L'ingénieriste, comptant parmi les plus importants de France pour le BTP avec ses 300 salariés, s'étend en amont des chantiers avec la constitution de Sysnium, une filiale qui veut assister les entreprises dans la définition de leurs locaux en adéquation avec leur process. Les environnements de travail contraints sont ciblés en priorité.


A chaque inauguration d’un bâtiment d’envergure en Alsace, ou presque, on croise un dirigeant d’OTE Ingénierie assis quelque part sur un côté, invité là pour avoir participé à la conception de la nouvelle construction. La société basée à Illkirch près de Strasbourg (Bas-Rhin) espère bien se faire tout aussi familière – mais sans doute aussi discrète – des célébrations de l’avènement de projets industriels.

Tel est l’objectif que l’ingénieriste assigne à Sysnium, la filiale qu’il vient de constituer pour ses 60 ans. La nouvelle entité cible cette clientèle d’industriels pour lui proposer de bénéficier de l’expertise d’OTE dans la construction, « mais bien en amont de celle-ci, dès la définition du process. Sysnium forme la réponse au besoin d’anticiper la manière de bâtir en fonction de ce que sera la production dans un nouveau local, ou dans l'extension de l'existant », décrit Patrick Lullin, président d’OTE jusqu’il y a quelques jours (*).

 

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Se revendiquant à juste titre expert des constructions complexes, OTE Ingénierie vise pour Sysnium en particulier le créneau des installations soumises à des procédures et des règlementations strictes. « ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement), data-centers, salles blanches des industries pharmaceutique et agro-alimentaire, laboratoires de recherche, hôpitaux.. en somme les environnements de travail contrôlés, les atmosphères en surpression », liste Didier Maurer, président Sysnium.

La dernière-née des planètes de la galaxie OTE n’évoluera pas en orbite sans repères. Ses secteurs-cibles ont déjà procuré au groupe quelques-unes de ses belles références des dernières années et décennies, comme le Nouvel hôpital civil de Strasbourg ou les extensions du site pharmaceutique Merck à Molsheim (Bas-Rhin). « Son nom fait le lien avec notre histoire : Sysnium est la contraction de Systèmes et Omnium, le terme qui donne son O à OTE (Omnium Technique Européen) », relève Patrick Lullin.

La nouvelle société d'intégration des procédés industriels dans la conception des bâtiments a d’ailleurs vocation à passer le relais dans les phases suivantes de construction aux autres filiales  du groupe, spécialisées dans le métier de contractant général, l’étude des structures et la maîtrise d’œuvre. Elle ne prévoit pas en revanche d’entrer dans l’assistance au process lui-même, une diversification qu’entreprennent des ingénieristes de la construction dans le contexte du développement des marchés d’inspiration anglo-saxonne EPCC (Engineering, Procurement, Construction and Commissioning).

 

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Un réseau presque national de 10 agences

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Le Nouvel hôpital civil de Strasbourg a constitué l'un des dossiers majeurs d'OTE Ingénierie au début de ce siècle.  © OTE Ingénierie


Par ailleurs, Sysnium pourra intervenir sur l’ensemble du territoire couvert par OTE, qui s’étend à la majeure partie de la France. Le groupe a constitué un réseau de 10 agences, de proche en proche à partir de Strasbourg-Illkirch : Colmar et Mulhouse en Alsace, Metz en Lorraine, Paris, Lyon, Nantes, et enfin Bordeaux et Toulouse.

Ainsi, un ensemble de cinq sociétés et deux marques s’est formé au fil de 60 ans d’existence, constituant un effectif de 300 salariés – l’un des plus importants parmi les ingénieristes indépendants en France - dans la maîtrise d’œuvre, l’assistance et l’ingénierie du développement durable (société Otelio), l’activité de contractant général (Iteco), l’acoustique (Note), le management du BIM la « maquette numérique » du bâtiment, l’assistance au désamiantage et à  la déconstruction (Expur). En constante progression, le chiffre d’affaires a atteint 63 millions d’€ en 2021, issus à près de 60 % de la société historique OTE Ingénierie.

 

Salariés, actionnaires cooptés

Le groupe OTE s’est défini une gouvernance bien à lui. Il appartient aux salariés qui manifestent leur désir d’injecter une somme dans le capital, mais à condition qu’ils soient acceptés : leur entrée s’opère par cooptation. Un transfert annuel des parts est organisé, des anciens vers les plus jeunes. Ces associés sont actuellement au nombre de 60, soit un cinquième de l’effectif. « Une proportion positive », selon Patrick Lullin, mais qui ne dédaignerait pas qu’elle progresse. Cette formule d’association à la vie de l’entreprise, qui s'apparente selon le dirigeant à  « la transmission d'un patrimoine légué par les fondateurs », agit en effet comme un facteur de fidélisation, dans un secteur où l’on pratique volontiers le Mercato. Et elle verrouille suffisamment le capital pour mettre OTE à l’abri de velléités de rachat.

 

(*) En application du principe de présidence tournante parmi les cadres dirigeants, il a cédé sa fonction à son collègue John Pernoux, fin septembre.

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