Nous marquons la première pause de la saison 2024/25 à l'occasion de cette semaine de congés. Nous vous proposons de revenir sur des actualités qui ont jalonné la vie économique de la rentrée en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est. Aujourd'hui : Thiriet. Le plan stratégique présenté le 18 septembre dernier à Eloyes (Vosges), au siège du groupe, est à l’image du dessert glacé que ses ateliers préparent pour Noël : audacieux et à plusieurs étages. L’entreprise de 3.000 salariés espère grappiller des points sur un marché français du surgelé dont il représente déjà un bon 10%.
Article publié le 24 septembre 2024.
Basée à Eloyes, dans les Vosges, la célèbre maison Thiriet sort de la réserve inhérente à la personnalité de Claude Thiriet, son très discret président de 78 ans, à l’origine de cette success-story. Populaire auprès de nombreux consommateurs du Grand Est, mais aussi plus largement de l’Hexagone, le fabricant et distributeur de produits surgelés a levé le voile sur son plan stratégique « Rafale » 2023-2026, le 18 septembre dernier.
Après avoir relevé un solide défi, celui de maintenir sa progression de 30% qu'il avait enregistrée pendant la crise sanitaire, le groupe de 3.000 salariés (chiffre d’affaires de 800 millions d’euros en 2023) change de braquet. Avec environ 10% de part de marché en France, il dispose encore de marges de progression face à son concurrent Picard (20%) et surtout face aux marques de distributeurs des grandes surfaces (70%). Christiane Bertoncini, la directrice générale de l'entreprise familiale, évoque « une stratégie offensive de conquête, alors que le marché reste plutôt prudent, en positionnant notre marque comme leader de la qualité, de la santé et de l’innovation. »
Dans les ateliers vosgiens, la fabrication d’un bonnet glacé pour les fêtes de fin d’année incarne la volonté de Thiriet de se distinguer. Le dessert a été mis au point par le service de recherche-et-développement (15 salariés), puis sa fabrication a été mise en musique par l’équipe industrielle, ce qui a représenté près d'un an de travail. Les 220 salariés de l’usine d’Eloyes vont en produire 315.000 exemplaires d’ici à la mi-novembre. « Là se situe l'une de nos forces : nous fabriquons nous-mêmes 450 de nos 1.800 références. Quant aux autres, elles sont imaginées par notre personnel de R & D », livre la directrice générale.

La prise de participation minoritaire en 2022 dans Le Borvo à Chemilly-sur-Yonne (Yonne), après l’acquisition en 2020 de La Fabrique Givrée à Pont-de-l'Isère (Drôme), ont augmenté l’envergure industrielle du groupe. Le premier est un producteur de saumon fumé à l'effectif de 40 personnes. Le second, un fabricant de glaces de 20 salariés, auquel Thiriet consacre 13 millions d’euros d’investissement avec l’objectif de porter la surface d’atelier de 400 à 3.000 m² à l’horizon début 2025.
Un nouvel entrepôt à 30 millions d'euros près du siège

Par ailleurs, le fabricant de surgelés va déposer, d’ici la fin de l’année, le permis de construire d’un entrepôt logistique de 18.000 m² à Nomexy (Vosges). Cet investissement de 30 millions d’euros permettra de regrouper ses deux plateformes régionales d’Eloyes et de Rosières-près-Troyes (Aube) et, à l'échelle nationale, de se concentrer sur quatre sites logistiques pour livrer ses réseaux en France.
La marque est spécialisée dans la livraison à domicile, un segment qui génère 61% du chiffre d’affaires du groupe en y incluant les commandes par internet. Ses 90 centres de livraison maillent parfaitement le territoire national. L’offensive « Rafale » portera donc davantage sur la construction de nouveaux points de vente, les 180 existants étant en grande partie concentrés dans l’Est. « Nous allons ouvrir 15 nouveaux magasins par an, ce que nous n’avons pas réalisé ces dernières années, car nous concentrions nos efforts sur la hausse des standards de qualité de nos produits », note Christiane Bertoncini.
Le groupe familial va également avancer au rythme annuel de 10 ouvertures de bars à glace La Fabrique Givrée et 5 « Food place », des mini-centres commerciaux accueillant plusieurs enseignes alimentaires (boulanger, sommelier, chocolatier, etc.) dont un magasin Thiriet. « Nous avons investi 45 millions d’euros dans l’aménagement de 16 premiers Food place », précise la dirigeante, le plus récent ayant ouvert ses portes en juillet dernier à Kingersheim (Haut-Rhin). Dix mises en service sont d’ores et déjà planifiées en 2025 en déclinaison de ce nouveau concept, pour lequel Thiriet a choisi de conserver la maîtrise foncière.
Les résultats sont au rendez-vous. Les magasins du groupe inclus dans cette configuration innovante afficheraient des ventes supérieures de 30 à 50% à la moyenne. Enfin, la société vosgienne compte affermir son partenariat avec Coopérative U, le seul qu’elle ait jamais accepté avec la grande distribution. D’ici 2026, les produits Thiriet devraient se retrouver dans 750 enseignes U, trois fois plus qu'à l’heure actuelle.
Si le plan stratégique n’évoque pas d’objectif spécifique en termes de bilan carbone, le groupe peut se targuer d’afficher une part de 78% de fournisseurs français. Côté emballages, si Thiriet travaille à optimiser ses contenants, l’entreprise se refuse pour l’instant à recourir à des plastiques recyclés, « car leur impact au contact direct des aliments reste encore mal connu », justifie Christiane Bertoncini.











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