Nous vous souhaitons de passer de belles fêtes et de profiter d'un repos bienfaiteur au terme d'une année sans doute intense. Nous vous retrouverons pour relater de nouvelles actualités dès les premiers jours de 2024. En attendant, nous vous proposons de revenir sur quelques informations marquantes depuis deux mois dans les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est. Aujourd'hui : ITW Rivex. Le sous-traitant automobile a terminé, fin octobre, son installation dans sa nouvelle unité et l'a inaugurée officiellement le 1er décembre. Le déménagement dans la zone d'activité des Epenottes de la commune patrie de Courbet procure aux 110 salariés des conditions de travail améliorées.


ARTICLE DÉJÀ PUBLIÉ LE 9 NOVEMBRE 2023. Si elle reste dans l’ombre des locaux devenus gigantesques de l’emballeur Guillin, la nouvelle usine ITW Rivex dans la zone d’activités d’Ornans (Doubs) n’en a pas moins fière allure et sa dimension n’a rien anecdotique. Ce sont en effet 12.500 m2 de surfaces industrielles qui ont été aménagées en périphérie de la commune afin d’y déménager l’activité de sous-traitance automobile, dont l’hébergement dans les bâtiments historiques du centre-ville, cernés par la potentiellement tumultueuse Loue, se rendaient de plus en plus incompatibles avec les exigences de compétitivité mondiale s'imposant à la société.
 

ITW Rivex frappe froid
La frappe à froid, à une cadence jusqu'à 250 pièces par minute, constitue la spécialité du site d'Ornans. © Mathieu Noyer.


Comptant parmi les projets industriels majeurs dans le Doubs, ce transfert a mobilisé un investissement de 25 millions d’€, dont plus de 80 % pour la construction des ateliers. Complétés par 1.000 m2 de bureaux, ceux-ci sont désormais opérationnels. « Les travaux débutés en juin 2021 se sont achevés fin octobre dernier, il nous reste environ 2,5 millions d’€ d’investissements à lisser sur l’année 2024 », décrit Sébastien Lorillard, directeur du site.

Le process n’a pas connu de bouleversement par l’effet de transfert dans la zone des Epenottes. Comme jusqu’à présent au cœur d’Ornans, les 110 salariés d’ITW Rivex appliquent la technique de la frappe à froid pour la transformation de fils d’acier en pièces de fixation pour différentes parties d’un véhicule automobile. La matière première est tréfilée, puis frappée, roulée et taraudée avant de subir ses traitements terminaux, de surface (une fonction externalisée) et thermiques.

L’investissement a toutefois fourni l’occasion de poursuivre la modernisation du parc de machines, permettant d’atteindre des cadences de frappe jusqu’à 250 pièces par minute.

 

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Les nouveaux bâtiments entraînent surtout une évolution au niveau de l’environnement et des conditions de travail. « Ils ont donné l’occasion de repenser l’organisation des flux, d’améliorer la sécurité du personnel et de revoir les choix énergétiques, dans le sens d’un recours notamment au renouvelable pour la production de l’électricité, notre source d’alimentation unique », expose Sébastien Lorillard.

C’est ainsi que 4.500 m2 de panneaux photovoltaïques parent les toits de la nouvelle usine, de sorte à « procurer 15 % de nos besoins », précise le dirigeant. Une pompe à chaleur air-eau vient apporter un complément à l’alimentation en chauffage. Celle-ci repose par ailleurs sur la récupération d’énergie et l’utilisation de la chaleur « naturelle » que dégagent les machines.

 

Un silence inattendu

ITW RIVEX machines
Des technologies laser traduisent la modernisation constante de l'usine. © Mathieu Noyer


Sous une élégante charpente en bois, les différents halls sont éclairés en Led. Au niveau des différentes presses et autres machines, des plateformes particulièrement spacieuses ont été aménagées, afin de permettre aux opérateurs d’évoluer de façon confortable, à partir de postes de travail à hauteur d’homme. Côté sécurité, les signalisations comme la circulation d’engins viennent de panneaux lumineux, plus visibles que les traditionnels marquages au sol ayant tendance à s’effacer.

L’impression la plus forte concerne l’acoustique : le bruit perçu est minimal, très loin du vacarme qu’on imaginerait émaner d’ateliers de frappe.

 

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Parmi les améliorations au niveau des flux, la circulation de la matière s’organise autour d’une allée centrale qui assure leur répartition claire. Et à l’extérieur, nulle trace d’un alignement de dizaines de quais de déchargement ou d’expédition, seuls huit ont été installés, le long des différentes façades. « Le principe consiste à faire tourner les camions autour de l’usine, plutôt que de les aligner les uns derrière les autres », explique Sébastien Lorillard.

 

Place centrale dans un conglomérat américain

ITW Rivex traitement tyhermique
Dans la nouvelle construction, la conception acoustique rend presque silencieux des équipements
pourtant incarnation de l'industrie "lourde" . © Mathieu Noyer


Au final, « nous diminuons les temps de production ainsi que les stocks », se félicite le dirigeant. ITW Rivex s’estime ainsi armé pour poursuivre ses développements et continuer à occuper la place stratégique qu'il s'est faite au sein du vaste conglomérat américain Illinois Tool Works (ITW, siège à Chicago) auquel il appartient : 46.000 salariés dans le monde ayant été l’an dernier à l’origine d’un chiffre d’affaires de près de 16 milliards de dollars dans les activités variées des composants automobiles (19 % du CA 2022) mais aussi des lave-vaiselle, des réfrigérateurs pour professionnels, des produits pour la construction, des polymères, du soudage…

Dans cette galaxie, l’usine française dégage un chiffre d’affaires annuel de 30 millions d’€ (60 % en direct auprès des constructeurs et 40 % via les équipementiers) qui remonte à la division « fixations automobiles. » Elle y évolue en compagnie d’homologues localisés dans la région de Barcelone en Espagne pour l’emboutissage, ou dans celle de Düsseldorf en Allemagne pour la frappe à froid.

 

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Parmi ses points forts, ITW Rivex fabrique pour l’Europe une fixation brevetée, la « GripTide », que le groupe présente comme « surpassant les inserts en laiton en terme de qualité, de coût et de performance. » Une aubaine, selon l’entreprise, pour l’ancrage de pièces plastiques, plus légères que les métalliques. De ce fait, et de manière générale, « nos produits participent à l’effort d’allègement du poids des véhicules », indique Sébastien Lorillard, et ils trouvent de nouveaux débouchés dans les convertisseurs ou encore les pack batteries. Le dirigeant l’assure, « l’électrification du parc automobile est pour nous synonyme d’opportunités. »

 

Qui est Sébastien Lorillard ?

ITW Rivet direigeant Lorillard
Le directeur du site franc-comtois pilote également la division européenne "fixations automobiles"
du groupe ITW. © Mathieu Noyer

Diplômé de l’école d’ingénieurs de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), il a intégré le groupe ITW dès les premières années de sa carrière professionnelle. Il a rejoint le site d’Ornans depuis 2014 pour le diriger. Il est également en charge de la division Europe de la branche fixations automobiles du groupe américain, sous le titre de vice-président ITW EU Metal Fasteners.

Il a joué un rôle clé, et apprécié, dans la revente de l’usine historique de centre-ville à l’Etablissement public foncier Doubs Bourgogne-Franche-Comté (EPF Doubs BFC). Celui-ci peut ainsi poser les jalons de la nouvelle vie du terrain concerné, une fois qu’auront été démolis les 10.000 m2 de surfaces industrielles, héritiers d’une succession d’activités économiques sur place depuis le XVIIIème siècle.

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