Le spécialiste des tests de diagnostics rapides basé près de Strasbourg est engagé dans la course au développement de tests sérologiques dédiés au Covid-19, menée conjointement par des grands groupes, des start-up et des équipes de recherche publique. Sollicités par de nombreux pays, ils seront la clé de la levée du confinement pour savoir si la population a été immunisée contre le virus. Biosynex annonce la production de 2 à 3 millions de tests d’ici à la fin du mois, puis un million par semaine à partir de mai.


Le Premier ministre Edouard Philippe l’a annoncé le 2 avril, le gouvernement compte beaucoup sur le déploiement des tests sérologiques pour lever progressivement le confinement. La biotech alsacienne Biosynex est sur les rangs. Avec un sous-traitant basé en Chine, elle a développé un test permettant, à partir d’une goutte de sang, de détecter en 10 minutes les anticorps spécifiques du Covid-19. 
Ces anticorps sont les IgM (ils apparaissent entre le 5e et le 11e jour de l’infection) et les IgG, qui sont produits plus tard (deux à trois semaines après). Cette détection sérologique permet de déterminer rétrospectivement l’exposition au virus de porteurs sains ou de patients ayant présenté des signes mineurs de l’infection au Covid-19.

 

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En revanche, ce test n’indique pas si la personne qui a été exposée reste contagieuse. « Pour cela, il faut corréler les tests sérologiques aux tests PCR », indique Oren Bitton, le directeur commercial de Biosynex pour la France. La méthode PCR (Polymerase Chain Réaction ou chaîne par polymérisation), basée sur une analyse génétique permet de dire si un malade est contagieux ou non au moment du test. Si une grande partie de la population est immunisée contre le virus, sa propagation est ralentie. C’est l’effet « immunité de groupe », d’où l’intérêt d’utiliser largement les tests sérologiques pour savoir si cet effet de groupe est atteint. Cela qui implique de produire en masse.
Biosynex a annoncé le lancement des ventes à la mi-avril et une production de 2 à 3 millions de tests d’ici à la fin du mois, pour augmenter la cadence à un million par semaine, voire plus, à partir du mois de mai. La production est assurée en Chine par le sous-traitant de l’entreprise bas-rhinoise.
 

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Oren Bitton, directeur commercial :
Nous réfléchissons à une possible production
sur place après l’été
” © Biosynex

La majorité de la production pour la France

 
« Nous ne pouvons pas produire sur le sol français à cause du confinement et des matières premières majoritairement présentes en Chine. Et notre sous-traitant est capable de fabriquer beaucoup plus de tests qu’on ne pourrait le faire en France. Nous réfléchissons à une possible production sur place après l’été, mais dans un premier temps, nous répondons à une situation d’urgence », affirme Oren Bitton. 


La demande est immédiate et mondiale. Biosynex a reçu des commandes d’une trentaine de pays en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Ayant obtenu le marquage CE, le test peut être commercialisé dans toute l’Europe. « Mais nous gardons la majorité de notre production pour la France », assure le directeur commercial.
Dans un premier temps, ce test sera vendu aux laboratoires et aux hôpitaux. La vente au grand public dans les pharmacies n’est pas encore à l’ordre du jour. « Pour cela, il doit être classé dans la catégorie des Trod (tests rapides d’orientation diagnostique) et des auto-tests. Nous pouvons le modifier pour le faire entrer dans cette catégorie. Nous nous adaptons aux règlementations et aux recommandations de chaque pays », prévient-il. Pour le moment, la biotech reste dans l’attente des directives gouvernementales françaises.
De nombreuses entreprises se font concurrence sur ce marché des tests sanguins rapides : des sociétés américaines, chinoises, coréennes… En France, une entreprise bretonne, NG Biotech, commercialise son test de diagnostic depuis le 31 mars. « Tant mieux si nous ne sommes pas seuls sur ce marché car la demande est énorme et sur une période de temps très courte », rappelle Oren Bitton.

 

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Une gamme de tests de diagnostics complète pour le Covid-19


A côté du test sérologique, Biosynex prévoit de commercialiser, également à partir de la mi-avril, deux tests utilisant la méthodologie PCR. Le premier développé par la société chinoise Liferiver est un kit incluant un réactif et un écouvillon nasal. Destiné aux laboratoires, ce kit permet de réaliser des tests en série et d’obtenir les résultats en deux heures environ à partir de la réception au laboratoire et du traitement de l’écouvillon.

Le deuxième équipement est une petite machine créée par la société singapourienne Credo Diagnostics Biomedical qui permet de réaliser un test à la fois mais qui a l’avantage d’obtenir un résultat rapide : 20 minutes alors que la plupart des tests PCR produisent un résultat parfois au-delà de 24 heures. Destiné aux hôpitaux, cet automate permet au personnel hospitalier de se tester rapidement.

Ces deux tests PCR ont obtenu le marquage CE. « Nous nous réjouissons de présenter une offre diagnostique inédite qui renforcera la lutte contre la pandémie actuelle », déclare Larry Abensur, le PDG de Biosynex.
Son entreprise qui emploie aujourd’hui environ 200 salariés, a réalisé un chiffre d’affaires de 35 millions d’€ en 2019. Cette année, l’objectif était d’atteindre 48 millions d’€. Avec la crise du Covid-19, ce chiffre sera sans doute dépassé…
2 commentaire(s) pour cet article
  1. jacquesdit :

    Très bonne stratégie de BIOSYNEX , allier tests PCR et tests sérologiques permet de couvrir le spectre des risques de contamination et garantie aux utilisateurs leur immunité.

  2. poly-dtechdit :

    La start-up strasbourgeoise Poly-Dtech a aussi développé un test de détection pour le COVID-19.

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