire coopérative 

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Jean-Marc Kornacker, PDG jusqu'en 2021 (à gauche), aux côites de ses fils Maxime le nouveau dirigeant (assis) et Théo, ingénieur au bureau d'études. © Mathieu Noyer

L’aventure coopérative de Mader a débuté en 1986, lorsque Jérôme Mader, dernier représentant d’une lignée de dirigeants familiaux, est parti en retraite. Il a accepté le montage en société coopérative ouvrière de production (Scop). Après une première période marquée par des hauts (bénéfices) et des bas (pertes, démission ou licenciements dans le management), Jean-Marc Kornacker a repris le flambeau comme président-directeur général en 1994. La restructuration financière effectuée au bout quelques années, l’entreprise a pu repartir de l’avant jusqu’à atteindre ses dimensions actuelles. Une nouvelle étape-clé a été franchie en 2021 : Jean-Marc Kornacker a souhaité prendre du recul (relatif, il reste directeur général délégué) et les salariés, associés de la Scop, ont voté en faveur d’une succession par son fils Maxime, 34 ans alors, qui s’était aguerri depuis onze ans dans l’entreprise à la conduite de travaux puis à la direction générale. Son frère Théo a également rejoint Mader pour apporter au bureau d’études sa compétence de jeune ingénieur diplômé de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) Strasbourg.  

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