Banque. «Système bancaire : ensemble de rouages qui ne peut plus fonctionner comme avant». Cette définition ne découle pas du triste constat tiré par le ministère de l’Économie et des Finances suite à la crise financière. Il fait partie des slogans de l’actuelle campagne de communication de la Caisse d’Épargne de Bourgogne Franche-Comté (*).

La vieille dame, connue pour son livret A, aujourd’hui ouvert à la concurrence, ses placements sûrs, sa gestion pépère change de ton et modifie son image. Mais pas seulement ! Ses derniers résultats commerciaux prouvent aussi qu’elle devient de plus en plus une banque d’affaires au service des entreprises et des professionnels : commerçants, artisans et professions libérales.

Première banque régionale À avoir créé fin 2009 une filiale de capital développement, baptisée BDR Invest, elle tente de répondre au mal bien français des PME : leur sous-capitalisation. «Nous ne prenons que des participations minoritaires lorsque nous intervenons en haut de bilan», assure Alain maire, président du directoire de l’établissement financier. L’autre grand secteur d’intervention de BDR Invest tient à l’épineuse question de la transmission d’entreprises, sachant que dans les 10 ans, 30% des dirigeants auront, soit passé la main, soit fermé faute de repreneur.

«Nous engrangeons déjà dans ces deux domaines une centaine de dossiers grâce à une approche volontairement pointue en ingénierie financière», explique Jérome Lacaille, responsable de la banque du développement régional qui s’occupe des entreprises, du monde de l’économie sociale : associations, fondations…, de l’immobilier et des collectivités locales.

Premier financeur des collectivités locales

Paradoxalement, la crise financière a servi de tremplin à la caisse pour séduire les dirigeants d’entreprise. Ne s’étant pas brûlé les ailes à investir dans des fonds «pourris» et des placements «poubelles», l’établissement dispose de confortables liquidités ainsi que d’une force de frappe plus musclée avec aujourd’hui, 22 chargés d’affaires. Les encours de crédits pour les entreprises ont été multipliés par trois depuis 2007 (790 millions d’€) et l’ouverture de comptes de dépôts par sept.

«Nous séduisons près de 2000 entreprises, dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 million d’€ et, bénéficions d’une part de marché sur les crédits de 19,5%», argumente Jérome Lacaille. Sur le marché historique des collectivités territoriales, la banque mutualiste conserve sa place incontestée de numéro un, avec pas moins de 700 millions d’€ de prêts consentis en 2010 (32% de parts de marché).

Auprès des professionnels, la progression 2010 est encore plus impressionnante : + 30% d’encours sur les comptes à vue et 51% sur les crédits moyen terme (+ de 2 ans). «Nous gagnons 1372 nouveaux clients», se félicite Gilles Fernandez, membre du directoire chargé de la banque de détail.

(*) La Caisse d’Épargne de Bourgogne Franche-Comté emploie 1670 collaborateurs et exploite 233 agences, dont une e-agence à Dijon. Elle s’appuie en outre sur 7 centres d’affaires, un espace viticulture à Beaune et 2 centres dédiés à la gestion de patrimoine. Un troisième ouvrira à Chalon-sur-Saône en juin prochain.

Crédit photo: Caisse d'Épargne de Bourgogne Franche-Comté et Basile Gougeot

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