Spécialisée dans la conception et la réalisation d’extrudeuses pour le plastique, l'entreprise basée à Wittenheim développe deux innovations pour ses machines, l’une pour recycler le plastique et l’autre dirigée vers les économies d’énergies. Depuis 2020, Komax a également investi le marché du câble.


Pour entamer l'année de ses 20 ans, Komak se renouvelle. Cette entreprise de production d'extrudeuses monovis pour l’industrie automobile et textile ainsi que pour le secteur de la construction et des câbles a agrandi ses bureaux et son atelier de Wittenheim (Haut-Rhin), passant de 1.200 à plus de 2.000 m2, depuis le 1er janvier. Elle avait besoin de place pour répondre à la croissance de ses effectifs, qui ont doublé en cinq ans de sorte à atteindre le seuil de la vingtaine de salariés, à l'origine d'un chiffre d'affaires de 6 millions d'€ en 2022.

La PME souhaite poursuivre son développement en misant sur l’export, en particulier le marché italien. Komax a recruté un commercial en 2021 dans le but de gagner des parts de marché dans ce pays. Elle écoule déjà la moitié de sa production à l'étranger, principalement au Mexique et en Allemagne.

L’autre vecteur de sa croissance doit résider dans l’innovation. La PME haut-rhinoise a lancé deux projets à cette fin : un équipement pour le recyclage du plastique et une extrudeuse permettant de réaliser des économies d’énergie. La première machine permet de découper et regranuler le plastique pour le recycler, avant de l’extruder. Il en existe déjà de ce type fabriquées en Allemagne et en Italie, mais pas encore en France.

 

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Le sujet revêt un enjeu particulier, étant donné que la loi française contre le gaspillage « Agec » votée en 2020 oblige les industriels à utiliser du plastique recyclé d’ici à 2025. « Nous allons investir entre 200.000 et 300.000 € dans ce projet. Le montant reste approximatif car on évolue dans la recherche-développement, qui rend difficile de prédire le nombre d’essais et de prototypes à réaliser jusqu'à trouver la bonne solution », prévient Laurent Musitelli, directeur général de Komax.

L’entreprise aimerait mettre au point cette nouvelle machine dans un an. Elle est suivie par Bpifrance et l’Accélérateur PME Grand Est depuis novembre dernier. Son autre innovation, accompagnée églament par Bpifrance, consiste à proposer une extrudeuse peu énergivore. Les équipements de Komax, basés sur un procédé spécifique, le  fourreau rainuré, aboutissent déjà à consommer 20 à 30% de moins qu’une machine classique pour transformer un kilo de plastique. Désormais l’objectif est de passer à 30 à 40% d'économies.

Lancé en 2022, ce projet pourrait se concrétiser d’ici un à deux ans. « Nous pourrions aller plus vite que le projet précédent car nous avons déjà les connaissances sur ce sujet », indique Laurent Musitelli. Komax emploie une majorité d’ingénieurs et de techniciens de haut niveau. « C’est ce qui fait notre richesse », tient à préciser son dirigeant.

 

Câblerie : un marché en croissance

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Laurent Musitelli, directeur général de Komax, estime que l'entreprise a passé le cap le plus compliqué de la crise des semi-conducteurs. © Julie Giorgi


La croissance de l’entreprise est aussi portée par le marché des câbles et des fils. Komak n'y était pas présente jusqu’en 2020, année où elle a acquis la société belge Dexsen, qui était en faillite. La société alsacienne a racheté le nom de l’entreprise, sa technologie et sa clientèle. « Je crois beaucoup au marché du câble dans les 20 prochaines années. Les recharges pour les véhicules électriques, les nouvelles sources d’énergie, les données numériques, il faut les transporter. On va avoir besoin de câbles partout », observe le directeur général.

Le dynamisme de ce marché a compensé la morosité du secteur automobile. Aujourd’hui, l’activité de Komax se répartit pour un tiers sur le marché des câbles et fils, un tiers dans automobile et le reste dans l’industrie textile (protections solaires mélangeant PVC et fibre de verre) et le bâtiment (profilés). Entre 2021 et 2022, la PME alsacienne a vu toutefois son développement freiné par la pénurie de semi-composants. Mais Laurent Musitelli estime que la période la plus difficile est passée sur ce point.

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