Dirigeant de la société d’ingénierie industrielle, CSimu à Montbéliard, Suleyman Candan a repris la chaudronnerie et tuyauterie Alsace CST en début d’année. La complémentarité, conception d’un côté, fabrication et installation de l’autre, motive l’acquisition de cette PME du Haut-Rhin, spécialiste du travail de l’inox et de l’acier.


Alsace CST a changé de propriétaire. Au début de cette année, la PME de chaudronnerie et tuyauterie de Dannemarie (Haut-Rhin) a été reprise par Suleyman Candan à ses dirigeants, fondateurs en 2012. Ingénieur quadra, le nouveau président est arrivé avec dans ses bagages six années d’entrepreneuriat à la tête d’un bureau d’études pour l’industrie (automobile, énergie, métallerie) : CSimu à Montbéliard (Doubs).
Conception d’un côté, fabrication et installation de l’autre : la complémentarité saute vite aux yeux, et c’est bien ainsi que le dirigeant avait établi sa feuille de route. « Chez CSimu, nous cherchions une opportunité de croissance externe pour créer un pôle complet qui puisse s’apporter des compétences mutuelles », confirme Suleyman Candan.

 

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La rencontre avec Alsace CST et ses dirigeants a débouché sur la transmission de début 2020, après une bonne année de discussions. Bien qu’évoluant dans des secteurs analogues ou proches du cœur de métier de l’ingénieriste, la PME haut-rhinoise ne faisait pas partie de la clientèle de CSimu. Aujourd’hui, au contraire, le travail s’effectue en très forte synergie, de sorte qu’Alsace CST peut s’afficher comme un prestataire d’études, de réalisation et de maintenance, une activité en développement.

Ses 20 salariés détiennent des compétences et des qualifications de plus en rares, donc de plus en plus recherchées… et potentiellement attirées par les généreux salaires de la Suisse voisine : soudeurs, chaudronniers, tuyauteurs, serruriers… Dans ce contexte, attirer des jeunes n’est pas chose aisée, malgré le recours régulier à l’apprentissage. Les précédents dirigeants soulignaient avoir dû refuser des contrats plus d’une fois, faute de disposer de la main d’œuvre requise.

 

Objectif, dans le contexte particulier actuel, de maintenir le chiffre d’affaires

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Les salariés détiennent des compétences très recherchées, comme ici la soudure.

Leur successeur espère confirmer le rebond observé à la sortie du premier confinement et donc ne pas pâtir outre mesure du second. « Nous avons subi un mois de chômage partiel de mi-mars à mi-avril du fait que les fournisseurs étaient à l’arrêt, puis l’activité est bien repartie », relate Suleyman Candan. L’objectif, dans ces temps incertains, consiste d’abord à maintenir le chiffre d’affaires autour de son seuil de 3 millions d’€ (3,2 millions l’an dernier).

Spécialiste du travail de l’inox et de l’acier, Alsace CST évolue dans les diverses spécialités de la tuyauterie, de la serrurerie industrielle, des structures métalliques et de la chaudronnerie, cette dernière pour la production de réservoirs, gaines, échangeurs tubulaires, silos et autres cuves dont les dimensions peuvent devenir impressionnantes.
« Les plus grosses font 6 mètres diamètre et une dizaine de mètres de haut », note le dirigeant. Elles peuvent occasionner la mobilisation des moyens de transport exceptionnel, comme le silo livré l’an dernier à l’usine chimique Tronox (ex-Millennium) de Thann (Haut-Rhin).



L’industrie chimique forme le pilier d’activité, en témoigne la présence d’Alsachimie à Chalampé, de Tronox et son voisin Vynova PPC à Thann ou de Borealis (Ottmarsheim) dans le portefeuille de clientèle.
« Nous possédons l’atout important, dans cette filière, de la certification Mase (Manuel d’amélioration de sécurité des entreprises) », souligne Suleyman Candan. L’entreprise présente aussi toutes les habilitations électriques requises ou pour le travail en hauteur et les interventions en site Seveso seuil haut.

 


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Alsace CST installe en effet ses productions, dont elle assure la préfabrication dans ses 1.500 m2 à Dannemarie. Le groupe Engie, l’usine agro-alimentaire Carambar de Strasbourg ou la Coopérative agricole de  Colmar (CAC) composent également sa clientèle, « qui s’étend de Strasbourg à Lyon », précise le dirigeant.
La chaudronnerie  revendique également un savoir-faire dans la tuyauterie industrielle et dans la charpente métallique, toujours à usage industriel. Elle cite l’exemple récent d’une structure provisoire réalisée en forme de ceinturage pour la réparation d’une passerelle détériorée, qui a représenté un gros travail d’ingénierie, générateur au final de moindres coûts de réalisation et de minimisation des risques d’intervention, selon elle.

La reprise ne s’accompagne pas d’investissements majeurs, dans un premier temps. Les précédents dirigeants ont laissé un équipement à jour, comportant du matériel à commande numérique : cisaille et scie à ruban.


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Un exemple de cuves que fabrique Alsace CST.

 

Relire l'article de Traces Ecrites News : Avec le rachat de Alsace CST, Suleyman Candan est lauréat 2019 du Réseau Entrpendre Bourgogne-Franche-Comté

 

Qui est Suleyman Candan ? 

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Suleyman Candan, président de Alsace CST et de CSimu. © Traces Ecrites

Ingénieur formé à Clermont-Ferrand, le dirigeant de 44 ans a mené une première partie de carrière qui épouse l’histoire récente des piliers industriels du Nord Franche-Comté. Il a d’abord été en poste chez PSA Sochaux de 2000 à 2007, qu’il a quitté dans le cadre d’un plan de départs, pour rejoindre General Electric à Belfort pendant six ans… avant un nouveau plan.
Celui-ci lui a servi de tremplin pour passer dans le monde de l’entrepreneuriat. C’est en 2014 qu’il a fondé le bureau d’études ingénieriste CSimu.

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Une partie de l'équipe d'Alsace CST.

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