AMEUBLEMENT/HAUT-RHIN. Quatre ans après sa reprise à la barre du tribunal de commerce par le fabricant de meubles alsacien Weber, We-Bed se redresse.
Avec une croissance de 40% pendant cette période, le fabricant de sommiers de literie retrouve l'équilibre financier.
La poursuite de cette trajectoire ascendante passe par le marché français où la PME est peu présente, compte tenu de son histoire sous capitalisation suisse.

webedsommier
Avec l'alsacien Weber, We-Bed adapte au goût français les produits majoritairement destinés à une clientèle suisse.

 

Après avoir connu la position couchée, We-Bed se redresse. Le fabricant de sommiers de literie établi à Masevaux (Haut-Rhin) avait connu un dépôt de bilan en 2014. Depuis, il a un peu renoué avec les embauches, pour compter 37 salariés aujourd'hui.

 

Surtout, son chiffre d'affaires a repris du poil de la bête. De moins de 6 millions d’€ alors, il a augmenté de près de 40 % depuis et l'entreprise compte l'amener vers 10 millions en 2019.  « Le dernier exercice a permis d'atteindre l'équilibre financier »,  ajoute Thomas Lefèvre, responsable d'exploitation du site.

Sur cette trajectoire ascendante, l'année 2018 joue un rôle important. Elle doit en effet marquer la convergence des différents axes de stratégie définis par le repreneur : l'alsacien Weber, fabricant de meubles, avait racheté à la barre du tribunal l'entreprise alors dénommée Alsace Meubles, créée en 1992 et qui avait pâti à partir de 2008 d'un changement de politique de marque de sa maison-mère suisse Recticell, puis de sa revente successive à plusieurs fonds de pension.



bpalcseconde


La stratégie Weber peut se résumer ainsi : garder le meilleur de la période suisse et lui ajouter la touche française. Au niveau de la production, les sommiers We-Bed sont en bois, qui est la « norme » helvétique. Constituée essentiellement de hêtres et de bouleaux, la matière première arrive à Masevaux pré-usinée et rabotée.

 

webedoutil
L'usine de Masevaux (Haut-Rhin) est équipée de machines à commande numérique.


A l'aide des machines à commande numérique, les équipes sur place procèdent au sciage, fraisage, perçage, à l'ajustement aux dimensions requises, et au montage.  « Les bois certifiés écologiques PEFC et FSC représentent 20 à 25 % de notre approvisionnement, nous avons l'objectif d'augmenter leur proportion », précise Thomas Lefèvre.

Sur des marchés aux cultures nationales encore très ancrées, l'offre We-Bed en bois continue d'orienter l'entreprise très majoritairement vers la Suisse (70 à 75 % du chiffre d’affaires) et à un degré moindre vers la Belgique. Or elle poursuit l'objectif de se développer sur le marché français, prioritairement dans un rayon de 500 à 700 km qui reste compatible avec les coûts logistiques assez élevés de ce secteur. 


La conquête du marché français privilégie les magasins spécialisés

webeddirigeant
La stratégie de Thomas Lefebvre, le dirigeant : garder le meilleur de la période suisse et lui ajouter la touche française. 

 

Pour cela, il faut tordre le cou à l'idée bien présente dans l'Hexagone du bois synonyme de fragilité. « Tout au contraire, nos sommiers tourillonnés et collés ne bougent pas, contrairement aux solutions vissées », plaide Thomas Lefèvre. Il lui faut aussi composer avec le goût français d'un revêtement de sommier qui soit tapissé. « Notre offre évolue dans ce sens, en ajoutant une couche de mousse de polyester puis un tissu d'ameublement », indique le responsable de l’usine.

Sur le plan commercial, le site de Masevaux passe d'une situation de monoclientélisme vers une maison-mère à la prospection en propre, multi-clients. Sa conquête du marché français privilégie les magasins spécialisés, dans un positionnement moyen/haut de gamme, sous marque distributeurs et sous sa marque propre Le Bed. Et comme la literie n'échappe pas non plus à la vague Internet, la vente en ligne s'inscrit dans les axes de développement de la PME.

LCR


Toutes ces mutations s'appuient sur le personnel, souligne Thomas Lefèvre. « De la période suisse, nous avons conservé un grand savoir-technique. Sur cette base, nous avons formé à la polycompétence (la capacité à occuper plusieurs postes) et adapté le temps de travail à la saisonnalité... même si celle-ci a tendance à s'estomper ».

De ce cocktail, We-Bed estime tirer une  flexibilité - « la capacité à produire en juste-à-temps à la contremarque en deux semaines voire une seule », précise le dirigeant – qu'elle identifie comme un atout majeur dans son parcours de croissance.

 

webedoutildeux
La gestion du personnel de We-Bed est basée sur la polycompétence (la capacité à occuper plusieurs postes).

Photos fournies par l'entreprise.

Commentez !

Combien font "5 plus 7" ?