Pharmagest, premier éditeur de logiciels de santé en France basé à Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), clôturera l’année 2021 en croissance. L’entreprise cotée sera pilotée à compter d’avril par un nouveau directeur général : Denis Supplisson. Le dirigeant aura pour mission de poursuivre la stratégie de croissance du président fondateur Thierry Chapusot, tout en menant à bien la construction de « passerelles numériques » entre les systèmes informatiques des pharmacies, hôpitaux, médecins libéraux, Ehpad, etc.


Le leader français des logiciels de santé Pharmagest Interactive à Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) a bon pied bon œil. Le chiffre d’affaires en progression de 13% sur 9 mois, laisse augurer de résultats 2021 très encourageants pour cette filiale de la coopérative de pharmaciens Welcoop. Thierry Chapusot, président de Pharmagest, qui prendra prochainement ses distances avec la direction opérationnelle (Lire encadré) analyse les résultats de l’entreprise cotée dont le cours a été multiplié par 10 en dix ans.
« L’exercice 2020 avait déjà été très bon pour Pharmagest, avec un chiffre d’affaires de 171 millions d’€ en progression de plus de 8%. Nous avions réalisé un troisième trimestre exceptionnel. Les collaborateurs avaient mis les bouchées doubles afin de faire face à la crise sanitaire. Nous renouvelons cette performance en 2021 », commente le dirigeant.


L’entreprise de 1.200 salariés s’est bâtie sur la base des logiciels pour les officines pharmaceutiques dont elle revendique plus de 40% de parts de marché en France. Elle a encore élargi son offre à l’automne dernier en se portant acquéreur du nancéien Prokov Editions (19 salariés, chiffre d’affaires  de 3,9 millions d’€ en 2020), troisième éditeur de logiciels destinés aux médecins libéraux dans l’hexagone.


Pharmagest peut désormais s’appuyer sur un large écosystème : ses solutions logicielles couvrant les pharmacies, les Ehpad, les services de soins infirmiers à domicile, les hôpitaux, la médecine de ville, etc. Afin de parachever sa palette, la société envisage encore de se déployer auprès des infirmières libérales.

 

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Son président voit encore plus loin.  « Si ces différents systèmes informatiques fonctionnent en silos, notre groupe n’a aucun avenir ! C’est pourquoi, nous travaillons à interconnecter ces solutions. C’est ce que nous appelons la passerelle numérique de santé. En cas d’hospitalisation en urgence, il devrait être possible par exemple de transmettre numériquement au médecin hospitalier le traitement d’un patient via notre réseau de pharmaciens ou le dossier de liaison d’urgence dans le cas d’un résident d’Ehpad. »


L’horizon de l’entreprise est européen. Pour étoffer son réseau à l’international, Pharmagest mise sur ses capacités financières. « Nous sommes en mesure de réaliser de nouvelles acquisitions sans augmentation de capital. Elle reste cependant une option, car l’entreprise (valorisée 1,3 milliard d’€) pourrait accroître de 20% sa capitalisation sans que Welcoop qui détient 67% des actions, ne perde la majorité », poursuit le dirigeant.

 


Opportunités de croissances externes en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni

 

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Pharmagest a développé Multimeds, un pilulier simplifiant l’administration des traitements. © Philippe Bohlinger

 

Pharmagest, bien implanté en Belgique (pharmacies et Ephad) et en Italie (pharmacies et grossistes en médicaments) guette les opportunités de croissance externe en Allemagne, plus gros marché que la France. Elle s’intéresse aussi au marché des maisons de retraite en Italie et au Royaume-Uni.

Son développement s’est fortement réalisé par croissance externe, au rythme de deux à trois rachats par an. Parmi ses acquisitions, trois start-ups lorraines : Sailendra spécialiste de l’analyse comportementale appliquée au e-commerce (2017), Noviatek concepteur de systèmes innovant pour l’aide aux personnes dépendantes (2016) et Dialectic, acteur des systèmes prédictifs de l’évolution de l’état de santé des patients (2012).

 

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© Schrepfer Architectes Urbanistes

Le campus de Welcoop, la maison-mère de Pharmagest, 7.000 m² représentant un investissement de 9,9 millions d'€, qu'elle espère inaugurer prochainement, si la crise sanitaire le permet... Il forme les nouvelles recrues du groupe qui recrute actuellement 75 personnes en France (ingénieurs informatiques, commerciaux, formateurs, etc.) dont 25 au siège de Villers-lès-Nancy.
Qui est Thierry Chapusot ?

Thierry Chapusot cèdera en avril 2022 son fauteuil de président du groupe Welcoop (1.700 collaborateurs, 340 millions d’€ de chiffre d'affaires en 2020) à Dominique Pautrat, directeur général de Pharmagest. Il s’y était installé il y a douze ans. Denis Supplisson prendra la direction générale de Pharmagest. Thierry Chapusot conserve la présidence de Pharmagest.

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© Philippe Bohlinger

Le dirigeant de 62 ans a démarré sa carrière outre-Atlantique chez un fabricant de puces électroniques franco-américain. De retour en France, c’est à Dijon que cet ingénieur diplômé de Polytech Nancy fonde en 1986 une première entreprise spécialisée dans l’informatisation des pharmaciens : CP Informatique. Dix ans plus tard à Villers-lès-Nancy, le dirigeant porte sur les fonts baptismaux Pharmagest Interactive avec Thierry et Vincent Ponnelle. En 1998, Pharmagest s’adosse au Groupe Welcoop. Thierry Chapusot exercera comme directeur général de Pharmagest jusqu’en 2009, avant de prendre la présidence de Welcoop.

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