Spécialisé dans l’usinage de pièces de turbo, le groupe franc-comtois accélère. Adossé au fondeur taiwanais Mei Ta, il vient de s’offrir un centre technique à son siège du Doubs pour booster sa diversification et construit un centre de production au Mexique pour servir le marché automobile du continent américain.

Au Pays de Clerval, dans le Doubs, le centre technique construit à côté du siège de Streit Groupe monte en puissance. La nouvelle machine cinq axes équipée d’un logiciel d’optimisation d’usinage est opérationnelle depuis mi-avril. Et les salariés - une cinquantaine - de l’usineur de précision qui occupent déjà les lieux planchent sur les premières innovations.
Sur de nouveaux composants destinés à être intégrés dans des systèmes pile à combustible pour les transports, par exemple. 
« Nous avons désormais un laboratoire dédié, avec environnement climatisé, qui permet d’assurer un haut niveau de précision », précise Éric Fani, responsable marketing du groupe fondé il y a 50 ans dans ce petit coin du Doubs et employant aujourd’hui 950 personnes - dont 350 à Clerval.

 

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« Nous avons passé la phase prototypage, nous abordons maintenant la partie série sur la base de simulations et de tests chez le client pour optimiser le concept, avant la phase de validation qui lancera la fabrication de moules et d’outillage. » Autre innovation en cours : un alliage aluminium-titanium pour des applications turbo et aéronautiques, dans le cadre du projet européen EssenTiAl piloté par Safran et embarquant aussi le bisontin Aeris.

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Dans le nouveau centre technique du groupe, le service R&D conception des produits. © Laurent Cheviet.

Deux millions d’€ ont été investis dans ce centre technique qui devrait compter cinq personnes supplémentaires d’ici la fin de 2019. Les recrutements sont en cours. L’une de ses missions est de mettre au point six lignes de robotisation par an pour être installées ensuite dans les trois usines de Streit Groupe, qui totalisent 500 machines et produisent 7,5 millions de pièces par an.
La première ligne, en cours de conception, sera pour le centre de production de Serbie. « Nous mobilisons beaucoup de ressources pour rester compétitifs », confirme Éric Fani. « Dans le cadre de productions en grande série, c’est important, et cela nécessite du personnel plus qualifié. »

 

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Au-delà de l’automatisation, l’objectif global, en concentrant dans un même bâtiment les équipes de développement produit, de prototypage, de développement process, de robotisation et de métrologie, c’est « d’alimenter la machine à innovation », explique Sylvain Del Piccolo, le responsable de cette nouvelle entité.
Et grâce à l’innovation, de diversifier les produits mais aussi le portefeuille client - le chiffre d’affaires de 120 millions d’€ est réalisé à 80% dans la filière automobile, avec des clients équipementiers ou constructeurs comme PSA, Renault Nissan ou Fiat  - en visant un retour en force des marchés historiques de Streit que sont les marchés agricole, travaux publics et énergie.
« Dans le secteur automobile par exemple, nous avons des projets de diversification pour des systèmes de freinage ou de transmission de boîte de vitesse alors que jusqu’à maintenant, nous étions concentrés sur la partie turbo », poursuit Éric Fani.

 

Compléter la couverture mondiale

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Le laboratoire avec environnement climatisé qui permet d’assurer un haut niveau de précision d'usinage. © Laurent Cheviet.

Fondé par Otto Streit - disparu début avril à l’âge de 101 ans - et aujourd’hui présidé par Roland Streit, son fils, Streit Groupe s’était adossé au taïwanais Mei Ta en 2005, devenu actionnaire majoritaire en 2013. Leader mondial en fourniture de pièces de turbo, le groupe Mei Ta dispose d’un savoir-faire reconnu en fonderie et fournit environ 50% des pièces brutes de fonderie du groupe franc-comtois.

 

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Streit Groupe compte trois usines en Europe : en France dans le Pays de Clerval, siège historique, en République slovaque et en Serbie, où l'industriel a suivi ses clients constructeurs.
Et bientôt une quatrième, au Mexique, dans l’État de Guanajuato. Un premier pied sur le continent américain pour compléter le couverture mondiale de Streit et Mei Ta, déjà fortement présents, à eux deux, en Europe et en Asie. Ce centre de production sera livré début juillet et devrait servir ses premiers clients américains début 2020. Là aussi, recrutements et formations sont en cours.

Qui sont Éric Fani et Sylvain Del Piccolo ?

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Éric Fani (à gauche), responsable du développement et Sylvain Del Piccolo, directeur du nouveau centre technique. © Laurent Cheviet.

Titulaire d’un MBA obtenu à Lausanne et ingénieur ESIEE (Paris), Éric Fani a passé une vingtaine d’années en Asie, et notamment à Singapour, d’abord comme VIE (volontariat international en entreprise), puis comme chargé de développement produits pour Thomson, GE ou encore Philips.
De retour dans sa Franche-Comté natale, il a travaillé pour diverses TPE et PME avant de rejoindre l’équipe commerciale de Streit Groupe, en 2015, où il s’occupe depuis de prospection et de développement.

Quant à Sylvain Del Piccolo, le directeur du nouveau centre technique, il se forma tout d’abord au métier d’usineur avec un BTS en fabrication mécanique et un premier emploi dans une usine de fabrication de moteurs de PSA, en Moselle. Il reprit ensuite des études d’ingénieur au CESI, à Nancy. Son diplôme en poche, il fut responsable industrialisation d’un site de production de lave-linges d’Electrolux, puis responsable de production d’une PME de la filière automobile avant de revenir à l’usinage, en 1997, au sein du groupe Valfond.
Là, il fut chargé de concevoir le site de production de Thaon-les-Vosges racheté par Streit en 2003, qui lui confia notamment des missions pour les sites français, slovaque et serbe.

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